法语词典:
中文 ANGLAIS
Accueil Opinions La Chine à la Loupe Culture Vidéos Photos
  2025-12-02
 

Un partenariat en transformation

VOL. 17 / DÉCEMBRE 2025  ·   2025-12-02
Mots-clés: coopération sino-burundaise ; perspectives

Benjamin Kuriyo, journaliste économique et directeur du site d’information burundi-avenir.org. (COURTOISIE)

Dans un contexte où le Burundi cherche à moderniser son économie, à diversifier ses exportations et à renforcer ses capacités industrielles, la coopération avec la Chine occupe une place stratégique. Pour comprendre les dynamiques actuelles, CHINAFRIQUE s’est entretenu avec Benjamin Kuriyo, journaliste économique et directeur du site d’information burundi-avenir.org.   

CHINAFRIQUE : Les exportations du Burundi vers la Chine sont principalement agricoles, tandis que les importations chinoises concernent surtout produits manufacturés et équipements. Trouvez-vous cette relation commerciale équilibrée ? Et comment promouvoir les produits burundais à plus forte valeur ajoutée ? 

Benjamin Kuriyo : La balance commerciale entre le Burundi et la Chine reste déficitaire en faveur de la Chine. En 2024, les exportations burundaises vers la Chine s’élevaient à environ 7 millions de dollars, contre plus de 80 millions de dollars d’importations en provenance de chine. Ce qui s’explique par la différence de taille et de développement de nos économies. La Chine est une puissance industrielle mondiale, tandis que le Burundi exporte surtout des produits primaires, faute de capacités de transformation locales. 

Le Burundi mise sur son café : les deux parties ont mis en place des accords de coopération bilatérale pour faciliter les échanges commerciaux. Un lot inaugural de 38 tonnes de café vert a été expédié vers la Chine par China Henan International Cooperation Group. Parallèlement, les premières cargaisons de minerais bruts (améthystes et coltan) ont été expédiées vers la Chine en octobre. 

Depuis décembre dernier, le Burundi bénéficie aussi du traitement tarifaire zéro accordé par la Chine aux pays les moins avancés entretenant avec elle des relations diplomatiques. Cela ouvre la voie à la diversification des exportations – miel, huiles essentielles, avocats et artisanat – et à la conquête de nouveaux marchés. Parallèlement, la « Vision Burundi, Pays Émergent en 2040 et Pays Développé en 2060 » repose sur la modernisation de l’agriculture, le développement industriel et la consolidation du secteur énergétique. 

Grâce à l’appui de la Chine, la situation évolue positivement. Le Burundi se dote de nouvelles infrastructures énergétiques, dont la centrale hydroélectrique de Ruzibazi (15 MW), entièrement financée par la Chine. Avec une meilleure disponibilité énergétique et un climat des affaires favorable, l’attractivité du pays va s’améliorer davantage et de plus en plus d’investisseurs étrangers vont s’installer au pays. D’ici dix ans, le pays pourrait exporter davantage de produits à forte valeur ajoutée. 

L’amélioration des infrastructures, notamment de transport, est également cruciale. Le pays dispose d’un fort potentiel horticole et la réhabilitation de l’aéroport international Melchior Ndadaye, soutenue par la Chine, va booster le flux des échanges. 

Café burundais présenté à la 8e Exposition internationale des importations de Chine, à Shanghai, le 5 novembre. (HU FAN)

Certains craignent que la multiplication des projets financés par la Chine entraîne un surendettement du Burundi. Qu’en pensez-vous ? 

La situation de la dette extérieure du Burundi reste maîtrisée. Le gouvernement mise sur le développement du secteur minier pour accroître les recettes et attirer les investisseurs. Le nouveau code minier encadre mieux l’exploitation des ressources et garantit des retombées pour le pays. 

La plupart des projets financés par la Chine (infrastructures, santé et télécommunications) sont des dons ou des actions menées dans le cadre de 
coopération entre les deux pays. 

Les partenariats public-privé sont privilégiés pour éviter l’endettement classique. Ces coopérations « gagnant-gagnant » mobilisent des capitaux étrangers sans alourdir la dette souveraine. Le Burundi n’est donc pas en danger de surendettement : la dette actuelle reste soutenable. 

La Chine soutient aussi l’agriculture burundaise (centres de formation, experts techniques, etc.). Quels en sont les résultats ? 

Les résultats sont très positifs, en particulier dans la riziculture. Les centres de démonstration financés par la Chine ont introduit de nouvelles variétés de riz hybride et des techniques modernes. Les rendements ont plus que triplé, passant de 3 à 10 tonnes/hectare, ce qui a permis de porter la superficie exploitée à 3 800 hectares. La production céréalière est en nette augmentation, ouvrant la voie vers l’autosuffisance alimentaire en riz. 

Le Centre pilote agricole de Gihanga collabore avec les agriculteurs burundais dans la multiplication de semences améliorées de riz, de maïs et de champignons, ainsi que dans l’élevage de volailles et de lapins pour diversifier les sources de revenus. Les agriculteurs bénéficient d’un appui sous forme d’intrants qu’ils remboursent après la récolte. Ce modèle coopératif assure la durabilité du système. 

Au-delà des domaines traditionnels (énergie ou agriculture), existe-t-il une coopération dans les secteurs émergents (numérique, nouvelles technologies, etc.) ? 

Une société mixte de télédiffusion numérique a été créée et commercialise déjà des kits de réception du signal. Les studios de la télévision burundaise ont été modernisés et des décodeurs ont été distribués à la population dans le cadre du projet « Accès à la TV par satellite pour 10 000 villages africains ». 

Le Burundi s’inspire de l’expérience de la Chine en matière de télécommunications et d’e-gouvernance. Le géant chinois des télécoms Huawei apporte son expertise et son soutien aux opérateurs télécoms locaux dans le déploiement de l’Internet à haut débit dans les zones rurales. 

La transition numérique renforce la gouvernance et améliore les services publics (transport, éducation, santé, commerce, sécurité…). 

Le Burundi a lancé un projet ferroviaire reliant la région de Kigoma en Tanzanie et Musongati au Burundi. Quel est le rôle de la Chine dans ce développement et dans l’initiative « la Ceinture et la Route » (ICR) ? 

La Chine est un partenaire majeur. Le projet ferroviaire, attendu depuis les années 1960, se concrétise. C’est un consortium d’entreprises chinoises (China Railway Engineering Corporation et China Railway Engineering Consulting Group) qui exécute les travaux sur terrain. Ce projet facilitera le transport des minerais et des marchandises. 

Cette interconnexion – routière, aérienne et bientôt ferroviaire – concrétise l’esprit de l’ICR. Elle contribuera au désenclavement du pays, au renforcement du commerce régional et à une meilleure intégration du Burundi dans les échanges internationaux. 

La Chine accompagne le Burundi dans des secteurs clés (énergie, agriculture, infrastructures, numérique) tout en favorisant le transfert de technologies et le développement des capacités locales. C’est une coopération porteuse d’espoir, pouvant transformer durablement notre économie et améliorer les conditions de vie des Burundais.  

Imprimer
Lire aussi:

24 Baiwanzhuang, 100037 Beijing République populaire de Chine


京ICP备08005356号-8 京公网安备110102005860