Le Cameroun fait figure de modèle de stabilité

2002 est une année de stabilité tant économique que politique pour le Cameroun, connu sous le nom de « havre de paix » en Afrique centrale. L’image du Cameroun contraste avec certains pays voisins en proie à des troubles politiques, voire à des conflits armés. La stabilité sociale règne dans ce pays peuplé de 15 millions d’habitants originaires de 239 tribus, malgré quelques péripéties socio-politiques. En effet, les mouvements sécessionnistes des deux provinces anglophones, qui réclamaient à cor et à cri un « Etat indépendant du Sud-Cameroun », n’ont pas ébranlé le socle de la République.

Le président Paul Biya s’est jamais départi de ses politiques, telles que « la démocratie apaisée », « la solidarité nationale » et « la diplomatie tous azimuts », auxquelles s’ajoute un train d’autres approches prises cette année par les autorités camerounaises en vue de consolider la stabilité politique et sociale.

En juin dernier, le Cameroun a organisé avec succès les élections législatives et municipales. La nouvelle Assemblée nationale pourvue de nouveaux élus du peuple a été formées avec la réélection de son président Cavaye Yeguie Djibril. En août dernier, le président Biya a procédé à un nouveau remaniement ministériel avec la reconduction du premier ministre Peter Mafany Musonge.

Avec environ la moitié du PIB de la communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC)composée de six pays membres, le Cameroun joue incontestablement un rôle de locomotive dans la sous-région. Depuis l’éclatement d’une nouvelle crise en Côte d’Ivoire, le 19 septembre dernier, c’est au Cameroun qu’échoit dorénavant le « rôle de leader de la zone franc ».

Après une grave crise vécue à la fin des années 80 et au début des années 90 du siècle dernier, le Cameroun a effectivement enregistré, depuis plus de sept années consécutives, un taux de croissance économique de l’ordre de 5% par an, avec une inflation contenue autour de 3%.

Le gouvernement camerounais soutient que l’économie nationale devrait se maintenir dans un cycle de croissance grâce à l’effet combiné de la dynamique de la demande intérieure et de l’accélération de la réalisation des projets finances sur ressources PPTE (pays pauvres très endettes).

Il se fixe ainsi les objectifs pour l’an prochain de réaliser un taux de croissance du PIB d’environ 4,4%, de maîtriser l’inflation autour de 3%, de limiter le déficit budgétaire autour de 0,6% du PIB et de sauvegarder l’équilibre extérieur avec un déficit maintenu à 2% du PIB.

Les hypothèses prudentes sur la croissance économique ne doivent pas occulter l’ambition réaffirmée du gouvernement de réaliser un taux de croissance beaucoup plus fort. C’est pourquoi, en partenariat avec le secteur privé et les bailleurs de fonds, Yaoundé s’efforcera de rechercher les conditions adéquates d’une véritable relance économique, à la lumière des résultats de la récente étude sur les nouvelles sources de la croissance. Ces efforts devraient déboucher sur la diversification et l’accroissement de la production, notamment dans le secteur non pétrolier.