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  2018-12-24
 

Un partenariat médiatique prometteur

par Cheikh Thiam  ·   2018-12-24
Mots-clés: partenariat médiatique

Cheikh Thiam

 

En quelques années seulement, la Chine s’est hissée au premier rang des partenaires commerciaux du Sénégal avec un volume d’échanges commerciaux de deux milliards de dollars sur les dix premiers mois de 2016, alors qu’elle occupait la 24e place en 2012. Ce regain de vitalité dans la coopération entre les deux pays est le fait d’une volonté politique affirmée au niveau des deux pays partenaires.  

Cette coopération se bonifie certes chaque jour. Mais, il est indéniable que pour mieux s’apprécier, les deux partenaires doivent bien se connaitre et asseoir une confiance réciproque, notamment quand il s’agit de peuples aux cultures différentes. Et pour ce faire, les médias ont un rôle important à jouer dans l’approfondissement des relations d’amitié et de partenariat entre la Chine et l’Afrique. 

Au retour d’un séjour d’une année à Beijing, Modou Mamoune Faye, ancien coordonnateur général des rédactions du quotidien sénégalais Le Soleil, partageait avec nous son admiration pour la presse chinoise qui s’est diversifiée, anticipant la situation de crise dans laquelle bon nombre d’entreprises de presse occidentales sont aujourd’hui enlisées du fait de la concurrence acharnée de l’internet et des réseaux sociaux. Cette stratégie de diversification rentable leur a permis de renforcer financièrement leurs groupes respectifs.  

Ce séjour d’une année à Beijing de l’ancien patron du quotidien Le Soleil avait été rendu possible grâce à une coopération avec la Chine, offrant à une dizaine de grands journalistes africains un séjour enrichissant. Deux ans plus tard, Aly Diouf, aussi du quotidien Le Soleil, a vécu la même expérience. Ces journalistes africains ayant séjourné en Chine sont rentrés avec un autre regard, plus objectif sur les réalités de ce pays-continent, souvent présenté sous une image déformée par la presse internationale, notamment les grandes agences de presse.  

Plutôt voir qu’entendre 

Ces expériences vécues de journalistes sénégalais ayant séjourné à Beijing leur ont permis de suivre l’évolution des relations entre la Chine et les pays africains, dont le volume des échanges a connu un boom extraordinaire avec à la clé, des investissements chinois colossaux, notamment dans le secteur des infrastructures. Les investissements chinois en Afrique ayant littéralement explosé, cette présence sur le continent noir n’a pas échappé aux critiques des médias occidentaux, relayant les propos de dirigeants européens et américains que cette dynamique coopération nouvelle semble déranger.  

Que n’a-t-on pas entendu sur la présence de la Chine en Afrique ? Certains analystes occidentaux sont même allés jusqu’à évoquer un « nouveau colonialisme chinois en Afrique ». La presse occidentale s’est fait le porte-voix de ces attaques, oubliant de relever que la coopération entre la Chine et l’Afrique a permis des réalisations que le continent noir n’a pas obtenues sur 50 ans avec l’Europe et les États-Unis. Pour s’en convaincre, il suffit de lire la presse occidentale sur le traitement de l’information en provenance de la Chine. Souvent, l’on est aux limites d’une manipulation flagrante, pour celui qui sait lire entre les lignes. Déjà avec l’internet et les réseaux sociaux, cette manipulation est amplifiée à des niveaux dangereux même. 

Si en Chine, les médias sont principalement détenus par l’État, avec des groupes bien structurés, dotés de puissants moyens financiers, la crise mondiale de la presse ne les affecte pas. Grâce aux économies d’échelle, les tirages des journaux chinois dépassent le plus souvent le million d’exemplaires, avec une manne publicitaire importante. Sans oublier, les ressources additionnelles tirées des politiques de diversification entamées il y a une décennie.  

Par contre, en Occident, les médias sont principalement détenus par de grands groupes financiers ou industriels et vivent une crise aiguë avec la montée de la concurrence exacerbée des réseaux sociaux. En Afrique par contre, les entreprises de presse sont souvent des entités dirigées par d’anciens journalistes reconvertis en patrons de presse. Les médias les plus stables sont des entreprises publiques d’État, partiellement financées par des ressources publiques.  

Pour surmonter la crise mondiale des médias à laquelle seuls semblent échapper les médias chinois, une coopération pragmatique est à imaginer et à mettre en œuvre pour accompagner les entreprises de presse en Afrique qui, depuis le début des années 90, jouent sur le continent noir un rôle prépondérant dans la consolidation de la démocratie, l’approfondissement des libertés et la promotion du développement économique du continent. 

Des créneaux à explorer 

Malheureusement, en Afrique, la taille trop faible des entreprises de presse et leur nombre pléthorique par pays ne militent pas pour une politique conséquente de relance des médias. Toute coopération avec la Chine dans le secteur des médias donc doit intégrer cet élément relatif à la faible taille des entreprises de presse, évoluant dans un secteur trop concurrentiel, avec un lectorat faible, un marché publicitaire qui privilégie davantage d’autres supports de communication. C’est dans ce domaine spécifique de la presse et des médias que la coopération entre la Chine et l’Afrique, plus particulièrement avec le Sénégal, que le partenariat devrait trouver une nouvelle dimension.  

En vérité, la coopération devrait être axée sur plusieurs points : les échanges de contenus entre médias, les voyages d’études de patrons de presse et journalistes africains en Chine, le renforcement du statut de correspondants pour une durée d’au moins trois années à Beijing, et pourquoi pas, des prises de parts dans le capital des jeunes structures de presse africaines ou la mise en place de lignes de financement dédiées. Jusqu’ici, la Chine a opéré des dons de matériels informatiques en direction de médias africains comme le quotidien Le Soleil et facilité la visite de délégations de journalistes dans les deux pays.  

Sur l’échange de contenus, le plaidoyer du ministre M. El Hadj Hamidou Kassé, responsable de la communication à la Présidence du Sénégal, est éloquent. Il avait, lors d’un séminaire de partage organisé l’année dernière à Saly Portudal par l’ambassade de Chine au Sénégal, soutenu que « l’échange de contenus devrait figurer en bonne place dans la coopération entre médias chinois et sénégalais ». Sa conviction est que cette approche va renforcer la connaissance et cette confiance mutuelle et « promouvoir des valeurs d’amitié, d’ouverture et de solidarité entre les deux pays ».   

Aujourd’hui, le niveau de partenariat doit trouver une nouvelle dimension, un pertinent dynamisme et d’autres créneaux à explorer. Déjà, l’édition française du magazine mensuel CHINAFRIQUE a impulsé une autre forme de partenariat avec le quotidien Le Soleil, consistant à imprimer ce journal au Sénégal. C’est une expérience mutuellement bénéfique à l’image de celle toute semblable réalisée par son édition anglaise en Afrique du Sud.  

Dans un monde en perpétuel bouleversement, il est impératif pour les médias africains de s’inspirer d’un modèle chinois fort rentable et qui a su se moderniser et s’adapter à un environnement difficile. S’adapter ou disparaitre, voilà l’enseignement à tirer du modèle des médias en Chine, dont la coopération dans ce domaine pourrait être mutuellement bénéfique. 

  

L’auteur est économiste, journaliste et ancien directeur général du quotidien Le Soleil 

Pour vos commentaires : liuwei@chinafrica.cn 

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