Relier le Nord et le Sud
GE RUIMING
Seule lélimination de la distribution inégale des ressources et de la richesse entre les pays développés et non développés pourra permettre le développement soutenu mondial.
Bien quils nenglobent que le cinquième de
la population mondiale, les pays développés possèdent 60 % des richesses
du monde, et leur consommation atteint 85 % de celle du globe. Ils consomment
près de 60 % de lénergie, et leur revenu moyen par personne est 200
fois plus élevé que dans les pays en développement. Un tel gouffre entre els
riches et les pauvres, selon la division nord-sud, est la cause première de
la lente croissante du développement soutenu dans le monde.
Cela étant, les médias exprimaient un point de vue négatif sur le Sommet mondial sur le développement soutenu 2002 qui sest déroulé du 26 août au 4 septembre à Johannesburg, en Afrique du Sud, et qui visait lamélioration du niveau de vie et la conservation des ressources naturelles. À la surprise générale, le Sommet sest terminé par un succès.
Dans les deux premières journées, on a atteint un accord sur la conservation des ressources de la pêche, léducation en Afrique et linégalité des sexes. Le jour de la clôture, le Sommet a adopté la Déclaration de Johannesburg sur le développement soutenu et le Projet dapplication, donnant le coup denvoi à un programme de protection de lenvironnement tout en développant léconomie de façon concrète.
Durant de Sommet, lEurope subissait de sérieuses inondations. Les Européens en appelaient à leurs gouvernements pour raffermir leurs mesures de protection environnementales. Ainsi pressés, les dirigeants européens ont participé à la rencontre avec une attitude positive, favorisant le succès.
Vu labsence du président Bush, la présence des États-Unis à la réunion était minimisée. De plus, sans lappui des États-Unis, lopposition du Japon à la hausse de laide au développement sest trouvée affaiblie.
Les
pays développés sont plus responsables des problèmes de consommation dénergie,
de pollution environnementale, de dommages à lécosystème et de désertification,
bien que ce soit le devoir partagé par toute lhumanité de protéger la
terre et de maintenir le développement continu. Plusieurs pays en développement
soutiennent ce principe tandis que les pays développés en doutent. Bush a refusé
de participer au Sommet de Johannesburg pour sauvegarder les intérêts des États-Unis
et des grandes entreprises. En septembre 2001, il avait aussi refusé dassister
à la Conférence mondiale contre le racisme à Durban. Se prétendant le leader
du monde et le champion de la mondialisation, le pays le plus développé du monde
est resté à lécart de ces problèmes mondiaux.
Les pays développés abusent encore des ressources naturelles étant donné leurs modes de production et de consommation inchangés. Dans le système commercial international actuel, pour protéger leur environnement, les pays développés déplacent leurs industries polluantes dans les pays en développement. La solution des différences et contradictions entre le Nord et le Sud repose donc dans lattitude du monde développé
Le Nord et le Sud se doivent de construire un nouveau partenariat basé sur le respect mutuel, légalité et les avantages mutuels pour réaliser la coexistence et le développement commun. Dans la coopération Sud-Nord, laide du riche envers le pauvre est cruciale. À la Conférence des Nations unies sur lenvironnement et le développement tenue à Rio de Janeiro, au Brésil, en 1992, les pays développés ont promis de fournir aux pays en développement une aide officielle au développement (AOD) équivalant à 0,7 % de leur PNB chaque année. Toutefois, durant les dix dernières années, ces pays non seulement nont pas rempli leurs engagements, mais ils ont coupé leur AOD de 69 milliards de USD à moins de 50 millions. À présent, lAOD des pays développés représente seulement 0,22 % de leur PNB moyen.
À
ce sommet mondial, plusieurs pays développés hésitaient à promettre de laide
aux pays pauvres. Le Japon sest montré peu intéressé sous prétexte de
difficultés fiscales. Les États-Unis ont associé de nouvelles conditions politiques
à leur AOD. Même lUnion européenne, pourtant enthousiaste face à la réunion,
a fourni seulement 0,33 % de son PNB annuel en AOD au cours de la dernière
décennie. Même si les États-Unis remplissent leur promesse de 22 milliards de
dollars daide supplémentaire dans les cinq années à venir, la proportion
de lAOD natteindra que 0,39 %. Dans ce sens, il reste un long
chemin à parcourir pour atteindre la cible de 0,7 % des Nations unies.
De plus, la coopération scientifique et technologique en matière de protection de lenvironnement entre les riches et les pauvres nest pas facile à réaliser. Les hauts coûts de la recherche et des brevets empêchent les pays en développement dintroduire de la technologie de pointe. La communauté internationale, surtout les pays riches, doit changer son point de vue et résoudre les contradictions entre la protection des droits de propriété intellectuelle et la vulgarisation de la technologie. Des conditions favorables doivent être accordées aux pays en développement en ce qui concerne lusage de la technologie « propre » des pays développés.
Ce devrait être le but commun de la communauté internationale détablir une nouvelle politique et un nouveau système commercial basés sur la justice et la raison, et déradiquer les contradictions entre la protection environnementale, le commerce et la politique.
Le Sommet a réitéré le principe de prévention,
cest-à-dire quil faut accorder priorité à la protection de lenvironnement
dans les échanges commerciaux internationaux. Les pays développés, enfreignant
lesprit commercial libre de lOMC, ont établi des barrières entre
les critères discordants de lenvironnement et de la technologie afin de
réaliser la balance des paiements. La communauté internationale devrait presser
les pays développés de lever ces barrières commerciales irrationnelles et douvrir
complètement leur marché aux pays en développement. Les prix des produits non
finis doivent être haussés de sorte que les pays en développement
puissent
bénéficier de la répartition internationale du travail de même que de la coopération.
Il faut aider les pays en développement à participer à la coopération internationale
et à la compétition et à choisir les voies convenables à leur développement
économique et leur protection environnementale selon leur situation propre.
La Banque mondiale et dautres organisations non gouvernementales ont demandé aux pays développés de diminuer leurs subventions agricoles. Chaque année, les pays développés dépensent 340 milliards de USD pour aider leurs fermiers, six fois le montant annuel de lAOD aux pays en développement. Si les pays développés cessent leurs subventions agricoles (aussi élevées que un milliard de dollars par jour), les pays en développement pourront exporter davantage et gagner plus de devises étrangères, ce qui serait une façon efficace de sattaquer à la faim et à la pauvreté.
Éliminer lhégémonie et établir un nouvel ordre international égal et démocratique aidera à stimuler le développement soutenu. Au Sommet, la Chine, le Japon, le Canada et dautres pays ont approuvé le Protocole de Tokyo visant à diminuer leffet de serre des émanations gazeuses de façon à maîtriser le réchauffement du globe. À cause dun manque de mécanisme international efficace, les États-Unis, deuxième plus grand producteur de dioxyde de carbone du monde, se sont fortement opposés au protocole et ont refusé de le signer. Bien que la Russie ait ratifié le protocole et soit en attente de lapprobation de son gouvernement, le protocole sera probablement laissé sur la tablette à la suite des pressions exercées sur elle par les États-Unis.