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  2019-08-08
 

L'espoir pousse comme un champignon

par Li Jing  ·   2019-08-08
Mots-clés: champignon; Zheng Aibao; Éthiopie; Chine

Zheng Aibao inspecte la production de champignons à Menagesha. (COURTOISIE)
Dans la champignonnière de Menagesha, près de la capitale éthiopienne d'Addis-Abeba, le personnel contemple avec satisfaction un monceau de champignons. La production de la ferme s'élève maintenant à 5 000 kilogrammes par mois. Or, il y a trois ans à peine, le rendement était en chute libre et la ferme risquait la fermeture. L'arrivée de Zheng Aibao a tout changé.

M. Zheng, un expert chinois en culture des champignons comestibles, travaille pour le Bureau de l'agriculture du district de Huai'an, à Zhangjiakou, dans la province du Hebei. Le 21 octobre 2015, cet expert agricole de 53 ans a posé les pieds sur le territoire éthiopien pour une mission de coopération agricole sino-éthiopienne d'une durée de deux ans.

Peu après son arrivée, M. Zheng a rencontré Tilahon Zegeye, responsable de la champignonnière de Menagesha, aux prises avec un problème de faible rendement. L'expert a mené une enquête sur place et a constaté que le processus de culture de champignons n'était pas normalisé. Plusieurs aspects, tels que le traitement des matières premières, la stérilisation et la production, pouvaient être améliorés. M. Zheng a ainsi lancé une transformation technique complète de la champignonnière. En avril 2017, le premier lot de 150 kilogrammes de champignons a été produit dans cette ferme sur la base des nouvelles mesures améliorées.

Trois ans après le début de sa première mission sur place, le 8 novembre 2018, M. Zheng est revenu à Menagesha. Cette fois-ci, il portait le chapeau de membre du troisième groupe d'experts agricoles chinois en Éthiopie, en mission pour trois ans.

« J'ai toujours eu l'impression qu'il y avait encore quelque chose à faire ici. C'est probablement la raison pour laquelle je suis revenu en Éthiopie », a expliqué M. Zheng à CHINAFRIQUE.

Il n'était pas seul : neuf experts agricoles chinois ont été envoyés sur place dans le cadre du projet, spécialisés dans l'élevage, l'aquaculture, la culture et la machinerie agricole. Aujourd'hui, avec l'aide de M. Zheng, la champignonnière de Menagesha a introduit de nouvelles techniques de culture, réalisant une production mensuelle de 5 000 kilogrammes.

« Après ces améliorations techniques, la ferme est maintenant sans doute la première champignonnière en Éthiopie avec un processus de culture normalisé », s'est réjoui M. Zheng.

Un trésor caché

Selon M. Zheng, l'Éthiopie convient très bien à la culture de champignons comestibles. D'abord, sa température annuelle moyenne est de 16 degrés Celsius. De plus, les matières premières nécessaires pour la culture des champignons – comme la paille, les déchets agricoles et le fumier de bétail – sont abondantes. Enfin, la main-d'œuvre locale est disponible.

En outre, le gouvernement local attache une grande importance à la promotion de ce secteur. Les champignons non seulement fournissent une source de nourriture nutritive aux populations locales, mais génèrent également des retombées intéressantes.

« L'utilisation des déchets agricoles améliore l'environnement écologique, alors que la création d'emplois apporte des avantages économiques et sociaux. La culture des champignons est devenue un secteur du développement durable en Éthiopie », a affirmé M. Zheng.

Selon la vision de ce dernier, les champignons peuvent être produits, transformés, vendus localement et même exportés. Ainsi, une chaîne industrielle pourra prendre forme dans le pays. Cependant, M. Zheng a vite fait face à plusieurs pépins. La culture des champignons est un secteur émergent de petite taille, avec un faible rendement et des prix élevés. À la source de la plupart de ces problèmes se trouvait la carence technologique du secteur agricole.

Zheng Aibao lors d’une session de formation en Éthiopie.(COURTOISIE)

Le Projet 1-5-50

M. Zheng a piloté la construction de deux champignonnières dans la ville et en banlieue d'Addis-Abeba. Il a ensuite introduit deux variétés chinoises de champignons convenant au climat local. De plus, il a normalisé l'ensemble du processus de la culture, de la sélection des sites à la gestion des champignons, en passant par leur transformation.

« Puisqu'une seule personne ne peut pas tout porter sur ses épaules, cette fois, j'espère construire plus de sites d'essai afin de transférer les techniques à plus de gens locaux », a-t-il expliqué.

Dans ce but, M. Zheng a élaboré le Projet 1-5-50 concernant la promotion des champignons comestibles en Éthiopie. Le « 1 » désigne le centre de formation en technologie des champignons comestibles. Le « 5 » représente les cinq sites ayant pour but de fournir des services aux agriculteurs environnants. Le « 50 » fait référence aux 50 agriculteurs impliqués dans le cadre du projet, soit dix agriculteurs par site.

« La production et l'offre normalisées constituent une condition préalable à la promotion des champignons comestibles. Ce projet peut progressivement atteindre l'objectif de promotion par le biais de la formation technique à la culture des champignons », a fait remarquer l'expert chinois.

Selon ses explications, le centre de formation se concentre principalement sur la culture des souches et la recherche technologique. Les cinq sites sont responsables de la production des souches secondaires et tertiaires ainsi que de la formation technique des agriculteurs. Le site d'Yeka fournit une formation technique aux fonctionnaires du secteur agricole. Celui de Menagesha a pour but d'augmenter la production et d'en améliorer la qualité. Le site de Kashajes produira des champignons comestibles pour nourrir plus de 500 enfants handicapés étudiant dans les cinq écoles locales. Celui d'Adama se concentre sur les recherches de nouvelles technologies de champignons comestibles, alors que celui d'Holeta met l'accent sur l'enseignement et la démonstration. Selon M. Zheng, le Projet 1-5-50 est déjà bien amorcé et sera achevé avant la fin de la mission des experts chinois, en 2021.

Dr. Germame Garuma, directeur du Bureau de promotion du ministère éthiopien de l'Agriculture, a exprimé son soutien total au plan. Il a exprimé son souhait que l'industrie des champignons comestibles connaisse un développement rapide en Éthiopie sous la direction des experts chinois.

Une formation technique

Pendant son premier séjour en Éthiopie en 2015, M. Zheng avait donné toute une série de séances de formation technique, auxquelles environ 500 personnes avaient pris part. Cette fois encore, la formation technique constitue toujours l'une de ses priorités.

« Le Projet 1-5-50 a également pour but de promouvoir la technologie auprès des fonctionnaires, des chercheurs et des agriculteurs », a-t-il souligné.

Dans ce but, il a une fois de plus organisé des démonstrations pratiques et des séances de formation au sujet de la production des souches et des techniques de culture.

« Chaque fois que je discute avec M. Zheng, j'apprends quelque chose de nouveau. J'espère que la technologie chinoise pour la culture des champignons comestibles pourra être diffusée sur tout le territoire éthiopien », a déclaré Madame Genet Kebele, une agricultrice originaire d'Addis-Abeba.

Pour vos commentaires : lijing@chinafrica.cn

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