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  2025-08-01
 

La science du devenir

VOL. 17 / AOÛT 2025 par LU YAN  ·   2025-08-01
Mots-clés: plans quinquennaux ; un développement pensé; ordonné et ambitieux

Un drone effectue un semis aérien de riz résistant à la sécheresse et économe en eau, à Anqing, dans la province de l’Anhui, le 6 juin. (PHOTOS : VCG)

En juillet 1956, le FAW Group de Changchun (Jilin) sortait des chaînes la toute première voiture de la République populaire de Chine, emblème d’un des 156 projets emblématiques du Ier Plan quinquennal (1953-1957). Presque 70 ans plus tard, l’usine BYD de Shenzhen (Guangdong), fleuron de la fabrication intelligente, assemble désormais un véhicule électrique par minute : un symbole éclatant des avancées réalisées dans le cadre du XIVe Plan quinquennal (2021-2025).

Véritable boussole du développement socio-économique du pays, la planification quinquennale fixe périodiquement les grands objectifs nationaux et les priorités sectorielles, avec une rigueur méthodique et une capacité d’adaptation remarquable.

Pour Yan Yilong, vice-doyen de l’Institut d’études sur la Chine contemporaine de l’Université Tsinghua, « ce système demeure l’un des rares au monde à maintenir une planification efficace à moyen et long terme, démontrant toute la force du socialisme à la chinoise ».

« Ces plans conjuguent vision stratégique et souplesse d’exécution, en parfaite résonance avec la mentalité chinoise et la pensée à long terme propre à la Chine », souligne quant à lui Martin Jacques, universitaire et commentateur politique britannique, dans une interview accordée à l’agence de presse Xinhua.

À l’approche de son terme, le XIVe Plan quinquennal fait l’objet d’une attention redoublée. Le Rapport d’activité du gouvernement 2025, publié en mars dernier, insiste sur la nécessité d’atteindre l’ensemble de ses objectifs pour garantir un lancement solide du XVe Plan quinquennal (2026-2030).

Une vision planifiée

Depuis le Ier Plan quinquennal, ces feuilles de route n’ont cessé d’orienter la transformation du pays, tout en s’adaptant aux défis de chaque époque.

Dans les premières années de la Chine nouvelle, la priorité fut donnée à l’industrialisation lourde. Le Ier Plan quinquennal, mis en œuvre dans une Chine encore marquée par la fragilité économique et une base industrielle embryonnaire, s’est attaché à bâtir les fondations des grandes industries nationales. Cette approche s’est progressivement enrichie, comme en témoigne le VIe Plan quinquennal (1981-1985), qui a introduit pour la première fois des objectifs sociaux ambitieux dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la culture, en parallèle aux réformes économiques en cours.

Le IXe Plan quinquennal (1996-2000) a introduit l’idée de société de moyenne aisance, concrétisée sur tous les plans sous le XIIIe Plan (2016-2020), marquant une étape clé du développement chinois.

Sur le plan méthodologique, la planification a également connu des inflexions significatives. Le VIIe Plan quinquennal (1986-1990) a été le premier à intégrer un objectif chiffré de croissance du PIB, amorçant une nouvelle ère de pilotage économique. Cette approche s’est affinée avec le XIe Plan quinquennal (2006-2010), qui a fixé un objectif ambitieux de réduction de 20 % de l’intensité énergétique du PIB, traduisant une volonté croissante de concilier croissance et durabilité.

Depuis 2006, un système hybride articule des objectifs contraignants, relevant de la responsabilité directe des gouvernements à tous les échelons, et des objectifs indicatifs, mobilisant l’ensemble de la société. Cette combinaison permet d’assurer à la fois discipline administrative et adhésion collective.

Le XIVe Plan quinquennal inaugure une nouvelle étape qualitative. Après l’atteinte de l’objectif de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance, la Chine a recentré ses priorités sur des enjeux de plus long terme : transition écologique, autonomie technologique, prospérité commune, développement coordonné interrégional et ouverture économique de haut niveau. Pour M. Yan, cette évolution illustre une conception holistique du développement, fidèle à l’esprit d’anticipation et d’harmonisation qui anime la planification chinoise.

Panneau photovoltaïques installés au bord de l’autoroute Shanghai-Wuhan, entourés de bandes végétalisées, à Yuexi, dans la province de l’Anhui, le 17 juin.

Genèse des plans

La conception d’un plan quinquennal repose sur une méthodologie rigoureuse, alliant la direction stratégique du Parti communiste chinois (PCC) à une large participation publique. Le processus s’ouvre avec les orientations proposées par le Comité central du PCC, lors d’une session plénière. Sur cette base, le Conseil des affaires d’État, plus haute autorité administrative du pays, élabore un projet de plan, soumis ensuite à l’examen et à l’approbation de l’Assemblée populaire nationale, plus haut organe législatif, avant sa promulgation officielle et sa mise en œuvre.

Tout au long de cette procédure, les contributions du public et des milieux académiques sont soigneusement intégrées. Cette approche inclusive permet de refléter les aspirations sociales, d’enrichir la réflexion stratégique et de forger un large consensus national.

Comme le souligne M. Yan, ce processus s’appuie sur plusieurs cycles de consultation, d’étude et de retours d’expérience, visant à recueillir des opinions diversifiées et à améliorer continuellement la qualité des propositions.

Ce travail préparatoire s’inscrit dans un processus long. Ainsi, l’élaboration du XIVe Plan quinquennal, adopté en 2021, avait été amorcée dès 2018.

Une œuvre tangible

Les plans quinquennaux ont généré des résultats tangibles. Le Ier Plan a posé les fondations industrielles du pays, avec la création de la première aciérie et du tout premier constructeur automobile. Plus récemment, le XIIIe Plan a permis à la Chine de se doter du plus vaste réseau ferroviaire à grande vitesse au monde, bouleversant la mobilité intérieure.

« Historiquement, ces plans assurent une continuité politique en cohérence avec les objectifs stratégiques de long terme », explique M. Yan. Leur efficacité repose également sur une mise en œuvre rigoureuse : « Les études montrent un taux de réalisation très élevé des cibles fixées. »

Sous l’impulsion du XIVe Plan, la Chine a confirmé son rôle de moteur de la croissance mondiale, contribuant à hauteur d’environ 30 % à l’expansion économique planétaire. Entre 2021 et 2024, son PIB a progressé respectivement de 8,6 %, 3,1 %, 5,4 % et 5 % : des performances solides, malgré un contexte mondial instable, qui surpassent celles de nombreuses grandes économies.

Selon la Commission nationale du développement et de la réforme, le pays dispose désormais du système industriel le plus complet au monde, avec 41 grandes catégories, 207 sous-catégories et 666 branches détaillées. Cet écosystème manufacturier, capable de produire pratiquement tous les types de biens, monte rapidement en gamme.

Dans le domaine technologique, la Chine a franchi des étapes décisives, tant en recherche fondamentale que dans les technologies clés, notamment dans les bio-
sciences, les matériaux avancés et l’informatique. En 2024, les dépenses en matière de R&D ont dépassé 3 600 milliards de yuans (500 milliards de dollars), représentant 2,68 % du PIB national, un ratio désormais supérieur à la moyenne des pays de l’Union européenne.

Les avancées sociales sont marquantes. Durant le XIVe Plan, 50 millions d’emplois urbains ont été créés, les revenus des ménages ont progressé, et la protection sociale s’est renforcée (pensions revalorisées, meilleure couverture médicale, services communautaires développés). Parallèlement, l’environnement s’est amélioré, et la sécurité alimentaire et énergétique a atteint des niveaux inédits.

Les infrastructures de transport continuent de battre des records : 48 000 km de lignes à grande vitesse en service (soit 70 % du total mondial) et 190 000 km de réseau autoroutier, consolidant la position de la Chine au premier rang mondial. Sur le front numérique, la puissance de calcul a doublé, et la production de données atteint désormais un volume équivalant à celui de plus de 15 millions de bibliothèques nationales.

Sur la scène internationale, l’influence chinoise s’est renforcée de manière significative. L’initiative « la Ceinture et la Route », lancée en 2013, fédère désormais plus de 150 pays et 30 organisations internationales, stimulant les investissements et la coopération internationale. Par ailleurs, l’Initiative pour le développement mondial, l’Initiative pour la sécurité mondiale et l’Initiative pour la civilisation mondiale rencontrent un écho grandissant, consolidant le rôle de la Chine comme acteur global responsable.

En matière d’ouverture économique, le pays a supprimé toutes les restrictions aux investissements étrangers dans le secteur manufacturier, et réduit sa liste négative à un niveau historiquement bas de 29 éléments – signe d’une volonté affirmée de renforcer encore son attractivité.

La trajectoire à venir

Lors d’un symposium tenu le 30 avril à Shanghai sur le développement socio-économique, le Président chinois Xi Jinping a tracé les grandes orientations du prochain plan quinquennal. « Le XVe Plan quinquennal doit se concentrer sur l’objectif de réaliser pour l’essentiel la modernisation socialiste, en vue de construire un grand pays et de faire avancer le renouveau national », a-t-il affirmé.

Le Président Xi a souligné la nécessité de fixer des objectifs et des tâches de manière raisonnable, en proposant des approches différenciées pour chaque domaine stratégique. Il a insisté sur l’importance de « gérer nos propres affaires avec détermination » et de « rester engagés à élargir l’ouverture de haut niveau », en promouvant un développement de qualité sur tous les fronts. « Davantage d’accent doit être mis pour garantir à la fois le développement et la sécurité, avec une évaluation globale des risques et des défis intérieurs comme extérieurs », a-t-il ajouté, appelant à renforcer le système de sécurité nationale.

Selon M. Yan, le principal défi du prochain cycle sera de maintenir une croissance modérée malgré une demande affaiblie. Pour y parvenir, il faudra stimuler des forces productives de qualité nouvelle, fondées sur des technologies avancées, capables de créer de nouveaux besoins, de soutenir la consommation et de garantir la stabilité de l’emploi.

M. Yan estime également que des réformes ambitieuses sont nécessaires pour promouvoir la prospérité commune, améliorer la répartition des revenus, renforcer le pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires, et accroître l’investissement dans le bien-être public. Ces efforts conjugués pourraient à la fois stimuler la demande intérieure et répondre aux attentes sociales croissantes.

LU YAN : journaliste à Beijing Review

 

L’architecture du progrès

Depuis le Ier Plan quinquennal lancé en 1953, la Chine a successivement élaboré 14 plans, couvrant l’ensemble des aspects du développement socio-économique. Chacun d’eux a été intimement lié à l’activité productive et à la vie quotidienne de la population. Alors que l’année 2025 marque la clôture du XIVe Plan quinquennal, retour en chiffres sur les principales réalisations des 13 premiers plans :

Ier Plan quinquennal

Le taux de croissance annuel moyen de la production industrielle a atteint 18 %. Cette période a vu un essor rapide de l’économie nationale et a jeté les bases de l’industrialisation du pays.

IIe Plan quinquennal

Croissance annuelle moyenne du PIB : 0,65 %

Dans le contexte du « grand bond en avant » (1958-1961), l’économie nationale a connu d’importants déséquilibres.

En septembre 1963, le Comité central du Parti communiste chinois a décidé de prolonger de trois ans la phase de transition, afin d’ajuster l’économie nationale et de poser les conditions nécessaires à la mise en œuvre du IIIe Plan.

IIIe Plan quinquennal

Croissance annuelle moyenne du PIB : 9,95 %

La valeur de la production agricole et industrielle a crû en moyenne de 10 % par an, avec 2,9 % pour l’agriculture et 11,7 % pour l’industrie.

IVe Plan quinquennal

Croissance annuelle moyenne du PIB : 7,76 %

La production agricole et industrielle a progressé en moyenne de 7,6 % par an, avec 3,4 % pour l’agriculture et 9,3 % pour l’industrie.

Ve Plan quinquennal

Croissance annuelle moyenne du PIB : 7,84 %

La production agricole et industrielle a augmenté en moyenne de 8,1 % par an, avec 5,1 % pour l’agriculture et 9,2 % pour l’industrie.

VIe Plan quinquennal

Croissance annuelle moyenne du PIB : 10,72 %

La production agricole a augmenté en moyenne de 10,8 % par an, et la production industrielle a crû en moyenne de 10,6 % par an.

VIIe Plan quinquennal

En 1987, les subventions budgétaires aux prix et aides aux entreprises déficitaires ont dépassé 70 milliards de yuans, soit près d’un tiers des recettes budgétaires nationales.

À la fin de l’année 1990, plus de 90 % des entreprises industrielles publiques avaient adopté le système de responsabilité forfaitaire.

VIIIe Plan quinquennal

Croissance annuelle moyenne du PIB : 12 %

Il s’agit de la période la plus stable et la plus dynamique depuis la fondation de la Chine nouvelle.

IXe Plan quinquennal

Croissance annuelle moyenne du PIB : 8,3 %

Taux de croissance mondial moyen à la même époque : 3,8 %

Xe Plan quinquennal

L’enseignement supérieur a connu un essor sans précédent :

Nombre d’étudiants dans le supérieur :

– en 2000 : 5,56 millions

– en 2004 : 13,34 millions

soit une hausse de 140 %

XIe Plan quinquennal

Croissance annuelle moyenne du PIB : 7,5 %

Le PIB par habitant a doublé par rapport à l’an 2000.

45 millions de nouveaux emplois ont été créés, autant que de travailleurs agricoles transférés vers d’autres secteurs. Le taux de chômage urbain est resté stable à 5 %.

XIIe Plan quinquennal

Croissance annuelle moyenne du PIB : 7,8 %

En 2014, la Chine est devenue la 2e puissance économique mondiale en termes de PIB.

XIIIe Plan quinquennal

Entre 2016 et 2020, le volume de l’économie chinoise s’est rapproché du seuil des 100 000 milliards de yuans, tandis que le PIB par habitant a franchi la barre des 10 000 dollars.

En 2019, la Chine se classait au 14e rang de l’Indice mondial de l’innovation et au 2e rang mondial pour les dépenses en recherche et développement.

Plus de 100 millions de ruraux se sont installés en ville pour devenir citadins, et plus de 50 millions de personnes sont sorties de l’extrême pauvreté.

La même année, la consommation d’énergie par unité de PIB a diminué de 13,2 % par rapport à 2015.

À la fin de la période, 200 documents de coopération avaient été signés avec 138 pays et 30 organisations internationales dans le cadre de l’initiative « la Ceinture et la Route », et 21 zones pilotes de libre-échange avaient été établies.

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