Réflexion sur les attaques terroristes du 11 septembre

XIAO DING

Le 11 septembre 2001 restera pour toujours dans la mémoire des Étatsuniens. Les attaques les plus dévastatrices de l'histoire se sont produites à New York et à Washington.

La Sécurité nationale est les organismes de défense ainsi que la population des États-Unis se sont mobilisés pour faire face à l'horreur. Cette réaction s'est étendue au reste du monde, car le terrorisme produit un impact non seulement dans le pays où il se produit mais sur les autres également, surtout dans les domaines politique, économique et militaire.

Les attaques terroristes du 11 septembre ont donc soulevé l'attention du monde entier et stimulé la réflexion, car cette tragédie aura des répercussions durables sur les politiques d'après-guerre froide.

La situation géographique des États-Unis les a toujours protégés du danger des guerres, mais les récentes attaques dans ses deux plus grandes villes ont causé des pertes graves au pays – financières, politiques, émotives, tout en soulevant un vigoureux sens de vulnérabilité et d'insécurité dans le peuple.

Les principaux médias étatsuniens sont d'accord pour dire que la tragédie du 11 septembre signifie autant pour la génération actuelle que l'incident de Pearl Harbour en 1941 et l'assassinat de Jonh F. Kennedy en 1963 pour les générations antérieures. Ce cauchemar à l'heure moderne de la civilisation laissera une trace profonde sur les États-Unis en particulier et sur le monde en général.

La tragédie nous ouvre les yeux, et indique un plus grand besoin de vigilance contre le terrorisme de la part des États-Unis, de même qu'une plus grande collaboration avec les autres pays pour le combattre. Comme le terrorisme concerne le monde entier, cela vaut pour tous les pays.

Le gouvernement des États-Unis adoptera sans doute des mesures plus strictes pour prévenir la répétition de tels actes en durcissant ses mécanismes administratifs, légaux et de sécurité, mesures qui pourraient affecter dans une certaine mesure leur politique étrangère en invoquant le principe « les droits humains sont supérieurs à la souveraineté ». Les États-Unis pourraient avoir à sacrifier un peu de liberté pour leur sécurité.

En 1993, le spécialiste de sciences politiques de Harvard, Samuel Huntington, avança que le monde n'avait pas inévitablement embrassé les valeurs occidentales comme les pays de l'Ouest s'y attendaient après avoir remporté la guerre froide. Au contraire, le monde a été régulièrement impliqué dans les conflits de diverses cultures. La théorie de Huntington sur les conflits culturels a servi de pierre angulaire à la politique pratiquée par les États-Unis dans leurs discussions avec des puissances non-occidentales ces dernières années.

Gardant à l'esprit leurs avantages économiques et militaires, les États-Unis se sont faits  les champions de la culture et des valeurs occidentales. Plusieurs politiciens des États-Unis conservent toujours une mentalité de guerre froide quand ils traitent avec certains pays non-occidentaux.

L'invasion culturelle basée sur la politique du plus fort a intensifié les conflits entre les divers groupes culturels, et nourri l'indignation et la haine de certaines nations. Le Wall Street Journal a souligné que l'Accord de Munich avait mené à la Seconde Guerre mondiale, et que la politique moyen-orientale des États-Unis avait apparemment motivé les attaques terroristes du 11 septembre.

L'attaque de Pearl Harbour le matin du 7 décembre 1941 était entre forces armées; l'ennemi était visible, et il y avait quelqu'un à blâmer. Le 11 septembre, d'autre part, il n'avait ni frontière ni ennemi visible. Ces attaques surprises sont encore plus difficiles à combattre que la guérilla dispersée et erratique au Vietnam entre 1964 et 1973 dans laquelle les Étatsuniens se sont embourbés.

Quant aux représailles suivant la récente violence, les États-Unis ont déjà déclaré la guerre, une guerre non conventionnelle, aux terroristes qui ont organisé cette attaque désastreuse. Le président des États-Unis George W. Bush a admis, lors de sa réunion d'urgence du 14 septembre avec ses conseillers, de reposer sur l'action militaire, que son pays est confronté à une guerre actuelle sans champ de bataille et contre des ennemis anonymes et sans visage. Le secrétaire d'État étatsunien Colin Powell a aussi mentionné la nature différente de la guerre au XXIe siècle, dans laquelle des forces irrégulières peuvent être requises pour exterminer lentement mais sûrement le terrorisme. Bien que le terrorisme ne puisse être vaincu du jour au lendemain, la lutte vaut l'effort.

Depuis l'entrée de Bush en fonction, son gouvernement n'a épargné aucun effort pour promouvoir le système national de missiles antibalistiques (NMD), un concept de défense qui reflète typiquement l'esprit étatsunien depuis la défaite des États-Unis au Vietnam, et qui veut qu'aucune vie étatsunienne ne soit sacrifiée en quelque circonstance que ce soit. Le but du NMD est de tenir la guerre hors du territoire des États-Unis, afin de protéger les citoyens de ce pays des blessures. Toutefois, ce bouclier antimissile est insuffisant pour protéger le pays contre les attaques terroristes de basse technologie.

Les États-Unis ont été sur leurs gardes contre des rivaux possibles depuis le démantèlement de l'URSS en 1990. Maintenant, ils ont clairement défini leurs adversaires: les terroristes. Sans égard à l'identité des ennemis, les États-Unis, à la suite des attaques, ont accru leur conscience du terrorisme en tant que plus grande menace de leur sécurité, qui les encourage à placer la lutte contre le terrorisme en tête de leurs priorités.

La coopération efficace des pays du monde est la meilleure réponse aux activités terroristes récentes, et la meilleure façon d'éliminer le terrorisme en général. Prenant la tête de cette coalition mondiale, les États-Unis n'en demeurent pas moins la principale victime des attaques du 11 septembre.

La coopération internationale non seulement résoudra le problème du terrorisme mais relâchera également la tension entre les États-Unis et les pays non-occidentaux, favorisant ainsi une meilleure compréhension entre les États-Unis et les autres nations et améliorant les relations internationales en général.

Les relations sino-étatsuniennes se remettent lentement du choc qui a suivi la collision d'avions en mai. Les deux pays ont beaucoup d'inquiétudes communes, en fait, y compris la sécurité régionale et mondiale. La Chine s'oppose à toute forme de violence, incluant le terrorisme. Dans son récent appel téléphonique à Bush, le président Jiang Zemin a exprimé le désir de la Chine de collaborer avec la communauté internationale pour vaincre le terrorisme et sauvegarder la paix mondiale.

Surtout, l'avenir des États-Unis est moins lugubre qu'on pourrait le penser. Bien que le pays aient subi des pertes terribles lors des dernières attaques de New York et Washington surnommées « le mardi noir », les fondements des États-Unis n'ont pas été ébranlés et le pays sera bientôt remis. La tragédie du 11 septembre est en réalité une occasion pour les Étatsuniens de présenter un front uni. De plus, le pays pourrait modifier ses techniques de diplomatie internationale, ce qui serait un signe de force plutôt que de faiblesse.