Le dialogue Russie-UE renforcé

Ren Min

Le septième sommet Russie-Union européenne s’est déroulé le 17 mai à Moscou, sur les relations entre les deux parties, la sécurité en Europe et la situation au Moyen-Orient, et une déclaration conjointe a été signée.

Le président de Russie Vladimir Poutine et le premier ministre de Suède Goran Persson, actuellement président par rotation de l’UE, ainsi que le président de la Commission de l’Union européenne Romano Prodi, et Javier Solana, le haut représentant de la politique étrangère et de la sécurité de l’UE ont participé au dialogue. Dans leur déclaration conjointe, les deux parties entendent se vouer au « développement d’un dialogue plus intime et à la coopération sur les questions politiques et les problèmes de sécurité en Europe ».

Prodi a insisté sur le besoin d’un espace économique unifié, surtout au moment où l’économie russe devient de plus en plus liée à celle des pays de l’UE.

Qualifiant le sommet de « constructif, pratique et fructueux », Poutine a dit que la Russie était tout à fait prête à bâtir un marché unifié avec l’UE et a accepté la proposition de Prodi à ce sujet.

Selon les observateurs, la Russie et l’UE sont mutuellement dépendants en termes de sécurité internationale et régionale et de coopération économique. Toutefois, ce sommet d’exploration des intérêts politiques et économiques dans le but d’étendre plus tard la marge de manœuvre au niveau international était à la fois attendu et réussi.

Depuis que Poutine est au pouvoir, il a travaillé à promouvoir l’équilibre Est-Ouest dans la politique étrangère et n’a pas épargné ses efforts pour rajeunir le statut de superpuissance de la  Russie dans la communauté internationale. Cependant, l’administration Bush des États-Unis a imposé de grandes difficultés à la Russie. Il n’y a pas si longtemps, les États-Unis ont pressé la Commission des droits de l’homme des Nations unies de passer une résolution condamnant la Russie dans ce domaine lors des événements de Tchétchenie. Dans sa sphère d’intérêts traditionnelle comme l’Asie centrale et les Balkans, la stratégie russe a été sérieusement mise au défi. Sur les questions de sécurité régionale et de stabilité, comme au Moyen-Orient, la Russie a toujours été épaulée par les États-Unis. Considérant tous ces développements, la Russie a ajusté ses tactiques envers les États-Unis tout en essayant de s’assurer l’appui de l’UE et d’autres pays pour sauvegarder le plus possible ses intérêts stratégiques.

Pendant le sommet, les discussions sur l’affaire de Tchétchenie ont mené à la conclusion qu’une solution urgente est requise et qui respectera la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Fédération russe. Persson a annoncé que l’Organisation de la sécurité européenne enverra de nouveau ses observateurs en Tchétchenie pour faire enquête sur les droits humains.

Au sujet de la sécurité européenne, les deux parties ont conclu de resserrer le dialogue. Toutes deux favorisent le progrès de la situation coréenne et encouragent la communauté internationale à poursuivre le dialogue avec la RPDC. Quant au Moyen-Orient, la Russie et l’UE demandent à Israël et à la Palestine de prendre des mesures efficaces pour faire cesser les conflits sanglants sur la base des accords existants et indiquent qu’ils joindront leurs efforts pour trouver un règlement juste et satisfaisant afin de ramener la paix dans la région.

La macro-économie de la Russie prend du mieux. Le pays cherche évidemment des investissements, surtout de l’UE qui représente 40 % des importations russes et 38 % de ses exportations. La moitié des capitaux étrangers absorbés par la Russie viennent de l’Europe de l’Ouest. Aussi l’Europe appuie-t-elle l’entrée de la Russie dans l’OMC.  Les deux parties coopéreront dans le domaine de l’énergie pour augmenter la fiabilité de la Russie en approvisionnement en électricité. Pour ce, l’UE doit augmenter ses investissements.

Avec les changements dans la situation internationale, l’Europe se doit de coopérer avec la Russie sur des questions comme la sécurité européenne, l’élargissement de l’OTAN et le désarmement nucléaire.

Même si les deux parties parlent un même langage dans plus cas, Persson a dit en conférence de presse qu’il faut fonder la coopération sur les valeurs communes. Les différences se situent surtout autour de la question tchétchène et de la liberté de presse. Lors d’un sommet spécial à Stockholm en mars, Prodi a dit que la Russie doit être intégrée dans une société basée sur les valeurs de l’UE. L’UE espère que la Russie collaborera et engagera le dialogue avec elle non seulement sur les affaires internationales mais aussi internes. Si la Russie peut accepter, cela n’est pas très clair.