Une année vers la paix et la réconciliation nationale

L’année 2002 est une année vers la paix et la réconciliation nationale en République démocratique du Congo (RDC). Toutes les troupes étrangères se sont presque retirées du territoire du pays, et le dialogue intercongolais vient d’aboutir, à Pretoria, à un accord global et inclusif, après de longues négociations depuis le mois d’août 2001 grâce aux inlassables efforts difficiles consentis tant par le peuple congolais que par la communauté internationale notamment l’ONU et l’Union africaine (UA). La signature de l’accord de Pretoria marque la fin des conflits et des hostiles et le début de sa reconstruction nationale.

Après l’éclatement de la guerre le 2 août 1998 en RDC, des troupes rwandaises et ougandaises sont venues en RDC soutenir respectivement les mouvements rebelles congolais, à savoir le RCD (Rassemblement congolais pour la démocratie) et le MLC (Mouvement de libération du Congo), tandis que l’Angola, le Zimbabwe et la Namibie apportaient, sur l’invitation, leur appui militaire au gouvernement de Kinshasa. Ainsi, la RDC est-elle devenue un grand champ de bataille sans précédent en Afrique. La guerre a causé non seulement un grand nombre de morts et d’énormes pertes économiques en RDC, mais aussi menaçait la paix, la stabilité et le développement de la région d’Afrique centrale.

En juillet et août 1999 à Lusaka, les parties belligérantes ont signé l’accord de cessez-le-feu, prévoyant le retrait immédiat des troupes étrangères de la RDC et la tenue du dialogue intercongolais pour établir un nouvel ordre politique en RDC. Parallèlement l’ONU a adopté des résolutions pertinentes, et la Mission de l’ONU au Congo (MONUC) est arrivée fin de cette année en RDC. Malgré tout ça, des conflits se succédaient dans certaines régions du pays.

En 2001, les parties belligérantes ont achevé leurs désengagements militaires avant le mois de juin, à la suite du retrait de leurs troupes respectives de plus de 15 km du front. Pourtant, l’existence de troupes étrangères en RDC empêchait non seulement le processus de paix, mais aussi la réalisation de la réconciliation nationale de ce pays. Le retrait des troupes étrangères est devenu un problème-clé pour résoudre la crise congolaise.

Aidé par l’ONU et l’UA, le gouvernement de Kinshasa a signé le 30 juillet dernier à Pretoria un accord de paix avec le Rwanda, prévoyant le retrait de toutes les troupes rwandaises du territoire congolais, du 17 septembre au 5 octobre. Il a également signé, le 6 septembre dernier à Luanda, un accord de ce genre avec l’Ouganda, qui demande aux troupes ougandaise de quitter le territoire congolais avant le 30 octobre, outre un bataillon qui reste encore dans la ville de Bunia (province orientale) sur la demande de la MONUC afin de maintenir la sécurité de cette ville.

En même temps, les troupes alliées de l’Angola, du Zimbabwe et de la Namibie se sont retirées, eux aussi, du territoire congolais avant la fin d’octobre.

Le retrait des troupes étrangères a créé des conditions favorables au dialogue intercongolais et à la réalisation de la paix en RDC.

Dans le volet politique, le dialogue intercongolais débuté à la mi-novembre 2001 à Pretoria a abouti le 17 décembre un accord global concernant le partage du pouvoir, selon lequel le président Joseph Kabila sera aidé par 4 vice-présidents. Dans le gouvernement de transition qui comprend 36 ministres et 25 vice-ministres, le gouvernement de Kinshasa, le RCD-Goma, le MLC, l’opposition politique non armée occuperont chacun 7 places de ministre, tandis que la Société civile, le RCD-ML, le RCD-N et les Mai-Mai en auront 2 pour chacun.

Le dialogue intercongolais ont repris le 25 février à Sun City (Afrique du Sud) avec la participation de 360 délégués venus de toutes parties intéressées. Malgré 37 résolutions adoptées lors des assises de Sun City, les participants n’ont pu aboutir à des accords-cadre de partage du pouvoir, signés par la grande majorité des participants, mais rejeté en même temps par le RCD-Goma et quelques partis politiques. Selon les analystes, cet accord prévoyant la réaffirmation de Joseph Kabila comme président de la République et la nomination de Jean-Pierre Bemba (président du MLC) comme premier ministre, est un pas important en avant pour la réalisation de la paix et de la réconciliation nationale en RDC.

Pourtant, l’accord n’a pu non plus être exécuté malgré de nombreuses réunions des signataires, étant donné que la solution n’a pu être trouvée notamment aux problèmes sur les modalités de nomination du premier ministre et l’organisation de l’armée.

Pour la reprise du dialogue intercongolais interrompu, l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU en RDC, Moustapha Niasse, a entamé depuis le mois de juin sa médiation difficile, avec l’appui de l’Afrique du Sud dont le président Mbeki assume le président en exercice de l’UA, parmi les composantes du dialogue et les pays concernés, pour chercher la possibilité d’atteindre un accord politique global et inclusif.

Grâce à la médiation efficace et aux efforts accomplis de toutes les parties, les pourparlers politiques ont repris à la mi-novembre dernière à Pretoria pour examiner le schéma « 1+4 » (1 président et 4 vice-présidents), présenté par le président Mbeki. Après avoir suspendu deux fois, le dialogue intercongolais a enfin abouti à un accord global et inclusif.

Dans l’application de l’accord, il aura beaucoup d’obstacles et difficultés à surmonter, tels que l’unification de l’armée, le partage vertical du pouvoir, la collaboration entre les diverses composantes dans des nouvelles instituions d’Etat. Pourtant, les observateurs estiment que les acteurs politiques congolais continueront à faire leurs efforts pour consolider et développer les résultats déjà obtenus et entamer la reconstruction du pays. Donc, a-t-on raison pour être optimiste quant à l’avenir de la RDC.