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  2019-06-06
 

Le pouvoir de la pensée

par Ge Lijun  ·   2019-06-06
Mots-clés: think tanks

rémonie d’inauguration d’un centre de recherche conjoint sur "la Ceinture et la Route" entre l’Université Renmin de Chine et le Conseil national de recherche de Thailande, à Bangkok, en décembre 2018. (CNSPHOTO)

 

Quand elle était étudiante à l'université, l'un des sujets de recherche de Gulnar Shaimergenova était de savoir comment son pays, le Kazakhstan, pouvait exporter le blé vers l'Asie du Sud-Est. Le Kazakhstan est réputé pour son blé de haute qualité, avec une production annuelle de 20 millions de tonnes, dont les deux tiers sont exportés, explique celle qui est aujourd'hui directrice du Centre d'études sur la Chine (CEC) du Kazakhstan. Cependant, la position géographique enclavée du pays entrave sérieusement ses exportations vers cette région.

« Je travaillais à l'Université Nazarbayev en 2013, j'ai donc eu la chance d'être témoin de la proposition du Président chinois Xi Jinping pour la réalisation commune d'une ceinture économique le long de la Route de la soie », a déclaré Shaimergenova dans un documentaire présenté au deuxième Forum de « la Ceinture et la Route » pour la coopération internationale (FCR), tenu à Beijing en avril.

En effet, le 7 septembre 2013, c'est dans cette université que le Président chinois a mis de l'avant pour la première fois l'initiative « la Ceinture et la Route » (ICR) lors de sa visite dans ce pays d'Asie centrale, un large projet visant à ressusciter et à développer les anciennes routes commerciales de la Route de la soie.

Shaimergenova a accueilli cette idée avec enthousiasme. Avec le bon fonctionnement du fret ferroviaire Chine-Europe – un réseau de nouvelles lignes ferroviaires reliant la Chine aux pays asiatiques et européens –, elle a pu constater l'impact réel de l'ICR sur son pays. En 2015, Shaimergenova a été invitée à créer et à prendre la tête du CEC en tant que directrice. Depuis, la contribution de l'initiative au développement de son pays est devenue la priorité de ses recherches.

Comme le CEC, un nombre croissant de think tanks étrangers ont réalisé des études sur l'impact de l'ICR sur leur pays. En collaborant avec les think tanks chinois, ils essaient de perfectionner le mécanisme de coopération et d'en améliorer les formes. Ces échanges sont peu à peu devenus un des moteurs de la construction de l'ICR.

 

Nouvelles forces vives

En tant que think tank à but non lucratif, le CEC s'emploie à promouvoir la coopération entre la Chine et le Kazakhstan et à fournir des conseils pratiques à ce dernier pour qu'il se place en synergie avec l'ICR. Peu après son établissement, une délégation a été envoyée en Chine pour explorer de nouvelles voies d'exportation pour le blé kazakh. Après avoir visité les grands ports de Lianyungang, Tianjin et Shanghai, les membres du CEC ont présenté leur rapport au gouvernement kazakh, indiquant le meilleur moyen de réduire les coûts de transport et les procédures de dédouanement en renforçant la coopération avec la Chine.

Le 5 février 2017, un train transportant plus de 1 200 tonnes de blé kazakh est arrivé au port de Lianyungang. Le lendemain, sa cargaison a été expédiée vers le Vietnam par bateau. Il s'agissait de la première vente de blé kazakh vers le marché de l'Asie du Sud-Est réalisée via la Chine.

Un an après le lancement de l'ICR, le Kazakhstan a mis en place sa propre politique de développement, baptisé Nurly Zhol, pour améliorer et diversifier son infrastructure de transport pour l'exportation. Le fret ferroviaire Chine-Europe passant par le Kazakhstan est un exemple de l'alignement réussi des deux politiques. Maintenant, le CEC collabore régulièrement avec des think tanks de la Chine, des États-Unis et de l'Australie.

« La promotion par la Chine d'une telle initiative mondiale ouvrira la voie à une ère asiatique, a déclaré Shaimergenova. Cela symbolise la montée de l'Asie et nous fournit une vision asiatique du progrès commun en exploitant les points forts de chacun. »

Selon l'agence de presse chinoise Xinhua, plus de 300 think tanks chinois et plus de 50 à l'étranger seraient impliqués dans des études sur l'ICR, comme par exemple l'Institut de la politique africaine, au Kenya, qui aide les petites et moyennes entreprises africaines à mieux s'aligner sur l'ICR.

Lors du Forum thématique sur les échanges des think tanks tenu au cours du deuxième FCR, le 25 avril, Jiri Paroubek, ancien Premier ministre de la République tchèque, a déclaré qu'un nouvel ordre économique et politique mondial était en train d'émerger sur la scène internationale, et que l'ICR sera l'un de ses promoteurs. « En cette période d'incertitude, des recherches fiables, complètes et approfondies sont indispensables. La création et la collaboration entre think tanks sont donc essentielles », a-t-il ajouté.

 

Des acquis concrets

D'importants progrès ont été accomplis dans les échanges entre think tanks ces dernières années. L'Académie chinoise des sciences a, en date d'aujourd'hui, établi neuf centres à l'étranger, notamment en Ouzbékistan, au Kenya, au Népal et au Brésil. Elle vise ainsi à apporter des solutions pour améliorer les moyens de subsistance des populations locales. Avec le soutien de ses trois universités et de 105 instituts de recherche, l'académie a également formé près de 5 000 professionnels en provenance des pays participants à l'ICR.

Au cours de deux dernières années seulement, des think tanks chinois et étrangers ont organisé conjointement plus de 120 conférences internationales en Chine et à l'étranger sur le thème de l'ICR. Le 24 avril, 16 think tanks ont lancé conjointement le réseau d'études sur l'ICR, créant une plateforme d'échanges académiques dédiée à cette initiative.

« L'expérience des pays développés peut ne pas convenir aux pays en développement. Ce dont nous avons besoin, c'est d'apprendre de l'expérience réussie des pays en développement, de résumer les leçons de leurs échecs, puis de proposer de nouvelles théories ou idées pour notre développement futur », a déclaré Justin Yifu Lin, doyen de l'Institut de nouvelle économie structurelle de l'Université de Pékin. Le nouveau réseau servira précisément à générer de telles théories et idées. De plus, les nouvelles idées générées peuvent aider les pays en développement à prendre en compte leurs propres conditions nationales et à atteindre leurs objectifs de développement, a-t-il ajouté.

Les échanges ne se limitent pas aux think tanks, mais s'étendent aussi à la coopération entre think tanks et entreprises. À ce jour, 36 entreprises d'État chinoises ont établi des relations de coopération avec plus de 110 think tanks et organisations internationales à l'étranger. Ils effectuent ensemble des recherches, planifient la promotion de leur marque, publient des rapports et organisent des séminaires afin que les entreprises puissent mieux desservir les régions où elles opèrent.

Les think tanks chinois peuvent également fournir des conseils aux organisations étrangères. C'est dans cette optique que l'Institut de nouvelle économie structurelle de M. Lin et la Banque de développement d'Ouzbékistan ont signé un accord de co­opération. L'institut fournira des conseils en matière de politique pour la construction et le développement d'un parc industriel en Ouzbékistan.

Zeng Peiyan, président du Centre chinois pour les échanges économiques internationaux, a déclaré que les think tanks devraient davantage explorer les lois et la logique interne du développement de l'ICR et fournir des orientations pratiques à l'avenir. Ils devraient également créer une plateforme permettant au reste du monde de mieux comprendre l'initiative afin d'éliminer les malentendus à son sujet.

 

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