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Le Programme 863 stimule la science et la technologie

FENG JING

Si vous demandez à un Chinois ce que le Programme 863 signifie, un étudiant du secondaire, un professeur d’université ou un chauffeur de taxi vous donneront peut-être des réponses différentes, mais tous vous diront qu’il y a un rapport avec les sciences et la technologie.

Dans une lettre de 1986 au Parti communiste chinois, les scientifiques Wang Daheng, Wang Ganchang, Yang Jiachi et Chen Fangyun proposaient de développer les sciences et technologies pour atteindre le niveau mondial. Deux jours plus tard, Deng Xiaoping approuvait avec empressement.

Après de sérieuses études naissait le Programme de recherche et développement des hautes technologies. Parce que l’approbation de Deng eut lieu en 1986, en mars, le programme prit le nom de 863.

En regroupant les forces intellectuelles de scientifiques de talent, l’objectif était de développer la haute technologie pour rétrécir l’écart avec les autres pays et de stimuler l’avancement des domaines reliés, de former du personnel technique professionnel pour les industries de hautes technologies et l’avance de la Chine dans le domaine social et économique et de la défense nationale.

Le programme visait sept domaines au début: biologie, espace, informatique, laser, automation, énergie et nouveaux matériaux. En 1996, l’océanologie s’ajouta. Ma Junru, l’ancien directeur du Bureau de coordination du Programme dit que les domaines choisis l’avaient été d’un point de vue stratégique et conformément aux besoins du XXIe siècle.

Du 26 février dernier au 6 mars, sous l’égide du ministère des Sciences et Technologies et de l’Armée, une exposition des réalisations de quinze ans du Programme s’est tenue à Beijing, présentant des objets utilisés, des maquettes, des tableaux, lumières et vidéos et autre matériel visuel.

Rattraper le niveau mondial

En quinze ans l’État a investi 5,7 milliards de yuans dans des projets civils du Programme 863. Plus de 2 000 inventions six domaines ont été développés et ont reçu un brevet chinois ou étranger. Quelque 47 000 articles ont été publiés. La valeur de production s’est accrue de 56 milliards de yuans qui apportent des rendements économiques indirects de 200 milliards.

Selon Ma Songde, sous-ministre chargé du Programme, 863 a fait les progrès suivants:

— Réaliser une percée dans les technologies clés. Elles ont une grande portée pour établir la force et la dignité d’un État.

— Stimuler la formation d’industries de hautes technologies. Actuellement, la valeur de production de plus de 50 entreprises impliquées dans ces industries dépasse 50 millions de yuans.

— Promouvoir la mise à jour technologique et restructurer les industries traditionnelles.

— Stabiliser, absorber et former un grand nombre de scientifiques et techniciens. Le Programme a formé environ 10 000 personnes qui détiennent un doctorat ou une maîtrise. Il a formé aussi des centaines de milliers de compétences pour les instituts de recherche, les entreprises et des services locaux pour vulgariser les hautes technologies.

— Promouvoir les échanges internationaux dans le domaine. La Chine, les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et le Japon ont conjointement travaillé au projet du Génome humain, et la Chine a accompli 1 % du travail d’identification des gènes humains. De plus, la coopération sino-russe dans la fabrication d’un robot apte à travailler à 6 000 m sous la mer place la Chine au premier rang international dans ce domaine.

Yuan Longping, « père du riz hybride » a remporté l’un des deux prix chinois de science et technologie 2000. L’hybride qu’il a créé est actuellement cultivé dans la moitié des rizières de Chine et rapporte 60 % de la production totale du pays, laquelle peut nourrir 60 millions de personnes, l’équivalent de trois fois la population de l’Australie.

Une enquête a montré que la Chine a fait sa place dans le domaine de la haute technologie mondiale. Des projets du Programme 863, 60 % se sont développés à partir de rien et 25 % ont apporté de grandes améliorations à des réalisations qui pourtant traînent encore de la patte.

La Chine possède maintenant les droits de propriété intellectuelle de plusieurs produits compétitifs comme bio-médecine, équipement de communication, ordinateurs à haute performance, système de traitement informatique en chinois, cristal artificiel, matériel optoélectronique, etc.

En quinze ans, la Chine a établi 25 centres de recherche et développement, laboratoires, stations pilotes et plus de 50 centres de transformation du développement à la production.

La recherche sur les serveurs est un des projets majeurs du Programme. La technologie informatique est un élément stratégique de la compétition internationale, et les serveur sont le pivot de stockage, de l’échange et du traitement de l’information. Les serveurs fabriqués par la Chine sont compétitifs avec ceux importés et possèdent 15 % du marché national.

Le monde des nouvelles hautes technologies

En février, la conférence du professeur Shen Yan sur le génome humain a attiré 1 000 auditeurs dans une salle d’une capacité de 600. D’autres conférences qui attirent autant de gens portent sur les aliments génétiquement transformés, l’utilisation de l’énergie nucléaire, le monde numérique, les réseaux à large bande de fréquence, la nanotechnologie, tous sujets reliés à la vie des gens.

Grâce au Programme 863, une nouvelle vie devient visible.

Un train à suspension magnétique à haute température a fait ses débuts à l’essai lors de l’exposition des réalisations du Programme et a suscité un grand intérêt: suspension à 23 mm du rail, vitesse de 500 km/h., tunnel sans résistance, tout cela sera réalité dans dix ans.

Un panda géant modèle a aussi attiré l’attention: installé dans son cerveau, un module de reconnaissance phonétique lui permet de répondre à des questions simples.

Un fauteuil roulant robot, guidé par la parole et capable de contourner les obstacles sera une bénédiction pour les personnes aveugles.

Des brebis transgéniques fournissent un lait « médicinal » qui fait d’elles de petites manufactures de produits pharmaceutiques.  Des poissons et lapins auxquels on a injecté des gènes de croissance humains grandissent très rapidement. Une souris avec une oreille humaine greffée sur le dos, œuvre de Cao Yilin, est une preuve de l’avancement de la biologie.

Nourrir la jeunesse

Plusieurs jeunes scientifiques ont été impliqués dans le Programme; 30 % avaient moins de 45 ans et 50 % des chercheurs étaient particulièrement jeunes. You Xiaohu, 38 ans, par exemple, dit que l’ambiance du projet encourage la créativité. Wu Hequan, chef d’un groupe, dit que les jeunes ont moins de fardeaux et caressent de telles occasions. Les jeunes ont le sens de l’innovation.

Attirés par le Programme, un grand nombre de Chinois sont revenus d’outre-mer et constituent 70 % de son comité d’experts. Li Yi, rentré d’Allemagne, a obtenu un million de yuans pour poursuivre sa recherche sur un virus du tabac. Une bonne vingtaine de scientifiques revenus de l’étranger vivent à l’Université de Beijing.

Synonyme de haute technologie

Le nom de Wang Daheng, 86 ans, « père de l’optoélectronique » en Chine est lié au Programme. Quand les États-Unis ont lancé leur programme de Guerre des étoiles, rappelle-t-il en 1983, l’Europe a riposté en lançant le Programme Eurêka en 1985. L’Union soviétique et le Japon réagirent aussi. Dans cette situation, la Chine cherchait une contre-mesure. En 1986, l’académicien Chen Fangyun, alors membre de la Commission d’État pour la science, la technologie et la défense nationale dit que le haut du palier appartiendrait à ceux qui développeraient les sciences et technologies, que la Chine n’en avait pas les moyens économiques à ce moment-là mais qu’elle pouvait faire des percées dans les domaines où elle avait des atouts. Wang Daheng joignit sa voix à celle de Chen, puis l’idée gagna l’appui total de Wang Ganchang et Yang Jiachi, et tous les quatre signèrent la lettre au Comité central du PCC. La lettre servit de catalyseur, et Deng Xiaoping, politicien réfléchi, approuva. Aujourd’hui, 15 ans plus tard, 863 est presque devenu un synonyme de science et haute technologie en Chine, dit Wang. Il n’a cessé d’avancer et «jouera un rôle inimaginable dans le développement social et économique de la Chine », conclut Wang.

Une nouvelle phase

Le Programme 863 fait partie du Xe Plan quinquennal (2001-05), période pendant laquelle seront investis 15 milliards de yuans de la part de l’État, presque trois fois plus que pendant les quinze années passées. Le Programme subira un réajustement stratégique, mettra l’accent sur l’industrialisation des réalisations du Programme.

Selon Ma Songde, 863 réalisera des percées en informatique, biologie, agriculture, médecine, nouveaux matériaux, fabrication, ressources, protection de l’environnement et énergie.

En même temps, la Chine resserrera la coopération internationale. Après son entrée dans l’OMC, la Chine développera les hautes technologies par une plus grande ouverture sur le monde.