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  2018-02-12
 

Une image vaut mille mots

par Li Xiaoyu | vol. 10 / FÉVRIER 2018  ·   2018-02-12
Mots-clés: Africains à Yiwu

Dr. Hodan Osman Abdi en train de chanter le thème musical du documentaire Africains à Yiwu. (Photo de courtoisie)

« Mon rêve est à toi, ton rêve est à moi. Vous voulez du bonheur, et moi aussi. Nous sommes tous pareils. L'amour nous accorde de la force. Plus de silence et plus d'hésitation. Que ce soit la joie ou les larmes, nous sommes tous ici pour un rêve. »

Le rêve et le bonheur, l'amour et la force, la joie et les larmes… C'est par ces paroles que s'ouvre le documentaire Africains à Yiwu. Une tirade simple en apparence, mais qui peint d'un trait précis le portait de la deuxième communauté africaine de Chine.

Découpé en six épisodes, abordant chacun un thème propre, le film – qui dure plus de trois heures – couvre un large éventail de sujets de la vie quotidienne des Africains à Yiwu, des affaires et de la vie sociale, au mariage interculturel et l'éducation, en passant par la gastronomie et l'art. « Nous avons voulu nous focaliser sur les histoires personnelles qui expriment des valeurs universelles », explique le Dr. Zhang Yong, coréalisateur du film et directeur du Centre de recherche sur la télévision et les films africains (CRTFA) à Jinhua. Pour ce faire, l'équipe de production a filmé durant deux ans, dix-neuf ressortissants africains habitant à Yiwu, considérée comme le plus gros marché de petites marchandises au monde. « Yiwu abrite des milliers de commerçants africains qui ont quitté leur pays pour bâtir une vie meilleure en Chine. Leurs histoires, pleines d'énergie positive, doivent être documentées de façon objective. »

Affiche du documentaire Africains à Yiwu.  (Photo de courtoisie)

Faire entendre la voix de l'Afrique

L'une des caractéristiques majeures de ce documentaire réside dans sa stratégie de mise en scène d'un cinéma direct, où disparaît la voix-off. « Nous avons voulu laisser nos protagonistes raconter leurs propres histoires, pour montrer leur vie quotidienne en Chine telle qu'elle est », explique le Dr. Hodan Osman Abdi, la coréalisatrice d'origine somalienne et directrice-adjointe du CRTFA. « La voix des Africains est depuis trop longtemps absente de la scène médiatique et cinématographique mondiale. Nous avons voulu la faire entendre. »

Toutefois, documenter tous les aspects de la vie d'une personne n'est pas tâche aisée. C'est pourquoi l'équipe de production a entamé le tournage dès le début de l'année 2016. Un tournage qui va ainsi durer deux années. Originaires de quatorze pays différents, les 19 protagonistes ont été sélectionnés parmi plus de cinquante candidats. « Nous voulions que nos personnages soient à la fois représentatifs, expressifs et disponibles. Cela a compliqué le processus de sélection mais nous y sommes parvenus », développe Zhang Yong. La plupart des protagonistes parlent d'ailleurs couramment le mandarin, attestant de leurs efforts d'intégration à la communauté. « Quels que soient les métiers qu'ils exercent et les pays d'où ils viennent, nos personnages partagent plusieurs points communs, dont ces facultés d'adaptation », ajoute encore le Dr. Abdi.

Serge Hevre, un des personnages du documentaire, chante dans un parc de Yiwu.  (Photo de courtoisie)

Adopter un ton neutre

Ces dernières années, la Chine et l'Afrique ont multiplié leurs échanges sur le plan médiatique, en renforçant notamment leurs contenus audiovisuels sur leurs marchés respectifs. C'est dans cet esprit qu'a été pensé le documentaire. Pour Zhang Yong, si la présence africaine en Chine fait l'objet de nombreuses discussions, la plupart adoptent un ton négatif. Les documentaires China Remix ou Guangzhou Dream Factory (voir encadré), qui jouissent d'une certaine renommée auprès du public occidental, insistent souvent sur les conditions d'existence précaires que connaissent les Africains en Chine. Un traitement jugé « peu pertinent » par le Dr. Zhang. « Il n'est pas juste d'insister uniquement sur les côtés négatifs lorsque l'on raconte leur vie. »

De son côté, Hodan Osman Abdi estime également que l'approche réaliste du film contribue à désamorcer de nombreuses idées préconçues sur les conditions de vie de la communauté africaine en Chine et sur leurs relations avec la population chinoise. En parallèle, elle considère que son film est un moyen efficace de rapprocher les Africains du public chinois, qui, selon elle, a encore une compréhension limitée du continent africain et de sa population.

Africains à Yiwu n'est que la première démarche du CRTFA. Fin 2017, Zhang Yong et son équipe se sont mis en route vers l'Afrique pour tourner un nouveau documentaire. Le thème : le chemin de fer Tanzanie-Zambie, construit par la Chine, comme un symbole de l'amitié entre les peuples.

Pour vos commentaires : lixiaoyu@chinafrica.cn

Encadrés

Le CRTFA,créateur de liens

Le Centre de recherche sur la télévision et les films africains a été fondé en décembre 2015. Relevant du Centre d'études africaines de l'Université normale du Zhejiang, il s'agit du premier établissement de ce type. Il a été créé dans le but d'utiliser le septième art comme un vecteur de rapprochement entre les peuples. Africains à Yiwu est le premier projet audiovisuel du CRTFA, qu'il a financé à hauteur de 300 000 yuans (46 000 dollars). Le documentaire a été projeté en avant-première lors du Festival international du film de Zanzibar 2017, et a été choisi comme film d'ouverture du Festival international du film de Lusaka à l'été 2017. Lors de la cérémonie de lancement à CCTV, M. Yusuf Hassan Ibrahim, ambassadeur somalien en Chine, a fait ainsi savoir que le film avait atteint son objectif en présentant des histoires d'efforts et de réussite de la communauté africaine de Chine, sous un angle africain.

Un œil averti

Deux documentaires largement diffusés auprès du public occidental, ont récemment traité de la question des expatriés africains en Chine.

China Remix

Sorti en 2015 et réalisé par Dorian Carli-Jones et Melissa Lefkowitz, le film raconte le parcours de trois rappeurs africains qui s'efforcent de briser les stéréotypes à Guangzhou, ville qui abrite la plus importante communauté africaine de Chine.

Guangzhou Dream Factory

Sorti en 2017, ce documentaire porte également sur la communauté africaine de Guangzhou. La réalisatrice Christiane Badgley y relate les histoires d'Africains chassant des rêves attrayants, mais insaisissables de « Made in China ».

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