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  2025-08-01
 

La voie ouverte

VOL. 17 / AOÛT 2025 par HU FAN  ·   2025-08-01
Mots-clés: héroïne des rails nigérians ; prix de l’Orchidée

Issah Abiola (troisième à gauche) reçoit le Prix de l’émissaire de l’amitié à Beijing, le 10 juillet. (COURTOISIE)

Mi-juillet, l’hôtel Beijing, au cœur de la capitale chinoise, a accueilli une cérémonie placée sous le signe du dialogue interculturel : la remise du prix de l’Orchidée à dix ambassadeurs culturels venus des quatre coins du monde. Choisis parmi plus de 300 candidats issus d’environ 80 pays, ces lauréats incarnent la richesse des échanges et l’inspiration mutuelle entre civilisations.

Parmi eux figurait Issah Abiola, première femme conductrice de train du Nigeria, distinguée par le Prix de l’émissaire de l’amitié pour sa contribution remarquable au renforcement de la compréhension et de l’amitié entre les peuples africains et chinois. Son parcours à la tête d’un train léger à Abuja, dans un secteur traditionnellement masculin, fait d’elle une pionnière, mais aussi un puissant symbole de la coopération sino-africaine dans les domaines des infrastructures et du renforcement des capacités.

Organisé par le Groupe de communication internationale de Chine (CICG), le prix de l’Orchidée salue l’engagement d’individus et d’organisations ayant œuvré de manière exceptionnelle à la promotion des échanges entre civilisations. L’événement en était cette année à sa deuxième édition.

Lors de la cérémonie, six personnes ont reçu le Prix de l’émissaire de l’amitié, tandis que deux autres lauréats, ainsi que l’Orchestre de Philadelphie, ont été distingués par le Prix pour réalisations remarquables. Quant à Irina Bokova, ancienne directrice générale de l’UNESCO et aujourd’hui conseillère principale du conseil d’administration du Centre Europe-Asie du CICG, elle s’est vu remettre un Prix honorifique pour l’ensemble de sa carrière.

Issah Abiola échange avec des passagers dans un train à Abuja, en juin 2024. (COURTOISIE)

Un rêve devenu réalité

Connue également sous son nom chinois Bai Yang, Mme Abiola a rejoint la China Civil Engineering Construction Corporation (CCECC) au Nigeria en 2008. Depuis, elle promeut activement les fruits de la coopération entre les entreprises chinoises et le peuple nigérian à travers différents médias, inspirant des millions de personnes, tant en Chine qu’en Afrique.

Devenir conductrice de train était son rêve d’enfant. Elle se souvient encore de ce jour, dans les années 1990, où elle aperçut, aux côtés de son grand-père, une « voiture très longue ». Lorsqu’elle apprit qu’une personne la conduisait, elle déclara vouloir faire de même. Son grand-père lui répondit que c’était impossible : le pays comptait alors très peu de trains, et aucune femme n’en avait jamais pris les commandes.

Ce n’est qu’en 2008 que son destin se rapprocha du monde ferroviaire. En quête d’un emploi pour subvenir aux besoins de sa famille, elle postula chez CCECC, sans connaître précisément les activités de l’entreprise. En apprenant qu’elle construisait des chemins de fer, elle vit son ambition d’en faire partie décuplée. « J’ai dit à ma famille que mon rêve devenait réalité, que je voyais déjà mon avenir chez CCECC », confie-t-elle.

Sa famille accueillit son choix avec bienveillance, mais le chemin fut long avant qu’elle ne prenne les commandes d’un train. D’abord embauchée comme assistante de bureau au sein de l’équipe de pose de rails, elle occupa successivement les postes de traductrice, d’acheteuse, puis de responsable de la logistique.

C’est en 2013, lors du projet de la ligne Abuja-Kaduna construit par CCECC, qu’elle entendit parler d’un programme de formation de conducteurs. L’étincelle se ralluma en elle, et elle eut le courage de se porter candidate. Grâce à son professionnalisme, elle fut acceptée, devenant la seule femme du programme.

Cinq ans plus tard, elle obtenait toutes les qualifications nécessaires et devenait la première conductrice de train du Nigeria. En 2018, lors de l’inauguration du réseau léger d’Abuja, elle remit symboliquement un drapeau au Président de l’époque, Muhammadu Buhari, avant de prendre les commandes du tout premier train.

Son ascension ne fut pas sans embûches : elle dut affronter les préjugés sur la place des femmes dans ce métier, ainsi que les exigences physiques et techniques de la conduite ferroviaire. Mais sa détermination, alliée au soutien de ses collègues et mentors chinois, lui permit de triompher.

Aujourd’hui, elle invite les jeunes à dépasser les stéréotypes de genre : « Faites de votre mieux, engagez-vous pleinement, et osez tenter de nouvelles choses pour faire avancer la société. Ce qu’un homme peut faire, une femme peut le faire encore mieux. »

Issah Abiola (à droite, devant) pose avec ses collègues lors d’une exposition à Abuja, en novembre 2024. (COURTOISIE)

Un pont entre les cultures

De simple assistante à première conductrice de train du pays, le parcours de Mme Abiola dépasse la réussite individuelle : il témoigne des opportunités concrètes offertes par la coopération sino-africaine aux populations locales.

Son histoire, relayée par de nombreux médias nigérians, chinois et internationaux, a ému et inspiré des millions de personnes. Face aux caméras, elle partage volontiers son expérience et les retombées positives des projets conjoints. « Grâce aux chemins de fer, ma grand-mère, qui vit à Lagos, peut désormais nous rendre visite à Ibadan le temps d’un week-end », confie-t-elle.

Elle souligne également l’importance du financement chinois dans la formation professionnelle et la création d’emplois locaux. Le seul projet du réseau léger d’Abuja a permis, selon CCECC, de créer près de 10 000 emplois et de former plus de 3 000 techniciens du secteur ferroviaire. Beaucoup d’entre eux jouent aujourd’hui un rôle clé dans les projets en cours à travers le pays.

Mme Abiola revient aussi sur la nécessité d’une meilleure compréhension mutuelle. À ses débuts chez CCECC, sa famille se montrait méfiante vis-
à-vis d’une entreprise chinoise, influencée par certaines idées reçues. Ce n’est qu’après avoir côtoyé ses collègues que leurs réticences se dissipèrent. Ce vécu l’a poussée à s’exprimer publiquement pour briser les stéréotypes.

Sa volonté de favoriser le dialogue interculturel se manifeste également dans son apprentissage du chinois et son intérêt pour la culture de ses collègues. En 2010, lors d’un voyage en Chine, elle aperçut depuis un train une enfilade de peupliers, baiyang en chinois, arbres réputés pour leur résilience. Elle choisit alors ce nom comme nom chinois, symbole personnel de force et de persévérance.

Pleine d’espoir, Mme Abiola croit en un avenir encore plus fécond pour la coopération sino-
africaine : « L’avenir des relations entre l’Afrique et la Chine est prometteur. J’espère voir davantage de projets d’infrastructure et d’énergie, ainsi qu’un renforcement de la coopération dans les domaines technologique et de la formation professionnelle. Tout cela peut nous rapprocher. »

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