Les programmes scolaires d'Afrique du Sud vont inclure la langue chinoise comme matière optionnelle dans certaines écoles à partir de janvier 2016. En mars 2014, le ministre chinois de l'Éducation et le département d'Éducation élémentaire (DEE) d'Afrique du Sud ont signé un plan pour mettre en place cette mesure, afin de renforcer les liens éducatifs à un niveau institutionnel et politique. L'introduction du chinois à l'école fait partie de ces liens. CHINAFRIQUE a demandé au porte-parole du DEE, Troy Martens, en quoi consistera cette matière optionnelle et quelles étaient les objections faites par l'Union démocratique des Professeurs d'Afrique du Sud (UDPAS).
CHINAFRIQUE : En quoi consistent ces cours de chinois optionnels ?
Troy Martens : Les écoles qui souhaitent proposer des cours de chinois pourront le faire à partir de janvier 2016. Ces écoles doivent indiquer au DEE qu'elles veulent faire partie de ce programme et qu'elles ont la capacité de le faire. Les cours seront proposés aux élèves qui souhaitent apprendre une troisième langue optionnelle. Ce sera proposé aux élèves de niveaux 4 à 12.
Comment allez-vous recruter des professeurs pour un programme d'une telle ampleur ?
Le gouvernement chinois a accepté d'envoyer 100 professeurs chinois volontaires chaque année en Afrique du Sud pour enseigner la langue, pendant les cinq prochaines années. En outre, un conseiller linguistique spécialisé sera basé au DEE pour superviser le projet. 100 professeurs sud-africains seront également formés à l'enseignement du chinois chaque année pendant les cinq prochaines années.
Pourquoi est-ce important pour les élèves sud-africains d'apprendre le chinois ?
C'est une manière parmi d'autres d'aider les étudiants à réussir sur la scène économique internationale. La Chine devient l'un des plus importants partenaires commerciaux de l'Afrique du Sud. Les jeunes qui parlent couramment le chinois auront plus d'opportunités et pourront renforcer les liens culturels et économiques entre les deux pays.
Des aspects de la culture chinoise seront-ils inclus dans les programmes linguistiques ?
L'accord bilatéral sur l'éducation entre les deux pays « encourage l'étude de la langue, de la littérature, de la culture et de l'histoire de la République populaire de Chine en Afrique du Sud et de l'Afrique du Sud en République populaire de Chine ». Cela sera réalisé, entre autres, à travers la promotion de classes Confucius et le jumelage d'écoles sud-africaines et chinoises.
Comment l'apprentissage du chinois sera-t-il intégré dans le plan plus général de collaboration éducative dans d'autres domaines où la Chine est traditionnellement forte, comme les mathématiques et les sciences ?
Le gouvernement chinois nous aidera en réalisant des manuels de chinois adaptés aux programmes sud-africains. Il aidera également le DEE en réalisant des manuels de sciences humaines pour enseigner l'histoire chinoise dans les niveaux scolaires 10 et 11. La Chine prévoit de construire trois nouveaux Instituts Confucius et 20 classes Confucius dans les écoles primaires et secondaires en Afrique du Sud dans les cinq prochaines années. Le DEE coopérera avec l'Institut national Chinois des Sciences de l'Éducation, et un groupe d'experts chinois se joindra aux experts sud-africains et aux officiels du DEE pour un séminaire sur les mathématiques, les sciences et la technologie. L'un des projets les plus excitants est le Centre de découverte Sci-Bono dans la province de Gauteng, qui a été sélectionné pour la construction d'un planétarium par le China Educational Instrument & Equipment Corp.
Récemment, l'UDPAS a appelé au rejet de l'initiative d'enseignement du chinois, affirmant qu'il s'agissait d'une « colonisation par le langage ». Quelle est la réponse du DEE à cette polémique ?
Cet appel de l'UDPAS est malencontreux et nous croyons qu'il s'agit d'un malentendu. Nous continuerons à les consulter pour clarifier la situation. Nous devons expliquer que [l'introduction de l'apprentissage optionnel du chinois] ne va pas interférer avec les programmes de langues africaines, ce qui semble être la principale préoccupation de l'UDPAS. Il doit être clair que le chinois sera proposé uniquement comme une matière optionnelle et une troisième langue. Les deux langues obligatoires seront toujours les deux langues officielles d'Afrique du Sud et l'introduction par étapes des langues africaines dans les écoles qui pour l'instant n'en proposent pas ne sera pas affectée par l'introduction du chinois. De nombreuses langues sont actuellement proposées de manière optionnelle, de la même façon que le chinois, notamment l'allemand, le français, l'espagnol, le tamoul, l'urdu, le portugais, l'arabe et l'hébreu. L'UDPAS ne s'est jamais inquiétée de ces langues, aussi nous pensons que leur inquiétude quant au programme actuel est basée sur un malentendu. |