POLITIQUE

Avertissement du mouvement anti-mondialisation
YU ZHOU
Le
20 juillet, la veille du sommet G-8, 10 000 personnes ont manifesté et ont affronté
plus de 10 000 policiers à Gênes, en Italie. En fait, depuis la rencontre
de l'OMC à Seattle en 1999 jusqu'au Sommet économique mondial, au Sommet des
États américains et au Sommet de l'UE tenus respectivement à Zurick, Québec
et Gothenburg cette année, les protestations massives contre la mondialisation
sont venues vague après vague. Le phénomène politique attire l'attention du
monde entier. La composition des forces anti-mondialisation est très complexe
en ce qui concerne la compréhension de la mondialisation et les motifs d'opposition.
Certains pensent qu'il s'agit surtout de la mondialisation des compagnies. Ils
s'inquiètent de la pression sur l'emploi causée par l'investissement continuel
de leurs compagnies à la recherche de profit dans les pays où la main-d'uvre
est bon marché. D'autres critiquent la mondialisation qui amène l'enrichissement
des riches et l'appauvrissement des pauvres tandis que le gouvernement de ces
pays et les organisations internationales se subordonnent aux intérêts des entreprises
et aux forces du capital. D'autres encore sympathisent avec les pays en développement
pour la réalité de leur marginalisation dans le processus de mondialisation.
La mondialisation est inévitablement accompagnée d'antagonistes. Les forces
opposées croissent sans cesse, montrant qu'il existe de gros défauts dans le
processus actuel. Les gens paient cher la prospérité et le développement apportés
par la mondialisation.
Un de ces prix est l'inégalité et l'injustice universelles qui empirent. La mondialisation est, d'une certaine façon, la «marketisation» mondiale. Son objectif ultime est de voir tous les pays concurrencer dans un même marché. Toutefois, en tant que détenteurs principaux du capital et de la technologie de pointe, les pays développés ont toujours l'avantage en situation de compétition. Selon les statistiques de la Banque mondiale, le PIB des pays développés par rapport aux pays en développement était de 43 à 1 en 1983, puis s'est élargi à 62 à 1. Même à l'intérieur d'un même pays, il semble que la richesse aille toujours vers les groupes d'intérêts mineurs, creusant ainsi le fossé entre riches et pauvres et rendant plus évidente la division sociale. Les intérêts de travail autant dans les pays développés qu'en développement sont menacés à divers degrés.
Le second coût de la mondialisation consiste dans la normalisation d'une économie mondiale instable. Dans le processus de mondialisation, l'économie d'un pays dépend de celles des autres pays et les influence. Le degré d'interdépendance des pays dans le commerce extérieur a dépassé 30 %, parfois 50 ou 60 % même. Ainsi, la fluctuation économique intérieure d'un pays influence toujours un autre pays, et même le monde. Ces dernières années, en Asie de l'Est, en Europe de l'Est, au Moyen-Orient et en Amérique latine, les crises financières et les déclins économiques qui en résultaient se sont suivis.
Le troisième prix da la mondialisation est que la souveraineté économique de divers pays rencontre de plus en plus de défis. Dans le domaine de la mondialisation, le flux du capital est difficile à limiter. Le contrôle de la finance et de l'économie des pays souverains est proportionnellement réduit. Une fois brisées les règles du marché, les marchés mûrs envahissent les marchés immatures. Le pouvoir du capital constitue une attaque fatale contre l'économie et la sécurité sociale d'un pays. Les compagnies transnationales sont en train d'enfreindre la souveraineté économique de certains pays. Elles utilisent la force du capital pour affecter les mesures industrielles, financières et environnementales des pays hôtes.
Les
problèmes de la mondialisation tiennent surtout à la nature du capital. Karl
Marx a souligné que le capital est imbu d'un élan et un désir d'abattre toutes
les frontières nationales pour un plus grand profit. L'avancement du processus
de mondialisation est surtout dû à l'ardeur du capital dans la recherche d'un
marché international plus vaste et unifié pour redistribuer les ressources mondiales
(principalement les ressources naturelles) quand le marché intérieur faiblit.
C'est seulement ainsi qu'il peut acquérir des profits. Toutefois, la mondialisation
dans sa phase actuelle manque de gestion efficace, ce qui apporte une nouvelle
tension dans les rapports capital-travail et capital-nation. Si un capital illimité
peut librement guider le processus de mondialisation, l'inégalité et l'injustice
entre les pays, les individus et les régions augmenteront.
Les lois et systèmes devraient assurer une mondialisation qui apporte des avantages à tous les pays. Mais presque tous les systèmes internationaux qui se rapportent à la politique mondiale et aux questions économiques, comme le Fonds monétaire international, l'Organisation mondiale du commerce, les Nations unies, le G-7, se sont formés durant la guerre froide et sous l'égide des pays occidentaux. Ces organisations ne peuvent traiter convenablement les nouveaux problèmes nés de la mondialisation. On ne peut que tendre vers l'établissement d'un nouvel ordre économique international juste et raisonnable.