CULTURE

Une nouvelle percée a été faite dans l’étude
des fresques de Dunhuang

La culture de Dunhuang est riche de substance étendue et profonde. Les savants chinois ont découvert récemment beaucoup de fresques à motif de bambou dont plusieurs remontent à des périodes d’avant la dynastie des Tang, changeant ainsi l’histoire de la peinture chinoise du genre.

La peinture à motif de bambou remonte à plus d’un millénaire en Chine. On croyait depuis longtemps qu’elle remontait à la dynastie des Tang. Le célèbre peintre Wu Daozi, le grand poète Wang Wei et l’empereur Xuanzong de la dynastie des Tang y sont directement liés. Les documents concernant l’histoire de la peinture chinoise l’ont prouvé. Dans les années 1970, les archéologues ont découvert fortuitement, lors des fouilles du tombeau de Zhanghuai, prince héritier des Tang, la fresque « Servantes et bambous » qui a été considérée comme le plus ancien témoin de la peinture en question. À Dunhuang, surnommé « Musée des beaux-arts d’Orient », les archéologues ont trouvé non seulement des fresques à motif de bambou de la dynastie des Tang, mais également des dynasties des Sui, des Wei de l’Ouest et des Wei du Nord.

Le bambou a toujours été réputé un des « Quatre hommes de bien » (les trois autres sont l’abricotier, l’orchidée et le chrysanthème) aux yeux des hommes de lettres chinois, et est doué à la foi des qualités des trois autres. Depuis l’antiquité, il a toujours eu la faveur des lettrés et des calligraphes. Ruan Ji de la dynastie des Jin et Zheng Banqiao de la dynastie des Qing en étaient les représentants typiques. Ils cultivaient, admiraient, décrivaient en vers et peignaient le bambou, par lequel ils exprimaient leurs sentiments et pensées, nouant ainsi avec le bambou un lien indissoluble. Comme l’a dit Su Dongpo, poète renommé des Song, « On peut se passer de viande, mais on ne peut habiter un endroit sans bambou ; sans manger de viande, on peut maigrir, mais sans bambou, on vit sans goût ».

D’après le professeur Yang Xiong qui se consacre à l’étude des fresques de Dunhuang, « parmi ces fresques, on trouve non seulement des œuvres à motif de bambou des dynasties des Yuan et des Song, mais aussi des Cinq Dynasties, des Tang, des Sui voire des Dynasties du Nord. Cette découverte enrichit la peinture à motif de bambou et ont fait avancer son histoire de quelques centaines d’années ».

La plus ancienne fresque à motif de bambou a été découverte dans la grotte n254 de Mogao à Dunhuang. On y voit cinq bambous représentant un bois de bambous. Les procédés artistiques sont simples et raffinés. Il s’agit d’une chef-d’œuvre et d’un document historique précieux des peintures à motif de bambou. À en juger par le style de la grotte et de la fresque, cette œuvre doit dater de la dynastie des Wei du Nord dans le milieu ou la dernière période du Ve siècle, soit plus tôt de 300 à 400 ans que la peinture traditionnelle chinoise à motif de bambou. En outre, dans les grottes no 285 et 428, on a trouvé des fresques du style des dynasties des Wei de l’Ouest et des Zhou du Nord ; et dans les grottes no 302, 419 et 420, celles de la dynastie des Sui. Toutes ces œuvres sont plus anciennes que celles des Tang.

Le professeur Yang Xiong a déclaré que les fresques à motif de bambou de Dunhuang sont les plus anciennes et les plus intactes en Chine, qu’elles ont une très haute valeur esthétique et constituent des documents précieux pour l’étude du style de l’époque et celle de l’histoire de développement de la peinture à motif de bambou de la Chine antique.

- Kao Gu