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Union africaine: née dans l’espoir

XIAO ZAN

La naissance de l’Union africaine est un acte important pour les pays d’Afrique qui, dans leur processus d’intégration et leur renaissance, par voie de collaboration, font face à la mondialisation et au défi du nouveau siècle », a dit Yang Wenchang, envoyé spécial et sous-ministre des Affaires étrangères du gouvernement chinois.

La première Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine (UA) s’est ouverte le 9 juillet à Durban, ville côtière d’Afrique du Sud. Le plus grand organisme de direction et d’influence en Afrique, l’UA a remplacé l’Organisation de l’unité africaine (OUA) fondée il y a 39 ans dans le but d’éliminer le colonialisme. Tout le monde espère que l’UA jouera un rôle important pour mettre fin à la pauvreté et au chaos causé par plusieurs années de guerres et diriger les pays africains vers une nouvelle voie de développement économique.

Espoir de renaissance

L’UA est la deuxième union de pays souverains après l’Union européenne (UE). Ses buts sont de garantir la stabilité, la démocratie, la politique favorable et le développement en Afrique. Tirant profit de l’expérience de l’UE, elle va établir une série d’organismes: la Conférence des chefs d’État, le Conseil exécutif ministériel, le Conseil de paix et de sécurité, le Parlement panafricain, le Conseil économique et social, la Cour africaine de justice, la Banque africaine, etc. L’UA deviendra ainsi une entité politique qui dirige les affaires dans les domaines politique, économique, militaire, culturel et social d’Afrique.

Ouvrant une fenêtre à l’espoir de renaissance de l’Afrique, l’établissement de l’UA accélérera la distribution rationnelle des ressources matérielles et humaines, des fonds et des techniques en Afrique et y poussera le développement économique. De plus, elle jouera un rôle efficace pour régler les conflits et maintenir la paix.

Dans l’avenir, l’Afrique jouera un rôle global sur la scène internationale. L’UA a formulé précisément son programme de « Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique » ayant pour objectif de développer vigoureusement dans les pays du continent la construction d’infrastructures, l’industrie de nouvelle technologie, le transport, l’énergie hydraulique, etc. On s’efforcera de réaliser en quinze ans un taux d’augmentation économique de 7 % et la diminution de 50 % du taux d’analphabétisme. À ce premier sommet de l’UA a été voté le protocole d’établissement du Conseil de paix et de sécurité de l’UA. Tous les pays membres l’ont ratifié. Le Conseil de paix et de sécurité a alors le droit d’intervenir en recourant à la force au sein des pays membres en cas de génocide ou de crime de guerre. L’UA peut également engager le maintien de la paix et de la sécurité dans la région où aurait lieu une guerre entre pays membres. Le sommet a décidé d’organiser un groupe d’experts pour discuter de la fondation d’une armée africaine proposée par le leader de Libye. Les leaders africains sont parvenus à une parfaite identité de vues en ce qui concerne la cessation du chaos causé par les guerres et les conflits raciaux. Actuellement, le feu de la guerre s’est éteint en Angola et en Sierra Leone, et on est en train de concilier les parties hostiles au Congo. L’UA jouera un rôle plus positif dans le processus d’intégration en Afrique. Il y a maintenant une dizaine d’organisations régionales qui ont leur communauté économique où appliquent l’échange libre, l’union douanière, la monnaie unifiée, etc. C’est dans le cadre de ces organisations régionales que l’UA procédera à réduire les écarts de développement et renforcer la collaboration et la coopération entre régions.

Les leaders africains ont pleine confiance en l’UA. Le président de l’Afrique du Sud et premier président de l’UA, Thabo Mbeki, a souligné lors du sommet que la tâche principale de l’UA était de réaliser l’union, la stabilité et la coopération étroite entre les pays et les peuples d’Afrique, d’établir un mécanisme efficace afin d’accélérer l’intégration politique, économique et sociale, ainsi que de renforcer la liaison entre l’Afrique et d’autres régions du monde. Il faut s’efforcer de développer un partenariat de nouveau type entre les pays d’Afrique et de mobiliser les forces de tous les milieux sociaux pour réaliser la prospérité et la puissance sur le continent noir.

Selon le vice-président de l’Afrique du Sud, Jacob Zuma, la fondation de l’UA marque le début d’une nouvelle ère, ainsi que le premier pas pour réaliser la renaissance de l’Afrique.

La Chine est favorable à l’UA

Le gouvernement chinois a exprimé ses félicitations à l’occasion de l’établissement de l’UA. Yang Wenchang, envoyé spécial et sous-ministre des Affaires étrangères, dirigeait la délégation gouvernementale de Chine qui a assisté au premier sommet de l’UA et lui a fourni une aide monétaire. Yang a dit que l’établissement de l’UA était une mesure importante pour les pays d’Afrique qui, dans leur processus d’intégration et leur renaissance, font face par voie de collaboration à la mondialisation et au défi du nouveau siècle. Il a exprimé le souhait du gouvernement chinois de voir les pays africains, sous le statut de l’UA, renforcer leur coopération, accélérer la construction du système et du mécanisme de l’UA, appliquer le programme de « Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique » et pousser la paix et le développement sur le continent africain.

Voie d’association d’Afrique

L’association est depuis longtemps un rêve des peuples africains. Au début du XXe siècle, le Mouvement de libération indépendante d’Afrique a fixé comme objectif l’établissement des pays panafricains unifiés. Dans les années 1960, certains dirigeants du mouvement ont avancé en termes explicites l’établissement des États unis en Afrique. Sous l’influence de cette idée, l’OUA avait été fondée en mai 1963 à Addis Abeba en Éthiopie. Ses buts étaient de promouvoir l’unification des pays africains, de coordonner et renforcer la coopération entre eux dans les domaines de la politique, de la diplomatie, de la culture et de l’éducation, de la santé publique, des sciences et techniques, de la défense et de la sécurité, d’améliorer la vie des peuples africains et de sauvegarder la souveraineté d’État, l’intégrité territoriale et l’indépendance, d’éliminer le colonialisme sous toutes ses formes, et de procéder à la coopération internationale en respectant la Charte des Nations unies. Pendant 39 ans, l’OUA a dirigé les peuples africains dans une lutte âpre et de longue haleine pour aboutir à enterrer le colonialisme, le racisme, ainsi qu’obtenir l’indépendance et la libération sur le continent africain.

Depuis les années 1990 ont surgi nombre de dirigeants d’État en Afrique qui ont reçu pour la plupart leur formation à l’étranger, dans des pays occidentaux par exemple, et connaissent bien la mondialisation et les problèmes actuels en Afrique. Par rapport aux dirigeants de la génération précédente, ils font preuve de plus de réalisme que d’idéalisme. C’est pourquoi les jeunes leaders africains se sont accordés, après avoir réfléchi longuement et discuté à maintes reprises, pour établir l’UA en remplacement de l’OUA. L’OUA a déjà accompli sa mission historique et ne répond plus aux besoins du développement approfondi de l’Afrique. La puissance d’État des pays africains est relativement faible pour faire face à la concurrence acharnée. Ainsi, la seule voie était de fonder une union ( entité politique qui dirige les affaires politiques, économiques militaires, culturelles et sociales sur le continent africain. Lors de la réunion des dirigeants africains en juillet 2001, on a opté pour un an de transition de l’OUA à l’UA. Ce passage marque l’accent de la stratégie de passage de la lutte politique au développement économique en Afrique.

Lourde charge et long trajet pour l’UA

Actuellement, l’Afrique est encore le continent le plus pauvre du monde. Le développement politique et économique n’est pas équilibré et il existe de grands écarts sur les plans social, culturel et historique. Diriger un continent écrasé par la maladie, la pauvreté et le chaos, vers une voie d’intégration, de paix et de développement constitue une lourde tâche pour l’UA.

L’existence actuelle de la différence idéologique et de la diversité de système politique (le multipartisme, la monarchie, le pouvoir militaire, etc.) est loin de satisfaire à la demande d’intégration. Le PNB de l’Afrique est de 42 millions de USD, soit 1,3 % du total mondial seulement, mais le total des dettes a atteint 34 millions de USD. Le taux d’analphabétisme est de 41 % et le taux de mortalité infantile, de 14 %.

Les relations complexes entre pays et ethnies, en plus des raisons historiques léguées par le colonialisme, engendrent souvent des conflits sur le continent africain, ce qui influence gravement le développement économique et cause le problème des réfugiés. La maladie et le sida causent des ravages en Afrique. Dans certains pays, le tiers des adultes sont atteints. Le taux de production baisse et nuit à la renaissance du pays.

La fondation de l’UA n’est que le premier pas de la renaissance de l’Afrique. Seuls l’union, la stabilité et les efforts communs peuvent surmonter les difficultés. Bien sûr, un bon climat international est aussi nécessaire à l’essor de l’Afrique.