Des ruines de la dynastie des Shang ont été
découvertes dans l’Anhui

Les experts de l’Institut d’archéologie de la province de l’Anhui ont découvert récemment dans le bourg de Dayang à Hefei, les ruines de « Yandagudui » de la dynastie des Shang d’il y a plus de 3 000 ans. Cette découverte a avancé l’histoire de la ville de Hefei de quelques centaines d’années.

L’Institut d’archéologie de l’Anhui, la section d’archéologie du département d’histoire de l’Université de Nanjing et le service d’administration des découvertes archéologiques de Hefei ont effectué conjointement des fouilles des ruines sur une superficie de 1 000 m² et à une profondeur de 3 m. On y a découvert des vestiges des fosses de cendres, des tombeaux et des maisons et exhumé plus de 3 000 objets tels que des poteries, des ustensiles en bronze, du jade, des objets en pierre, en corne et en mulette, dont les poteries sont les plus nombreuses. À en juger par les traits significatifs des objets, ceux-ci devaient remonter à la période s’étendant de la dynastie des Shang à la dynastie des Zhou de l’Ouest.

Dans un terrain bas à l’ouest des ruines, on a déterré des constructions d’une grande superficie dont les colonnes, à intervalles rapprochés, ont pourri et n’ont laissé que des creux. Tout près des constructions, il y a quatre fosses de fourneaux dans lesquelles on voit une couche de terre pleine de cendres de plantes noires.

On a aussi découvert des tombeaux de 2 m sur 1 m. Sept squelettes ont été exhumés dont la plupart datent de plus de 3 000 ans. Les ossements sont en désordre. Selon des documents historiques, il y a 3 000 ans, la disposition de la dépouille était très recherchée lors de l’inhumation. Normalement, la tête pointait vers le sud-est. Le phénomène désordonné qu’on a vu ne pouvait avoir lieu qu’en cas extraordinaire. À cela s’ajoute l’absence de tout objet funéraire, ce qui amène les archéologues à conclure que les personnes enterrées ici moururent peut-être de mort anormale.

Près des tombeaux, un village antique présente des fonctions complètes. Selon un responsable, cet endroit était hors de la région économique centrale et sous la juridiction d’un petit feudataire. Son économie était peu développée. Les objets en bronze exhumés montrent que les habitants possédaient dans l’antiquité la technique de fonte du bronze et que la culture de la plaine centrale s’était répandue à cet endroit.

Quelques carapaces de tortue de plus de 3 000 ans ont été aussi exhumées. D’après les experts, elles servaient à la divination sous les Shang. Les carapaces sont incomplètes. On voit des traces noires laissées par le feu et un trou percé sur les carapaces. Selon les analyses des experts, il est probable qu’à l’approche d’une guerre, le sorcier observait les changements des veinules des carapaces brûlées pour juger d’un bon ou d’un mauvais augure. À l’époque, le sorcier était un « homme de savoir » respecté et digne de foi. « C’est la première fois qu’on voit à Hefei des carapaces de tortue brûlées. Cela revêt une signification importante pour connaître le contexte culturel local », dit Gong Xicheng, de l’Institut d’archéologie de l’Anhui.

Qu’on ait procédé pour la première fois à des fouilles de grande envergure dans les ruines de la dynastie des Zhou de l’Ouest, qui se trouvent au centre de la province de l’Anhui, a une grande importance dans l’étude de la culture antique de la région entre le fleuve Yangtse et la rivière Huaihe. On dit  qu’il s’agit des fouilles de conservation, car les ruines se trouvent au centre du réservoir de Dafangying en construction et seront submergées après l’achèvement des travaux de construction et lors de la  saison des crues de cette année. « Il faut intensifier la préservation », a souligné Gong Xicheng.

- An Xuan