2025-08-01 |
Tisser le monde, maillon par maillon |
VOL. 17 / AOÛT 2025 par LI YIN · 2025-08-01 |
Mots-clés: EICAC ; chaînes d’approvisionnement mondiales |
Site de la troisième Exposition internationale des chaînes d’approvisionnement de Chine. (COURTOISIE)
Du 16 au 20 juillet, la troisième Exposition internationale des chaînes d’approvisionnement de Chine (EICAC) s’est tenue à Beijing, rassemblant des acteurs venus du monde entier autour d’un même dessein : bâtir des chaînes d’approvisionnement plus résilientes, plus inclusives et plus novatrices. Première exposition nationale au monde consacrée à cette thématique, l’EICAC s’impose désormais comme une plateforme de référence pour la coopération industrielle internationale, à la croisée des technologies de pointe, des services innovants et des orientations politiques qui façonnent l’interdépendance économique mondiale. Placée sous le thème « Connecter le monde pour un avenir partagé », l’édition 2025 a confirmé le rôle moteur de la Chine dans l’édification de chaînes d’approvisionnement solides et durables, dans un contexte marqué par des mutations économiques rapides et des défis globaux croissants.
Lors de la cérémonie d’ouverture, le vice-Président sud-africain, Shipokosa Paulus Mashatile, a exhorté les participants à saisir les opportunités, à renforcer les partenariats et à façonner ensemble l’avenir de la gestion des chaînes d’approvisionnement, en vue d’un monde plus connecté, plus résilient et plus prospère.
Cet événement illustre également un changement de paradigme pour les pays africains, qui ambitionnent de dépasser leur rôle d’exportateurs de matières premières pour devenir des maillons actifs, intégrés et stratégiques des chaînes d’approvisionnement mondiales. Leur présence croissante traduit non seulement l’approfondissement des liens économiques sino-africains, mais aussi une volonté affirmée de participer pleinement à la reconfiguration des circuits mondiaux.
De l’exposition à l’écosystème
Six grandes chaînes d’approvisionnement ont été mises à l’honneur : fabrication avancée, énergies propres, véhicules intelligents, technologies numériques, vie saine et agriculture verte, enrichies d’un espace consacré aux services associés.
Au total, 651 entreprises et institutions, accompagnées de plus de 500 partenaires en amont et en aval, issues de 75 pays, régions et organisations internationales, ont répondu présent. Plus d’un tiers des exposants étaient étrangers, contribuant à l’émergence d’un véritable écosystème coopératif. L’événement a ainsi réuni multinationales, PME, start-up et prestataires de services issus notamment des marchés émergents, parmi lesquels un nombre croissant de pays africains.
À cette occasion, le Conseil chinois pour la promotion du commerce international (CCPCI) et des représentants du monde économique international ont conjointement publié l’Initiative de Beijing, appelant à stimuler un développement fondé sur l’innovation, à accélérer la numérisation des chaînes, à encourager des pratiques écologiques et durables, et à renforcer les échanges entre les communautés d’affaires du monde entier.
Bien plus qu’une simple vitrine technologique, l’EICAC s’est affirmée comme un carrefour d’échanges, de mises en relation, de valorisation des innovations et de création de partenariats durables. Elle incarne la dynamique d’ouverture de haut niveau de la Chine et sa détermination à contribuer activement à la relance économique mondiale par des actions concrètes.
Une exposante éthiopienne présente ses produits aux visiteurs lors de la troisième EICAC, le 16 juillet. (LI YIN)
L’innovation en première ligne
L’intelligence artificielle (IA), mise à l’honneur, a révélé son potentiel transformateur au sein des chaînes d’approvisionnement. Lors de la cérémonie d’ouverture, Jensen Huang, fondateur et PDG du géant américain Nvidia, a déclaré : « L’IA sera au cœur de chaque industrie, entreprise, produit et service. Elle a déclenché une nouvelle révolution industrielle et constitue une formidable opportunité pour l’écosystème des chaînes d’approvisionnement de la Chine. »
Cette vision s’est matérialisée à travers EICAC LaunchPad, un espace inédit destiné à présenter les dernières avancées du secteur. Vingt-quatre lancements de produits y ont été officialisés, et plus de 100 innovations de pointe venues du monde entier ont été dévoilées.
Parmi elles, Global YDT, plateforme industrielle développée par la société chinoise Optimise Integration Group, spécialisée dans les produits agricoles sous température contrôlée, illustre l’impact de l’IA sur la logistique. Le système intègre un agent intelligent capable d’identifier les fournisseurs les plus adaptés à une demande spécifique, en analysant en temps réel les données disponibles, les risques et les opportunités, afin de proposer des solutions personnalisées. Un outil stratégique pour fluidifier les décisions et accroître l’efficacité globale des chaînes d’approvisionnement.
Nerisha Jairaj, directrice exécutive du Conseil sudafricain pour l’exportation de la chaussure et du cuir, échange avec des visiteurs lors de la troisième EICAC, le 16 juillet. (LI YIN)
L’Afrique à l’honneur
L’édition 2025 a également donné une large visibilité au continent africain, représenté par les pavillons nationaux de 11 pays et celui de la Mission de l’Union africaine en Chine.
L’exposition célébrait les couleurs, les textures et les senteurs de l’Afrique à travers l’artisanat, les cosmétiques à base d’ingrédients naturels, les dispositifs médicaux innovants ou encore les produits agricoles. Une diversité qui illustre la vitalité des industries africaines.
Au pavillon sud-africain, la cérémonie d’ouverture a rassemblé plusieurs hauts responsables, dont Ren Hongbin, président du CCPCI, et le vice-Président Mashatile. Trente entreprises y présentaient leur savoir-faire dans des domaines allant de la pharmacie aux ressources minières, en passant par la mode, les soins personnels, le textile et les industries créatives. Dans son allocution, M. Mashatile a salué l’EICAC comme une plateforme précieuse pour diversifier les exportations sud-africaines et renforcer la coopération économique avec la Chine.
Parmi les exposants figurait Nerisha Jairaj, directrice exécutive du Conseil sud-africain pour l’exportation de la chaussure et du cuir. Forte du succès rencontré lors de sa participation à l’Exposition internationale des importations de Chine en 2024, où elle avait écoulé la totalité de ses produits, elle confiait à CHINAFRIQUE : « Je suis ici pour trois choses : trouver des consommateurs chinois, des partenaires pour distribuer nos produits, et attirer des investissements en Afrique du Sud. »
Elle a également souligné la nécessité de créer des partenariats industriels : « Toute l’Afrique ne dispose pas encore de chaînes d’approvisionnement solides. Mais la Chine, si. Nous espérons qu’elle considérera l’Afrique du Sud comme une porte d’entrée pour l’ensemble du continent. »
Autre participante remarquée, Ide Nkameni, Camerounaise engagée dans la promotion de la culture et de l’art africains en Chine, a salué l’EICAC comme une opportunité unique de faire rayonner les produits africains sur le marché chinois. Elle a remercié le gouvernement chinois pour son soutien, qui a rendu sa participation possible, et exprimé son souhait de revenir afin de faire découvrir encore davantage les richesses du continent aux consommateurs chinois.
En mettant en lumière les dernières avancées dans la gestion des chaînes d’approvisionnement, l’EICAC 2025 a brillamment servi son objectif : promouvoir le commerce, l’investissement, la coopération, l’innovation et les échanges au sein du système mondial.
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