POLITIQUE
LAfrique du Sud sengage pour la paix et la stabilité en Afrique
ZHONG FEI
LAfrique du Sud a intensifié ses efforts pour maintenir paix et stabilité en Afrique depuis la chute du régime de lapartheid et la mise en place dun régime démocratique en 1994.
Ces deux dernières années particulièrement, le pays a fait tout son possible pour prévenir les conflits régionaux et faciliter la paix dans des pays en guerre tels que le Burundi et la République démocratique du Congo (RDC).
Les sept années de conflits ethniques au Burundi ont fait plus de 200 000 morts et déplacé 300 000 personnes. La guerre civile en RDC, qui dure depuis deux ans, est devenue une guerre régionale, impliquant dune part lAngola, la Namibie et le Zimbabwe, qui soutiennent le gouvernement du président Laurent Desire Kabila, et dautre part lOuganda et le Rwanda, qui combattent le gouvernement de M. Kabila en appuyant divers groupes rebelles.
Suite au décès de lancien président tanzanien Julius Nyerere, lancien président sud-africain Nelson Mandela a pris, fin 1999, la relève de ses fonctions de médiateur en chef pour le conflit civil ethnique au Burundi.
Sinspirant de son expérience dans la réconciliation raciale en Afrique du Sud, M. Mandela est parvenu à persuader les 19 parties belligérantes au Burundi de signer un accord de paix en août et septembre derniers, jetant une base solide pour la poursuite des négociations sur la reconstruction du Burundi.
M. Mandela a expliqué, lors dune récente conférence de presse tenue à sa résidence à Johannesburg, quil a accepté la mission de médiateur du fait quil considère que mettre fin aux conflits régionaux de lAfrique constitue une priorité de la politique étrangère sud-africaine et une pierre angulaire pour la renaissance africaine au XXIe siècle.
Pour la guerre civile en RDC, qui a éclaté en août 1999, le gouvernement sud-africain a activement servi de coordinateur entre lONU et lOrganisation de lunité africaine (OUA) pour résoudre le conflit.
À la requête du secrétaire général de lONU Kofi Annan, lAssemblée nationale sud-africaine a récemment adopté une loi prévoyant lenvoi de 160 soldats sud-africains à la mission de maintien de la paix de lONU en RDC.
Les troupes sud-africaines de maintien de la paix, qui comprennent un quartier général du contingent, une équipe expéditionnaire de lair, une équipe de secours aérienne, une équipe de chargement, une équipe logistique et une équipe médicale durgence, seront déployées à Kinshasa, capitale de la RDC, avec les Casques bleus de lONU, dès que lONU terminera son évaluation de la situation présente en RDC.
Commentant la décision denvoyer des troupes en RDC, le président sud-africain Thabo Mbeki a déclaré: « La RDC est un pays africain important sur le plan stratégique. Elle possède des frontières communes avec neuf pays africains. Dès lors, il est clair que la paix et le développement en RDC auront un impact positif sur une grande partie de notre continent. »
Le président Mbeki a souligné que lAfrique du Sud a la responsabilité et lobligation de faire avancer la mise en application de laccord de paix de Lusaka, signé en juillet et en août 1999 dans la capitale zambienne Lusaka par lensemble des parties impliquées dans le conflit, à savoir le gouvernement de la RDC et ses alliés: la Namibie, le Zimbabwe et lAngola, et les rebelles congolais et leurs supporteurs: le Rwanda et lOuganda.
Pour mettre fin à la guerre civile en Angola, qui dure depuis lindépendance du pays en 1975 et a coûté la vie à plus dun million de personnes, le gouvernement sud-africain a conjugué ses efforts à ceux de lONU pour endiguer le commerce illégal de diamants mené par lUnion nationale pour lindépendance totale de lAngola (UNITA, rebelle).
Selon des informations, lUNITA a, depuis 1992, gagne trois à quatre milliards de dollars avec le commerce illégal de diamants pour soutenir financièrement sa confrontation armée avec le gouvernement angolais. Par conséquent, les transactions illégales de diamants par lUNITA ont joué un rôle-clef dans la durée (25 ans) de la guerre dans le pays.
Le vice-ministre sud-africain de la Défense Nozizwe Madiala-Routlege a souligné que son gouvernement est déterminé à mettre fin à ce commerce de diamants taché de sang et que tout homme daffaires sud-africain violant les sanctions de lONU contre lUNITA sera poursuivi en justice et mis en prison.
LAngola est lun des 14 pays membres de la Communauté de développement de lAfrique australe. La guerre civile dans ce pays exercera donc une influence déterminante sur le développement économique du groupement régional dans son ensemble. M. Madiala-Routlege a déclaré que le gouvernement sud-africain continuera à faire des efforts pour mettre fin le plus tôt possible au conflit.
Somme toute, lAfrique du Sud, lune des puissances économiques de lAfrique, joue un rôle de plus en plus important dans les affaires africaines, et son gouvernement a, maintes reprises, exprimé sa volonté de contribuer davantage au maintien de la paix et de la stabilité dans la région.