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  2025-12-04
 

Un palais préservé

VOL. 17 / DÉCEMBRE 2025 par Li Qing  ·   2025-12-04
Mots-clés: Musée du Palais ; Cité interdite

L’exposition du Musée du Palais organisée à l’occasion de son centenaire inclut une projection numérique 3D présentée le 29 septembre. (PHOTOS : XINHUA)

Au cœur de Beijing, l’ancienne résidence impériale, également connue sous le nom de Cité interdite, se dresse, silencieuse, témoin des bouleversements de l’histoire chinoise. Pendant des siècles, le peuple ne pouvait qu’entrevoir les ornements dorés du palais, au-delà de ses imposants murs, laissant libre cours à son imagination pour percer les mystères qu’il recelait. 

Les portes du lieu se sont enfin ouvertes le 10 octobre 1925. Ayant abrité 24 empereurs des dynasties Ming (1368-1644) et Qing (1644-1911), la Cité interdite fut transformée en Musée du Palais, dévoilant pour la première fois au public ses inestimables collections de reliques culturelles. 

Le Musée est désormais un lieu de pèlerinage pour des visiteurs du monde entier. Figurant parmi les musées les plus visités au monde, sa fréquentation annuelle a dépassé les 10 millions de visiteurs pour la première fois en 2009 et atteint plus de 17,6 millions en 2024. 

Lors des derniers congés de la Fête nationale, du 1er au 8 octobre, des milliers de personnes ont pris leur mal en patience, tant la file était longue pour découvrir la grande exposition célébrant le centenaire du Musée. Celle-ci retrace son parcours remarquable, de ses débuts modestes à sa croissance constante, sa persévérance face aux difficultés et ses audacieuses innovations à l’aube d’une nouvelle ère. L’enthousiasme qui règne aujourd’hui dans ses cours fait écho à la même admiration et au même émerveillement qui animaient ceux qui, il y a 100 ans, franchissaient pour la première fois les portes de ce palais autrefois interdit.   

Préserver l’héritage 

À ses débuts, le Musée a dû relever d’immenses défis. Les bâtiments étaient vétustes et délabrés, les cours envahies par la végétation... Sans un inventaire complet de ses trésors, le Musée ne pouvait véritablement prendre forme. 

En 1924, le personnel entreprit de cataloguer chaque objet conservé entre ses murs. Cet effort colossal se poursuivit jusqu’en mars 1930, aboutissant aux archives originales de plus d’un million de reliques culturelles. 

« Les collections du Musée constituent un patrimoine culturel inestimable pour la nation chinoise », indique Zheng Xinmiao, ancien conservateur, à l’agence de presse Xinhua. « Recenser et préserver ces trésors de manière exhaustive est une responsabilité envers la nation et le peuple. » 

Depuis, le Musée a mené plusieurs inventaires complets. Entre 1949 et 2010, quatre grandes campagnes de catalogage ont été réalisées. Aujourd’hui, le Musée abrite 1,95 million d’objets anciens, répartis en 25 grandes catégories et plus de 100 sous-catégories, constituant un trésor culturel inestimable. 

Suite à l’incident du 18 Septembre 1931, marquant le début de l’invasion du Nord-Est de la Chine par le Japon, le Musée décida d’entreprendre ce qui allait devenir l’un des plus grands efforts de préservation de l’histoire chinoise : le transfert de ses reliques les plus précieuses vers le Sud afin de les protéger d’éventuels pillages et destructions, alors que la menace d’une invasion japonaise du Nord de la Chine se faisait de plus en plus pressante. 

Plus de 19 000 caisses de trésors nationaux parcoururent des milliers de kilomètres jusqu’à Shanghai et les provinces du Sud-Ouest. Après la victoire de la Guerre de résistance du peuple chinois contre l’agression japonaise en 1945, certains objets retournèrent au Musée, d’autres furent transportés à Taiwan par le kuomintang et d’autres encore font partie des collections de différents musées du pays. 

Des touristes vêtues de costumes de la dynastie Qing (1644-1911) visitent le Musée du Palais, le 1er avril.

Un musée vivant 

« Puisse le Musée ne pas être une relique figée de l’histoire chinoise, mais un musée vivant pour les millions d’années à venir. » Cet espoir fut exprimé par Li Yuying, l’une de ses fondatrices. Aujourd’hui, cette vision est devenue réalité. 

L’exposition du centenaire illustre la manière dont le Musée s’inscrit dans l’ère numérique. Grâce à la base de données numérique du musée, des images haute résolution d’innombrables reliques sont accessibles, permettant aux visiteurs du monde entier de découvrir des trésors qui, autrement, resteraient cachés derrière les murs du Palais. 

L’histoire prend également vie de façon ludique. Dans les restaurants du musée, les visiteurs peuvent déguster des glaces en forme de statues d’animaux qui ornent les toits du Palais. 

Les produits culturels du Musée ont également conquis le public. Parmi près de 20 000 articles, le calendrier du Musée, présentant des objets culturels de la collection, se distingue. Publié chaque année depuis 17 ans, il s’est vendu à plus de 8,5 millions d’exemplaires, l’édition 2025 ayant atteint les 1,2 million d’exemplaires écoulés. Plus tôt cette année, le Musée a accueilli la première grande exposition chinoise consacrée à la civilisation minoenne grecque, présentant 172 objets en collaboration avec le Musée archéologique d’Héraklion et les autorités culturelles grecques. 

Depuis 2012, le Musée a accueilli près de 30 expositions d’Asie, d’Europe et d’Amérique, et a organisé 79 expositions à l’étranger. Des partenariats avec des institutions internationales telles que le Louvre, le British Museum et le Metropolitan Museum of Art ont renforcé les expositions conjointes, les forums universitaires et les projets numériques, faisant du musée un véritable pont entre les civilisations.  

Li Qing, journaliste à Beijing Review 

 

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