| 2026-02-05 |
Au galop vers 2026 |
| VOL. 18 / FÉVRIER 2026 par Li Yin · 2026-02-05 |
| Mots-clés: Cheval ; zodiaque chinois |
L’influence du Cheval, l’un des douze animaux du zodiaque chinois, est positive car il incarne la vitalité, la liberté et l’esprit d’ambition

Dans le calendrier lunaire chinois, 2026 marque l’Année du Cheval, animal qui a porté l’humanité à travers les continents et les siècles. Plus qu’un simple repère temporel, le cheval incarne la vitalité, le courage et la volonté inébranlable d’aller de l’avant, qualités qui résonnent en Chine et en Afrique.
À travers les civilisations, peu d’animaux ont influencé l’histoire et l’imaginaire humains aussi profondément. Le cheval a porté bien plus que des corps et des marchandises : il a incarné l’esprit et les valeurs des cultures humaines.
En Chine, le cheval occupe une place d’honneur, célébré dans les mythes, le zodiaque, la littérature et la philosophie. En Afrique, il symbolise le prestige, la mobilité et la protection. Ensemble, les traditions équestres de Chine et d’Afrique témoignent à la fois de valeurs humaines partagées et des manières distinctes dont les sociétés célèbrent ce noble animal.
Le cheval dans la mythologie chinoise…
Dans la culture chinoise, le cheval transcende sa simple utilité pratique pour devenir un puissant emblème. Faisant partie du zodiaque, il représente vitalité, persévérance, loyauté, liberté et réussite. L’Année du Cheval est considérée comme une période d’initiative et de dynamisme, reflétant l’idéal cher au longma jingshen (esprit du dragon et du cheval), symbolisant force indomptable, ambition et vigueur morale.
La mythologie chinoise explique la place particulière qu’occupe le cheval dans le zodiaque. Les légendes anciennes évoquent le tianma (cheval céleste), créature ailée aux pouvoirs extraordinaires, capable de courir, nager et voler. Favori de l’Empereur de Jade et logé dans les écuries célestes, il devint peu à peu arrogant. Dans un acte d’imprudence, il défia l’ordre céleste et fut puni : ses ailes furent arrachées et il fut emprisonné sous le mont Kunlun.
Des siècles plus tard, lorsque l’ancêtre de l’humanité franchit le mont Kunlun, il implora sa libération, offrant en échange une vie entière de service. Ému de compassion, l’ancêtre humain libéra le cheval, qui descendit alors dans le monde des hommes et honora fidèlement sa promesse. En temps de paix, il travaillait dans les champs et transportait des marchandises ; en temps de guerre, il portait les guerriers au combat.
Lorsque l’Empereur de Jade choisit plus tard douze animaux pour représenter le zodiaque, le cheval fut sélectionné pour sa force, sa rédemption, sa loyauté et son service rendu à l’humanité. La légende illustre une valeur fondamentale chinoise : la vertu s’exprime par le devoir, la persévérance et le souci du bien commun, qualités qui continuent de définir le symbolisme intemporel du cheval.
À travers l’histoire, les chevaux ont leur importance dans le développement du pays. Des cavaleries des dynasties antiques aux caravanes qui sillonnaient la Route de la soie, les chevaux ont été essentiels à la guerre, à l’agriculture, aux communications et au commerce. Sous la dynastie des Tang (618-907), leur grâce était admirée autant que leur force. Les races importées d’Asie centrale et occidentale ont inspiré une vague d’expression artistique, laissant une imagerie équestre durable en peinture et en sculpture.
Dans la littérature et le langage populaire chinois, le cheval incarne talent, destin et ambition. Le célèbre « cheval des mille li » symbolise un potentiel exceptionnel encore à découvrir, et des expressions comme madao chenggong reflètent le désir d’une réussite rapide et la quête du progrès.

Une vendeuse explique que ses peluches représentant des « chevaux en pleurs » sont un modèle créé par erreur mais devenu viral en Chine, à Yiwu (province du Zhejiang), le 12 janvier. (XINHUA)
… Et dans les cultures africaines
En Afrique, l’histoire du cheval est tout aussi ancienne : des vestiges archéologiques (art rupestre en Afrique du Nord et au Sahara) témoignent de l’importance du cheval pour les peuples sahariens. Le cheval domestique fut introduit en Égypte antique vers 1 600 avant J.-C. et devint rapidement un élément central de la guerre, du pouvoir d’État et de l’expression artistique. Les bas-reliefs égyptiens représentent des chevaux et des chars au combat, marquant un tournant dans l’histoire militaire africaine.
Au nord du Cameroun, le cheval revêt une importance culturelle. Chez les Peuls et les Kotoko, il symbolise prestige, autorité et protection. Les cérémonies traditionnelles (défilés de chevaux et danses équestres) jouaient autrefois un rôle essentiel dans la vie communautaire.
Le cheval a toujours eu une utilité pratique. Il demeure indispensable à l’agriculture et aux transports, surtout dans les régions rurales. Ces dernières décennies, l’influence mondiale a favorisé l’essor des sports et du tourisme équestres. À travers les savanes et les déserts, les voyages à cheval demeurent une activité économique et un héritage vivant des traditions équestres ancestrales africaines.
Des valeurs partagées
Malgré des différences géographiques et historiques, les cultures équestres chinoise et africaine présentent des similitudes frappantes : le cheval symbolise la force, la loyauté et la mobilité. Il est admiré en tant qu’animal, mais aussi en tant que compagnon de travail, de guerre et de survie.
Parallèlement, ces contrastes sont révélateurs. La culture chinoise spiritualise le cheval, l’intégrant à la philosophie, à la mythologie, aux idéaux moraux et au symbolisme littéraire. Le cheval y reflète le caractère et l’esprit de la nation.
Dans de nombreuses sociétés africaines, en revanche, l’accent reste mis sur la dimension communautaire et cérémonielle, soulignant le rôle du cheval dans la hiérarchie sociale, la protection et l’identité collective.
Galopant à travers le temps et l’espace, le cheval porte des histoires de résilience, de coopération et d’espoir, invitant les deux parties à redécouvrir l’esprit indéfectible qui les unit.
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