L’APEC et la lutte contre le terrorisme

WANG YUSHENG

La région d’Asie-Pacifique ne pourra pas connaître la prospérité commune si le terrorisme n’est pas éliminé.

La réunion informelle des dirigeants des membres de l’APEC, tenue récemment au Mexique, a émis une nouvelle déclaration contre le terrorisme. La première avait été publiée à Shanghai, en Chine, l’année dernière, un mois après les événements du 11 septembre. Les dirigeants de l’APEC y proclamaient leur position et leur détermination commune contre le terrorisme, ce qui a appuyé efficacement la lutte antiterroriste internationale.

Un an a passé, mais la situation économique internationale paraît toujours instable, la situation politique turbulente, et le monde loin d’être pacifique. Les États-Unis n’ont pas encore remporté la victoire sur le champ de bataille antiterroriste en Afghanistan. Les activités terroristes sont frénétiques dans le monde, impliquant les États-Unis, le Koweït, les Philippines, l’Indonésie et la Russie. Face à ces menaces, la politique antiterroriste des États-Unis est de plus en plus claire et l’attaque contre l’Irak est prête à partir comme une flèche sur un arc bandé. Cette situation internationale requiert le nouveau consensus des leaders de l’APEC, et ainsi est née la deuxième déclaration antiterroriste au Mexique. Faisant le bilan de l’expérience acquise depuis plus d’un an, cette déclaration est plus progressive, plus forte et plus concrète que la première.

Ce qui mérite notre attention, c’est le titre — Déclaration de Las Cabos sur la lutte antiterroriste et la promotion de la croissance économique. De signification stratégique consistant à prendre des mesures radicales, la Déclaration lie de façon précise la lutte anti-terroriste avec le développement économique. Le contenu de renforcer la sécurité du commerce régional a également une portée historique et une importance actuelle. Les dirigeants des entités économiques de l’APEC sont déterminés à promouvoir et maintenir la sécurité de la circulation des marchandises et du personnel.

Au cours de cette conférence informelle, les dirigeants de l’APEC ont également fait une déclaration sur les activités terroristes apparues au sein des entités économique de l’APEC. Ils ont condamné avec véhémence les activités terroristes sur l’île de Bali, à Moscou et aux Philippines, indiquant que ces activités constituent une menace à la sécurité internationale ainsi qu’à la sécurité et au développement économique soutenu dans la région. Adoptant une attitude ferme concernant la riposte immédiate à ces actes, ils ont fait appel au renforcement de la coopération internationale pour soutenir l’élimination du terrorisme et redresser la confiance en l’économie dans la région.

Forum économique officiel, l’APEC ne discute pas en général de questions politiques et de paix. Mais pourquoi avoir attaché une si grande importance à la lutte antiterroriste, cette fois? Quelle influence sur l’APEC exerce le terrorisme et la lutte antiterroriste?

D’après moi, il y a deux raisons principales:

Premièrement, l’APEC est une organisation régionale importante établie après la guerre froide. Sa préconisation de la grande famille unie et de la prospérité commune répond à l’aspiration universelle des peuples d’Asie-Pacifique. Le terrorisme a gravement menacé la sécurité et la stabilité régionales. Sans une lutte efficace contre le terrorisme, l’Asie-Pacifique ne peut connaître la tranquillité, la paix et le développement, ni la prospérité commune. Par exemple, le récent accident terroriste sur l’île de Bali a gravement entravé la situation politique et économie en Indonésie, et la prise d’otages à Moscou a bouleversé le monde entier. Le président russe Vladimir Poutine n’a même pas pu participer à la réunion de l’APEC au Mexique. Heureusement, la Russie a résolu cette crise de façon résolue, inventive et satisfaisante. Ces incidents ont exercé sans aucun doute une pression sur les dirigeants des unités membres de l’APEC.

Deuxièmement, sur le plan de la position et de la politique fondamentales antiterroristes, les États-Unis attachent plus d’attention à la sécurité absolue sur leur territoire et à leur hégémonie mondiale, ainsi qu’à la sécurité dans les domaines des finances, des télécommunications, du transport et du commerce (y compris la douane, le contrôle de la sécurité et les emballages). Tandis que les membres en développement s’intéressent plutôt au déracinement du terrorisme et à l’influence probable de la lutte antiterroriste sur les échanges commerciaux et de personnel normaux, vu l’augmentation du coût de production qui pourrait s’ensuivre. Il faut donc un accord acceptable à toutes les parties. La Déclaration antiterroriste au Mexique, surtout les articles sur « la promotion de la paix du commerce dans la région de l’APEC », reflète cette aspiration.

Dans le monde d’aujourd’hui, le développement économique et politique n’est pas équilibré ; ainsi en va-t-il pour la situation de la sécurité. Les gens qui vivent dans la paix ne doivent pas oublier que le terrorisme est un fléau public, ni les scènes tragiques de New York et de Bali. Nous devons attacher autant d’attention à la paix du pays qu’à la sécurité mondiale, surtout dans la région de l’APEC. Tout en soutenant fermement toutes les luttes justes contre le terrorisme, nous nous efforçons de déployer l’esprit de la grande famille unie, de diminuer sans cesse l’écart du niveau de développement économique entre les membres de l’APEC, afin de promouvoir la prospérité commune.

Mon expérience personnelle de six ans de travail à l’APEC m’a montré qu’il n’y a pas d’espace pour les activités hégémoniques, ni de foyer terroriste. La réussite de nos efforts dans ces domaines peut contribuer à la lutte antiterroriste.