Dialogue entre les riches et les pauvres

WANG ZHE

En ce qui concerne les riches, ce qui mérite éloge, c’est leur bienveillance.

En avril 1994, dix entrepreneurs bien nantis ont été les premiers à investir dans les anciennes régions libérées, les régions d’ethnies minoritaires, ainsi que les régions frontalières et démunies. Suivant leur exemple, d’autres ont entrepris un dialogue actif avec les pauvres.

Le président du conseil d’administration du groupe Huapu, Jian Yinghai a investi, en 1993 et 1995, quatre millions de yuans destinés à forer deux puits de pétrole dans les anciennes régions libérées du Shaanxi et fait un don de 200 000 yuans à l’administration du district. Dans le district de Yanqing de Beijing, ce groupe a investi 200 000 yuans pour soutenir l’élevage du mouton, ce qui a permis à 30 familles paysannes de sortir de la pauvreté. Jian accorde aussi une grande importance à l’enseignement. En 1994, à travers le « Projet Espoir», il a aidé plus de 60 enfants du Sichuan et de l’Anhui à retourner à l’école. Par ailleurs, il a donné un million de yuans pour établir le « Fonds de secours Huapu » afin de venir en aide aux enfants des villes qui ne fréquentent plus l’école à cause de la pauvreté familiale.

Hou Yongsheng, directeur général de la Société de télécommunications Bohua, a investi, en 1996, 60 millions de yuans afin d’établir une succursale de la société à Fuling au Sichuan. Lorsque la compagnie a ouvert ses portes en 1997, il a immédiatement fourni du travail à 64 immigrés en provenance de la zone des Trois Gorges. Ces dernières années, Hou a fait un don de 100 000 yuans à des cantons pauvres du district de Huairou de Beijing visant à développer l’enseignement local.

L’Association pour le développement du projet Guangcai (Éclat) s’unit au flot de tels riches.

Il s’agit d’une organisation non-gouvernementale financée principalement par des chefs d’entreprises collectives, et des personnes des milieux industriels et commerciaux de Hongkong, de Macao et de Taiwan. Cette association a pour objectif d’aider les pauvres et de promouvoir le développement commun des régions retardataires de l’ouest du pays.

En avril 1996, le secrétaire général du Parti Jiang Zemin lui a dédié une épigraphe: « Favoriser la vertu traditionnelle de la nation chinoise et promouvoir la richesse commune ». Selon des statistiques, entre 1994 et 1999, seulement à Beijing, elle a réalisé 206 projets avec un investissement de 320 millions de yuans, offrant les postes à 19 178 personnes et faisant une donation de 250 millions de yuans à des entreprises d’intérêt public.

En comptant sur l’aide d’autres personnes et le travail assidu, de plus en plus de pauvres sont sortis de la crise.

Madame Yu, Peikinoise de 43 ans, a perdu son poste dans une entreprise d’État il y a trois ans. Du coup, le revenu mensuel de sa famille était réduit de plus de 800 yuans, mettant la vie de sa famille en difficulté du fait qu’elle subvient aux besoins de ses parents et à l’entretien de ses enfants. Après hésitation, elle a décidé de travailler pour un exploitant de parquets en bois. Son chef est dans les affaires depuis dix ans; non seulement il ne tourne pas le dos à Yu à cause de son manque d’expérience, mais aussi l’aide dans toute la mesure du possible pour qu’elle devienne la meilleure employée. Un an plus tard, madame Yu est devenue actionnaire de cette société. Actuellement, elle gagne près de 10 000 yuans par mois.

M. Li, qui vit à Weifang du Shandong, est fort en ajustage. Auparavant, à l’usine locale, il était bon en tout. Néanmoins, après avoir pris une retraite devancée, il était abattu, et sa femme a demandé le divorce. Voyant sa pénible situation, son voisin l’a aidé à ouvrir un petit atelier de réparation des cuisinières à gaz. Actuellement, M. Li ne se fait plus de souci et s’est remarié.

Bien que ces gens ne puissent pas se comparer avec les riches, ils marchent cependant pas à pas vers le bien-être.

Dans la Chine actuelle, les riches ne sont pas opposés aux gens du commun, ni même aux plus démunis.