Nous n’avons pas d’autre choix que l’effort, le labeur
et le don de soi

À l’occasion du 53e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, la Tunisie a organisé le 10 décembre dernier un meeting de célébration au cours duquel le président Zine El Abidine BEN ALI a prononcé une allocution. En voici les extraits:

Nous célébrons, comme à l’accoutumée, l’anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, en témoignage de notre foi en ses nobles valeurs, de notre attachement à consacrer ses contenus et à les promouvoir dans le texte comme dans la pratique, et en hommage à tous ceux qui œuvrent avec loyauté et dévouement pour que ces droits couvrent l’ensemble des individus, des catégories et des régions.

L’espace médiatique mondialisé, un espace nouveau du savoir et de la technologie, a envahi, aujourd’hui, tous les secteurs de l’existence, franchissant les obstacles, écourtant les distances et le temps, et suscitant, désormais, de nombreux défis, éducatifs, sociaux, culturels, scientifiques et technologiques, grâce aux instruments et technologies de pointe dont il bénéficie, ainsi qu’à la rapidité de transmission et d’impact qui le distingue. C’est ce qui nous commande d’œuvrer à exploiter au mieux les aspects positifs de ce progrès, afin d’enraciner les hautes valeurs dans les esprits et de les propager.

Nous avions déjà souligné que le suivi des mutations rapides au niveau des communications ainsi que les mutations scientifiques et technologiques qui se produisent de nos jours, dans les différents domaines, ainsi que leur analyse approfondie, l’exploration de leurs perspectives et l’exploitation de leurs résultats, représentent une responsabilité collective pour tous les États. Les changements que ces mutations ont engendré tant au niveau des individus que des sociétés, au niveau de la réflexion comme à celui du comportement, ainsi que les horizons prometteurs qu’ils ont ouverts aux échanges d’informations, à la connaissance, aux sciences et aux cultures, commandent, aujourd’hui, à la communauté mondiale de se resserrer davantage et de faire preuve d’un maximum d’entente et de coopération, de manière à contribuer à la préservation de la dignité de l’homme, au respect de ses droits, à la garantie de sa sécurité et à la réalisation de son bien-être, partout dans le monde.

Il est, également, du devoir de la communauté mondiale de remédier sans retard aux manifestations de déséquilibre qui prévalent aujourd’hui dans le monde, aux plans du développement et du progrès scientifique et technologique, afin que ne se creuse pas davantage le fossé entre les peuples, et que l’humanité tout entière puisse bénéficier des fruits du savoir et du progrès.

Les droits de l’homme forment un tout indivisible, sans ordre de préférence pour l’une quelconque de se composantes et sans aucune préséance pour l’un de ces droits au détriment des autres. Voilà pourquoi l’homme a été et reste l’objet de nos préoccupations et la cible de nos réformes, tant il est vrai que nous n’avons cessé d’œuvrer depuis le Changement à préserver ses droits, à les protéger et à les enrichir en permanence, dans tous les domaines.

Nos avons veillé à élever les droits de l’homme au niveau des ambitions de notre peuple. Récemment encore, nous avons annoncé, à l’occasion du quatorzième anniversaire du Changement, que nous avions l’intention de présenter un projet de réforme constitutionnelle fondamentale ayant pour fin d’accorder aux droits de l’homme et aux libertés, une place privilégiée dans le texte de la constitution, d’élargir le champ de protection de la vie privée de l’individu, de consacrer l’inviolabilité des communications et le caractère confidentiel des données personnelles, d’instaurer les formules propres à favoriser le renforcement du pluralisme, de consolider la neutralité et l’indépendance des membres du Conseil constitutionnel, et de garantir la prise en charge par cette instance des opérations électorales, présidentielles et législatives, dans toutes leurs étapes.

La solidarité étant une base essentielle du système des droits de l’homme, dans ses dimensions globales en même temps qu’une donnée centrale de notre projet de civilisation, nous nous sommes toujours attachés à la revitaliser et à en asseoir la culture au sein de toutes les composantes de la société. Nous avons, en outre, annoncé, lors du quatorzième anniversaire du Changement, notre volonté de consacrer, dans le projet de réforme constitutionnelle, le rôle de l’État et de la société dans la diffusion des valeurs de solidarité et de tolérance.

L’espace médiatique mondialisé place les peuples et leurs cultures devant des défis majeurs, dont l’un des plus urgents consiste à réaliser le binôme de la préservation de l’identité et de l’adhésion aux valeurs et principes universels et, en premier lieu, les droits de l’homme. La réussite en cela dépend, sans nul doute, non seulement de la maîtrise des technologies de la communication, et la production des contenus qui leur sont appropriés, mais aussi et surtout de la consolidation des points forts dans notre propre culture, et de la  promotion de ce qu’elle a d’universel, ainsi que de son aptitude à faire parvenir son message de civilisation au reste du monde, afin qu’elle ne se dissolve pas dans les courants de la mondialisation, et ne reste pas comme une île isolée dans un océan perturbé, abandonnée par les siens, et délaissée par les marins.

Tel est le défi de l’existence en cette époque qui est la nôtre; un défi qui implique, pour les intellectuels, un rôle nouveau, et qui éveille leurs consciences et aiguise leurs volontés, pour gagner le pari de la mondialisation et pour en remporter les batailles, qui ne laisseront que les plus aptes. Nous comptons sur la consultation nationale qui est actuellement en cours et dont nous avions ordonné l’organisation en vue d’identifier les contours de la culture de la Tunisie de demain, telle que la conçoivent ses intellectuels, pour examiner ces filières nouvelles, afin d’en emprunter les plus saines, pour reprendre l’expression de l’illustre réformateur Khéreddine. Car, nous n’avons pas d’autre choix que l’effort, le labeur et le don de soi, pour la Tunisie, pour que notre pays reste à jamais, comme il l’a été tout au long de son glorieux passé, un bastion majestueux, lumineux et invulnérable.