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Une étoile rouge sur la Chine

LI YU

«Sans le Parti communiste, il n’y aurait pas de Nouvelle Chine... »

« Le Parti communiste a conduit la Chine vers une nouvelle ère... »

Les chansons du genre sont répandues dans toute la Chine et même les enfants les connaissent. Pour l’ensemble de la population, ce ne sont pas des mots vides.

Depuis sa fondation il y a 80 ans, le Parti communiste chinois (PCC) a amené le peuple à réaliser une victoire après l’autre: chasser les impérialistes étrangers, se débarrasser des seigneurs de la guerre, gagner la guerre de Résistance contre le Japon, se défaire du gouvernement du Guomindang soutenu par les États-Unis, établir un système socialiste basé sur les intérêts de la vaste majorité, pousser de l’avant la réforme économique et s’ouvrir au monde, reprendre la souveraineté sur Hongkong et Macao, etc.

Révolution chinoise

Le Parti communiste de Chine a été fondé en 1921, une année de turbulence où le nationalisme et les sentiments pro-démocratiques étaient répandus sur le pays mi-colonial mi-féodal. Sachant que le peuple souhaitait l’indépendance nationale, la stabilité politique et le développement économique, le PCC a établi une plateforme anti-coloniale et anti-féodale où il s’engageait à libérer le peuple chinois et à établir une république démocratique. Ce principe devenait la base de la révolution chinoise.

Contrairement aux partis démocratiques capitalistes représentés par le Guomindang, le PCC travaillait pour les masses et avec les masses, organisant quelques grèves et menant les travailleurs sur le front de la révolution. Ainsi la révolution de l’élite devint-elle une révolution du peuple.

Durant l’Expédition du Nord (1926-1927), guerre contre les seigneurs de la guerre menée par les forces démocratiques, le PCC et le Guomindang étaient réunis sous la même bannière anti-coloniale et anti-féodale. Les membres du PCC et les membres progressistes du Guomindang menaient les troupes. Les ouvriers et paysans, à mesure que progressait l’expédition, balayaient villes et campagnes pour chasser les impérialistes étrangers et les dominateurs féodaux du pays.

Toutefois, la révolution fut bientôt menacée par la trahison des bourgeois et la tendance à se capituler à l’intérieur du PCC. Quand le Guomindang, conduit par Chiang Kaï-chek, prit le pouvoir en 1927, ramenant les seigneurs de la guerre à la tête de la Chine, ce gouvernement devint le nouvel ennemi du PCC. Comme les mouvements de travailleurs étaient sous cette poigne de fer, le PCC déplaça son champ de bataille des villes aux campagnes, où vivaient la majorité du peuple et des pauvres. Mao Zedong et les membres du PCC établirent des « bases révolutionnaires » pour une guérilla fondée sur la stratégie des « régions rurales entourant les villes ».

Quand les troupes japonaises occupèrent le nord-est en 1931, le PCC fit appel au peuple pour combattre les envahisseurs et protéger la patrie. Au sommet de la révolution, les gauchistes qui contrôlaient l’Armée rouge commirent des erreurs fatales dans la guérilla contre le Guomindang dont les troupes assiégèrent les « bases révolutionnaires ». L’Armée rouge dut se retirer de l’est vers l’ouest à la population dispersée et où le Guomindang était comparativement plus faible. C’est ce qu’on appela la « Longue Marche ».

Tombant deux fois du pic de la victoire à l’abîme de la défaite, le PCC prit de l’expérience. Pendant la Longue Marche, le PCC tint une réunion à Zhunyi au Guizhou pour élire le stratège Mao Zedong à la tête du Parti et de l’Armée rouge. Cette élection marque un tournant de l’histoire du PCC et de la révolution chinoise. Mao établit une base révolutionnaire à Yan’An où l’Armée rouge prit des forces et se prépara à un retour triomphal.

En juillet 1937, le Japon lança sa guerre d’agression contre la Chine. Pendant huit ans, le PCC résista. La anti-coloniale et anti-féodale VIIIe Armée de route et la nouvelle Quatrième Armée conduites par le PCC pénétrèrent les zones occupées et entreprirent la guérilla contre les envahisseurs, ce qui contribua grandement à la victoire anti-fasciste de la Seconde Guerre mondiale.

Aussitôt la guerre terminée, le PCC se fixa pour objectif d’établir une Nouvelle Chine indépendante, démocratique et puissante. Afin de réaliser la transformation pacifique des systèmes économique et politique, le PCC proposa au Guomindang de résoudre les conflits entre eux selon des principes de paix, de démocratie et de consolidation.

Mais, soutenu par les États-Unis, le Guomindang lança une attaque visant à éliminer l’armée communiste, laquelle, appelée Armée populaire de Libération, se jeta dans l’offensive. En trois batailles vitales au nord-est, au centre et au nord de la Chine, l’APL détruisit les forces du Guomindang. Puis, invincible, elle traversa le Yangtse et prit Nanjing, capitale du gouvernement du Guomindang.

Peu après fut fondée la République populaire de Chine et une nouvelle page de l’histoire chinoise était tournée.

Construction de la Chine nouvelle

Enfin en paix, le peuple chinois vivant sur les ruines de la guerre ne souhaitait rien d’autre que la stabilité, le développement économique et l’amélioration de son niveau de vie. Le gouvernement communiste entreprit de reconstruire l’économie. Trois ans plus tard, il réajusta la structure économique et rendit possible le développement rapide de l’économie nationale, établissement une ligne de conduite pour la transformation de l’agriculture, de l’artisanats, de l’industrie et du commerce.

Puis, le gouvernement transforma graduellement le système économique, tournant la propriété privée en propriété d’État. Le pays connut son premier « plan quinquennal », à la fin duquel le niveau de vie du peuple s’était déjà considérablement amélioré et le statut international de la Chine avait augmenté.

Toutefois, la reconstruction subit bientôt un sérieux recul. Craignant que l’économie et la politique chinoise ne quittent la voie du socialisme, les gauchistes envahirent graduellement le Parti et lancèrent des mouvements politiques visant les pragmatistes. Le point culminant de ce mouvement gauchiste sur la Révolution culturelle qui, lancée en mai 1966, dura dix ans.

La Révolution culturelle entraîna des pertes énormes dans tous les aspects de la vie sociale, mais le pays continua d’avancer malgré la catastrophe. Enfin, le PCC écrasa les deux factions principales responsables du chaos national -- l’une centrée sur Lin Biao qui devait apparemment succéder à Mao Zedong, et l’autre sur Jiang Qing, épouse du président Mao.

Tout cela prouve la difficulté de construire une Chine socialiste, l’habileté du Parti à corriger ses propres erreurs et la vitalité du PCC.

La Chine moderne

Après l’écrasement des factions qui avaient commencé la Révolution culturelle, la reconstruction économique de la Chine ne tarda pas à commencer.

Après la catastrophe, le peuple n’était que plus assoiffé de stabilité sociale, développement économique et modernisation. Durant la 3e session plénière du CC du XIe  Congrès du PCC en décembre 1978, le Parti vota des résolutions qui le libéraient totalement de ses contraintes gauchisantes. À cette réunion vue comme un autre point tournant historique, le Parti établit les grandes lignes de la réforme et de l’ouverture.

Puis, conduit par Deng Xiaoping, le CC du PCC rétablit l’ordre social et entreprit la réforme et l’ouverture, politique qui fut précisée par la suite pour « construire une économie socialiste aux caractéristiques chinoises ».

La Chine passait de nouveau de la lutte politique à la construction d’une économie socialiste, à la réforme du système politique, du système d’enseignement et du système scientifique et technologique. L’économie retrouva sa vitalité et l’atmosphère politique s’améliora considérablement. Le développement rapide de l’économie nationale augmenta la puissance globale du pays et le niveau de vie des citoyens.

Une des principales décisions de l’État à ce moment-là fut d’établir des zones économiques spéciales (ZES) où les investisseurs étrangers pourraient bénéficier de mesures préférentielles. En août 1980, le Conseil d’État approuve l’établissement d’une première ZES à Shenzhen. Pendant les vingt ans qui suivirent, Shenzhen et les autres ZES ont accompli des miracles économiques qui font l’envie du monde.

Le retour de Hongkong et Macao à la patrie est la principale réalisation du PCC à la fin du XXe siècle. Effaçant les vestiges du colonialisme, les deux événements prouvent que la Chine est devenue beaucoup plus puissante sous l’égide du PCC. Elle n’est plus vulnérable et ne peut être humiliée par les puissances étrangères. Plus riche, elle a aussi beaucoup plus de poids dans les affaires internationales.

Depuis la 4e session plénière du XIIIe Congrès du PCC en 1989, le PCC est sous la présidence de Jiang Zemin. Sous sa direction, la Chine continue de se développer sur la voie entreprise par Deng Xiaoping et réalisera certainement d’autres progrès sociaux et économiques dans l’avenir.