| 2026-08-26 |
La science au service du développement partagé |
| par WANG HENG,SHI MIN, et ZHU BIN’ER · 2026-08-26 |
| Mots-clés: vulgarisation scientifique ; coopération sino-africaine |
La vulgarisation scientifique ouvre de nouvelles voies de coopération sino-africaine

Visiteurs testant des dispositifs de réalité virtuelle à l’Espace scientifique L.I.S.T.E.N. à Gauteng, en Afrique du Sud, le 21 novembre 2025. (DÉPARTEMENT DE L'ÉDUCATION DE GAUTENG)
Ces dernières années, la coopération en matière de vulgarisation scientifique s’est étendue de l’enseignement des sciences fondamentales à la sécurité alimentaire et à l’agriculture, à la santé publique, à la protection de l’environnement et du climat, aux énergies vertes et aux échanges humains. Elle est devenue un levier important pour la modernisation, la promotion de l’inspiration mutuelle entre les civilisations, le renforcement de l’amitié et l’amélioration de la culture scientifique.
L’ouverture au public, l’an dernier, de l’Espace scientifique L.I.S.T.E.N., créé conjointement par le Musée des sciences et des technologies de Chine et le Sci-Bono Discovery Centre en Afrique du Sud, a constitué une avancée majeure dans ce domaine.
L’année 2026 marque le 70e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et les pays africains, ainsi que l’Année sino-africaine des échanges humains et culturels. La coopération technico-scientifique étant un volet essentiel de ces échanges, la vulgarisation scientifique représente un canal efficace pour rendre celle-ci plus accessible au grand public.

Photo de groupe des participants à l'événement « Conversation avec les taïkonautes » à Djibouti, le 6 septembre 2022. (AMBASSADE DE CHINE À DJIBOUTI)
Coopération dans divers domaines
La santé publique est l’un des domaines de coopération les plus anciens et les plus axés sur les populations. En 1963, la Chine a envoyé sa première équipe médicale en Algérie, amorçant ainsi des décennies d’assistance médicale et d’éducation sanitaire à travers l’Afrique. Au-delà des services de première ligne, la Chine a mis en place des partenariats entre 45 hôpitaux chinois et leurs homologues dans 40 pays africains, apportant son expertise médicale et contribuant au renforcement des systèmes de santé locaux.
Aujourd’hui, diverses initiatives aident les communautés à acquérir des connaissances essentielles en matière de santé et à améliorer leur bien-être, tout en renforçant les compétences professionnelles et les capacités de service des agents de santé sur le continent.
L’agriculture est également un pilier de la coopération sino-africaine. En 1961, des experts agricoles chinois se sont rendus au Mali, où ils ont introduit et cultivé avec succès le thé et la canne à sucre, jetant ainsi les bases de décennies de coopération agricole.
Depuis lors, cette collaboration est devenue un élément essentiel de la sécurité alimentaire et du développement durable de l’Afrique. Le riz hybride mis au point par l’équipe de l’agronome chinois Yuan Longping a ensuite été introduit dans des pays comme Madagascar, où sa diffusion a permis d’accroître considérablement les rendements tout en favorisant le partage des connaissances en matière de sélection variétale moderne et de gestion efficace des cultures.
Par la suite, la coopération s’est élargie grâce à la mise en place de dispositifs institutionnels. La Chine a ainsi établi des partenariats avec 23 pays africains et organisations régionales et signé 72 accords de coopération. En 2026, des activités telles que les échanges sur les technologies appliquées à l’agriculture tropicale favorisent la transmission de connaissances techniques aux communautés locales grâce à des cours théoriques et des formations pratiques, renforçant ainsi leurs capacités en matière de développement agricole durable.
Les technologies spatiales constituent un autre domaine émergent de la coopération sino-africaine en matière de vulgarisation scientifique. La Chine a lancé des satellites de communication et de télédétection pour des pays comme le Nigeria, l’Algérie et l’Éthiopie, et signé des protocoles d’accord sur les applications des données satellitaires avec 13 pays africains et organisations régionales.
Forte de ces efforts, la Chine a formé des ingénieurs africains au suivi, au contrôle et à l’analyse des données satellitaires. Des ingénieurs aérospatiaux éthiopiens, par exemple, ont été formés en Chine et ont participé à la conception et au développement du premier microsatellite éthiopien, ETRSS-1. Ce projet a marqué une étape décisive dans la coopération spatiale sino-africaine, contribuant à susciter un plus grand intérêt pour les sciences et technologies spatiales chez les jeunes Africains.

Yang Huade, chef d’une équipe d’experts agricoles chinois, s’entretient avec un agriculteur dans une rizière à Gihanga, au Burundi, le 20 juin 2023. (XINHUA)
Repousser les limites
Face à la diversification des besoins de coopération, la vulgarisation scientifique sino-africaine a évolué, dépassant le simple partage de connaissances et l’assistance technique pour adopter un modèle plus multidimensionnel. Ce modèle inclut l’accueil de professionnels africains en Chine pour des formations approfondies, le transfert de technologies et d’expertise en Afrique pour des démonstrations pratiques, et l’utilisation de plateformes numériques permettant des rencontres virtuelles et le partage de connaissances et d’expériences. Ces approches ont permis de surmonter les contraintes traditionnelles liées au temps et à la distance, faisant de la vulgarisation scientifique non plus une démarche de diffusion unilatérale, mais un processus d’inspiration mutuelle.
Lors d’une table ronde consacrée aux sciences, aux technologies, à l’innovation et à l’éducation au service de la vulgarisation scientifique dans les pays en développement, organisée à l’Université normale du Zhejiang, des représentants du Kenya, de Maurice et d’autres pays ont échangé avec leurs homologues chinois sur les besoins nationaux en matière de vulgarisation scientifique et de développement des groupes de réflexion, explorant ainsi de nouvelles pistes de coopération internationale. Le gouvernement chinois octroie également des bourses à des étudiants africains afin qu’ils poursuivent des études de master et de doctorat en sciences et ingénierie en Chine, leur permettant de s’engager dans la recherche de pointe et de passer du statut de bénéficiaires de connaissances à celui d’acteurs de l’exploration scientifique.
Le partage de connaissances passe principalement par des manifestations culturelles et l’éducation scientifique, comme la traduction en swahili de l’ouvrage scientifique chinois One Hundred Thousand Whys et l’organisation d’expositions itinérantes sur les sciences et les techniques de la Chine ancienne. Aujourd’hui, ces échanges mettent de plus en plus l’accent sur le dialogue entre les civilisations. Les grandes initiatives d’échanges humains sont devenues des plateformes essentielles de coopération, créant des canaux durables pour le développement de l’amitié sino-africaine grâce aux échanges culturels et scientifiques.
Le développement rapide des technologies numériques a permis de relier plus efficacement la Chine et l’Afrique et de partager les connaissances scientifiques. Depuis la pandémie de COVID-19, les rencontres en ligne ont notamment facilité les échanges entre les communautés scientifiques et médicales. Grâce à leur forte interactivité, les plateformes numériques permettent une vulgarisation scientifique sino-africaine plus fréquente, plus approfondie et plus large.
En définitive, la vulgarisation scientifique sino-africaine reflète un dialogue entre les civilisations et constitue un pont entre les peuples, concrétisant la vision d’une communauté d’avenir partagé pour l’humanité.
Alors que l’année 2026 offre une nouvelle opportunité d’approfondir les échanges entre les peuples, le renforcement de la coopération en matière de vulgarisation scientifique permet de traduire concrètement l’esprit de l’Année sino-africaine des échanges humains et culturels. En favorisant un modèle de coopération plus équitable, inclusif et durable, cette démarche contribue à consolider les fondements humains d’une communauté d’avenir partagé Chine-Afrique et à promouvoir un développement stable et pérenne de leur coopération.
WANG HENG, directrice adjointe et directrice de thèse ; SHI MIN, doctorante ; ZHU BIN’ER, étudiante en master, Institut d’études africaines, Université normale du Zhejiang