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  2018-12-18
 

Maintenant on parle !

par Xia Yuanyuan et Li Kaizhi  ·   2018-12-18
Mots-clés: swahili; Chen Yuanmeng

Un professeur chinois de swahili est un pionnier de la compréhension interculturelle sino-africaine

Chen Yuanmeng

Dans une classe de la Faculté des langues étrangères de l’Université de communication de Chine, un universitaire grisonnant fait preuve d’une concentration à toutes épreuves, alors qu’il écrit une série de mots en swahili sur le tableau noir.

Professeur senior de swahili à l’université, à la fois par son âge et ses compétences, Chen Yuanmeng est âgé de 76 ans et enseigne cette langue depuis plus de 50 ans. Au cours de ce processus, il a été le témoin des changements majeurs dans la relation entre la Chine et les pays africains, et il souligne l’importance de promouvoir la communication orale dès qu’il en a l’opportunité.

« Le swahili est notre "clé en or" pour comprendre l’Afrique, explique-t-il. Nous ne pouvons commencer à nous comprendre, que lorsque nous parlons la même langue. »

Créer l’histoire

Le swahili est l’une des langues les plus parlées en Afrique de l’Est, notamment dans les pays comme la Tanzanie, le Kenya, la Zambie, le Rwanda et le Mozambique. Jusque dans les années 1960, la compréhension de cette langue était cependant limitée en Chine, avant que certaines universités sélectionnées n’établissent le swahili comme une langue majeure pour promouvoir les échanges et la coopération entre la Chine et l’Afrique.

En 1961, Chen Yuanmeng a alors 19 ans. Il commence à étudier le swahili dans une petite classe de l’Université des langues étrangères de Beijing. Après avoir obtenu son diplôme, il fut désigné pour enseigner le swahili à l’Université de communication de Chine, six ans après l’ouverture de ce cours. Il s’agissait de la première initiative de ce genre en Chine.

« À cette époque, nous n’avions pas même de manuels scolaires, se souvient M. Chen. Nous ne pouvions nous baser que sur la radio et les journaux, comme matériaux d’apprentissage. » Pour améliorer ses cours, Chen Yuanmeng demande à ses amis en Tanzanie d’enregistrer les programmes de la radio locale et de lui envoyer ensuite les cassettes, afin que les étudiants puissent avoir des voix « authentiques » à écouter.

Après l’obtention de leurs diplômes par le premier groupe d’étudiants, le cours fut cependant arrêté du fait de la « révolution culturelle » (1966-1976). Au cours des 25 années suivantes, Chen Yuanmeng essaya vaillamment de reprendre l’enseignement du swahili, en vain. En décembre 1986, frustré, il envoie des lettres au nom de son département au ministère des Affaires étrangères, au ministère de la Défense nationale et au ministère du Commerce extérieur et de la coopération économique, pour demander de l’aide. Grâce à ses efforts persévérants, l’enseignement de cette langue en tant que matière principale put reprendre en 1990. En l’an 2000, l’inscription a été étendue à tous les candidats à l’examen d’entrée à l’université.

Au cours des années pendant lesquelles ce cours avait été abandonné, Chen Yuanmeng a continué de s’affairer en éditant des manuels de lecture avancée en swahili et en traduisant de nombreux livres du swahili vers le chinois, notamment des histoires africaines pour enfants.

Se rappelant des conditions difficiles d’enseignement à cette époque, Hu Bo, un ancien étudiant de M. Chen ayant obtenu son diplôme en 2004, explique avoir suivi ces cours au début des années 2000. Il n’y avait alors qu’un nombre limité de dictionnaires swahili-chinois en Chine. « Il y avait 24 étudiants dans ma classe. M. Chen a acheté un dictionnaire pour chacun d’entre nous et celui-ci avait à cette époque une grande valeur à nos yeux », raconte-t-il.

Un legs considérable

Pendant plusieurs décennies, les générations d’étudiants auxquelles Chen Yuanmeng a enseigné ont toutes utilisé leurs compétences dans un large éventail de professions pour renforcer les échanges sino-africains, incluant les affaires étrangères, les médias, l’enseignement, la médecine et l’économie.

L’une de ces étudiants, Li Kunruonan, a suivi les pas de son ancien professeur et enseigne aujourd’hui à l’Université des communications de Chine, depuis qu’elle a obtenu son diplôme en 2005.

« J’ai choisi de devenir professeur de swahili, car je pense qu’il y a encore beaucoup de Chinois qui veulent connaître l’Afrique, explique-t-elle. Je veux aider plus de personnes à découvrir l’Afrique réelle. »

Également traducteur, Li Kunruonan traduit des romans du swahili vers le chinois. « Je veux aider les Chinois en Afrique à apprendre le swahili et [à connaître] davantage la culture africaine. Je veux aussi aider les Africains à apprendre un peu le chinois et mieux comprendre la Chine », souligne-t-elle.

Han Mei a été diplômée au début des années 1990. Elle a travaillé en tant que journaliste au Centre d’Afrique de l’Ouest de Radio Chine Internationale (CRI), racontant l’histoire chinoise aux Africains.

Han Mei et d’autres anciens élèves, comme sa camarade de classe Chen Lianying, ont également traduit A Beautiful Daughter-in-Law Era, une comédie légère en swahili et en 36 épisodes sur un couple chinois moderne. Cette série télévisée, qui aborde des thèmes universels comme l’amour et la bonté, a trouvé un large écho au sein de l’audience africaine. Depuis le début de sa diffusion en Tanzanie et au Kenya en 2011, la série a remporté un franc succès.

Développer la compréhension

Comme beaucoup de ses anciens camarades de classe, Hu Bo est parti en Afrique après avoir obtenu son diplôme. Après avoir travaillé dans différents pays, il a créé sa propre activité d’importation d’engrais et d’exportations en Afrique.

Selon lui, avec l’approfondissement du développement des échanges et de la coopération entre la Chine et l’Afrique, notamment dans le cadre de la stratégie de l’initiative « la Ceinture et la Route », il y a un besoin urgent de Chinois capables de parler le swahili. « Ce n’est qu’en améliorant la communication, que les liens de l’amitié sino-africaines pourront être renforcés », explique-t-il.

Selon Chen Yuanmeng, même si certains Chinois n’ont pas une grande connaissance de l’Afrique, beaucoup de choses permettent en réalité d’être optimistes en ce qui concerne ce continent. Par le biais du langage, une fenêtre importante pour le renforcement de la compréhension mutuelle s’est ouverte.

« Le swahili est l’œuvre de ma vie », explique le professeur, lorsqu’il aborde la question de son avenir. « Par le passé, le pont de l’amitié sino-africaine a été construit et renforcé par ma génération. À l’avenir, j’espère que plus de jeunes personnes continueront à apporter leur contribution [dans ce domaine] ». Chen Yuanmeng pense que les personnes capables de parler le swahili peuvent continuer à jouer un rôle vital dans la communication interculturelle entre la Chine et l’Afrique.

 

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