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  2018-07-16
 

L'industrie automobile chinoise mise sur le continent

par Li Xiaoyu | CHINAFRIQUE  ·   2018-07-16
Mots-clés: l'industrie automobile

Des minibus Sasuka construits par la filière sud-africaine de BAIC attendent d’être livrés.

 Avec 29 millions de véhicules produits l'an dernier, et une croissance de 3,2 % en glissement annuel, la Chine demeure le premier producteur d'automobiles du monde. Depuis cinq ans, les constructeurs chinois montent en puissance. Pour les SUV, par exemple, les marques locales représentent 60 % des ventes. Au global, elles représentent presque une voiture sur deux vendue dans le pays, selon les statistiques publiées par l'Association chinoise des constructeurs automobiles. Alors que l'industrie automobile chinoise est en butte à une saturation du marché, les constructeurs cherchent des opportunités ailleurs.

Ainsi, un nombre croissant de marques chinoises en sont venues à se positionner sur l'échiquier automobile africain. De Great Wall Motors à Chery en passant par Geely, la liste est longue des constructeurs chinois qui ont mené des projets d'assemblage de voitures et de camions sur le continent. Mais l'annonce la plus récente, et aussi la plus emblématique, est sans doute celle du groupe BYD Auto. Le géant mondial du transport électrique a présenté en décembre dernier à Casablanca un ambitieux projet de fabrication de véhicules électriques. À terme, sur une superficie de 50 hectares près de Tanger, dans le nord du Maroc, seront installées des unités industrielles qui produiront des batteries, des véhicules de tourisme électriques, des autobus et des camions électriques, ainsi que des wagons de monorail électriques.

Tendance confirmée par une nouvelle étude menée par Nielsen, société internationale de recherche en marketing. L'enquête mondiale sur la consommation des marques automobiles montre que plus de 40 % des consommateurs originaires du Mexique, du Chili et de l'Égypte envisageront d'acheter des voitures de marques chinoises d'ici deux ans. L'Afrique deviendra ainsi l'un des marchés les plus prometteurs pour les constructeurs automobiles chinois, a affirmé Zhang Zhenhua, vice-président de la division automobile de Nielsen Greater China, lors du 8 Forum automobile de Chine tenu en mai dernier à Beijing.

L'Afrique, nouvel Eldorado…

Si les grands de l'auto chinois se ruent vers le marché africain, c'est que celui-ci présente des avantages par rapport aux autres marchés plus concurrentiels, estime Zhang Zhiyong, un analyste automobile indépendant. « En Afrique, l'industrie automobile n'en est encore qu'à ses prémices. La présence des multinationales n'y est pas aussi nombreuse que sur le marché chinois qui est parvenu à maturité. L'investissement sur le continent est donc un choix raisonnable pour les constructeurs automobiles chinois », indique-t-il à CHINAFRIQUE.

La concurrence en douceur va de pair avec un marché potentiellement vaste. Selon une analyse de l'Institut français d'études démographiques publiée en septembre dernier, le continent africain, qui comptait 1,2 milliard d'habitants en 2017, devrait avoisiner les 2,5 milliards en 2050. Les prévisions du Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) révèlent également qu'à la fin des années 2030, la population urbaine africaine devrait dépasser celle vivant en milieu rural. L'évolution démographique et la croissance économique du continent nourrissent l'espoir de voir émerger une classe moyenne friande de biens de consommation, indique Zhao Ren, un conseiller indépendant en investissements en Afrique. Les chiffres à l'appui : selon un rapport du cabinet d'études et de conseil IHS Markit, le volume des ventes automobiles en Afrique devrait doubler à l'horizon 2027.

Les soutiens politiques viennent déjà en renfort. Le gouvernement égyptien, entre autres, subventionne la consommation d'essence, et réduit continuellement les tarifs de transport routier et les droits de douane sur les importations de voitures et de pièces automobiles. De son côté, l'administration sud-africaine, qui considère l'industrie automobile comme un socle de la croissance économique du pays, multiplie les politiques favorables au développement du marché du neuf. Une des mesures phares consiste à interdire les importations de véhicules d'occasion incapables de répondre aux exigences de base en matière de sécurité et d'environnement.

Autre opportunité. Avec la signature en mars dernier de l'accord prévoyant la création de la Zone de libre-échange continentale africaine, les droits de douane sur le commerce intra-africain seront progressivement éliminés, ce qui facilitera le commerce des entreprises africaines sur le continent, a déclaré l'Union africaine. Si autrefois, avec l'existence des dissuasives barrières douanières, l'Afrique restait un marché trop éclaté pour envisager une stratégie globale, les investisseurs peuvent désormais tenter le coup.

… mais qui n'est pas sans épines

Toute opportunité apporte son lot de défis. Les clients africains se plaignent quelquefois de l'absence du service après-vente de certaines marques chinoises. L'analyste Zhang Zhiyong trouve cela tout à fait normal. « C'est ce qui se passe aujourd'hui sur le marché chinois de l'automobile électrique : quand la taille du marché ne le permet pas, le réseau de service ne sera pas aussi dense qu'on le souhaite », indique-t-il. Mais il suggère qu'avec la maturation progressive du marché, les constructeurs chinois pourront installer plus de réseaux de service après-vente.

Un autre défi vient de la concurrence des marques traditionnellement prédominantes, entre autres françaises et japonaises. Pour y faire face, les constructeurs chinois recourent souvent à un meilleur rapport qualité-prix. M. Zhang Zhenhua fait remarquer que par rapport aux véhicules de même modèle produits par les multinationales, les voitures de marque chinoise sont plus performantes en termes d'apparence, de décoration intérieure et de configuration, avec un prix toutefois moins élevé.

La stratégie d'adaptation a aussi son rôle à jouer. Prenons l'exemple de la marque chinoise Beiqi Foton Motor. Si en Chine, les passagers sont plus exigeants en ce qui a trait au confort et à la climatisation des bus, en Afrique du Sud, on se préoccupe davantage de leur capacité. Le constructeur chinois a donc démonté le système de climatisation, et installé un porte-bagages, ce qui a grandement amélioré la contenance.

Une autre carte à jouer, le développement des véhicules électriques. BYD en est un bon exemple. S'inscrivant dans le cadre de la mise en œuvre des écosystèmes industriels lancés par les autorités marocaines dans le secteur de l'automobile et de l'aéronautique, son investissement y est naturellement accueilli à bras ouverts. Comme le rappelle le ministre marocain de l'Industrie, de l'Investissement, du Commerce et de l'Économie numérique, Moulay Hafid Elalamy, « ce projet inscrit résolument le Maroc dans la dynamique à l'œuvre au niveau mondial consistant à développer de nouvelles formes de transport alliant efficacité et respect de l'environnement ».

Pour vos commentaires : lixiaoyu@chinafrica.cn

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