| 2026-05-07 |
Un suivi high-tech |
| VOL. 18 / MAI 2026 par GE LIJUN · 2026-05-07 |
| Mots-clés: Innovation à la une ; ADNe |
La haute technologie au service de la surveillance des écosystèmes.

Présentée lors des Deux sessions de cette année, une puce de séquençage d’ADN environnemental (ADNe) a attiré l’attention par sa capacité à suivre, sans contact direct, des espèces aquatiques du fleuve Yangtsé, comme le marsouin, surnommé « l’ange souriant du Yangtsé ». Cette puce intègre les données de suivi de la faune aquatique par ADNe recueillies sur 19 sections du Yangtsé dans la province du Jiangsu. Sur ce tronçon du fleuve, plus d’une vingtaine d’espèces supplémentaires ont été recensées au cours des cinq dernières années, ce qui illustre les effets de l’interdiction de la pêche instaurée pour une durée de dix ans sur l’ensemble du fleuve depuis le 1er janvier 2021.
La technologie ADNe consiste à analyser les « traces génétiques » (cellules, sécrétions, résidus organiques) laissées par les organismes dans l’eau ou les sédiments, puis à les comparer à des séquences de référence afin d’identifier précisément les espèces. Développée par l’entreprise chinoise MGI Tech et utilisée avec un séquenceur à haut débit, la puce est capable de lire des ADN de faible qualité et de faible concentration dans des milieux naturels complexes.
Sur le terrain, une simple poignée d’eau prélevée en différents points suffit. L’analyse qualitative et quantitative de traces infimes d’ADN laissées par des espèces rares permet aux chercheurs de suivre l’évolution de leur répartition et de leur abondance relative, assurant ainsi une protection « silencieuse ».
L’un des partenaires est le Centre de surveillance écologique de la province du Hubei. Mis en service fin 2023, son laboratoire d’ADNe a mené des projets pilotes sur le tronçon du Hubei, établissant progressivement un système technique complet. Selon la docteure Wu Dongqing, la puce, capable de contenir 500 échantillons, est placée avec les réactifs dans un séquenceur à haut débit ; 12 heures plus tard, les données sont automatiquement transmises et analysées.
Les méthodes traditionnelles, qui nécessitent la capture de poissons et l’identification visuelle, sont non seulement longues et coûteuses, mais peuvent aussi perturber les espèces rares. Reposant sur des processus expérimentaux standardisés, des équipements spécialisés et une base de données ADN unifiée, la technologie ADNe réduit fortement la dépendance à l’expérience humaine et limite les erreurs d’observation.
Déjà déployée dans plusieurs provinces, dont le Hubei et le Zhejiang, la technologie est également utilisée pour le suivi du plancton, des micro-
organismes des sols désertiques et même pour l’analyse des traces laissées par les oiseaux migrateurs. Une petite puce, mais un outil majeur pour constituer de véritables « archives génétiques » des écosystèmes.
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