ECONOMIE
Des opportunités et des défis coexistent dans
la reconstruction du Kenya
YU XINCHAO
Plus de 100 jours après lentrée en fonction du président kenyan Mwai Kibaki, les Kenyans demeurent optimistes devant les efforts du gouvernement pour tenir son engagement de revitaliser léconomie nationale morose.
Une récente étude démontre que 87 % des Kenyans pensent que lan 2003 sera une année meilleure.
Daprès des analystes, les Kenyans, qui avaient vécu des moments difficiles au cours des dernières décennies, ont entamé un voyage vers un futur brillant, bien que de nombreux défis et des opportunités coexistent dans ce que M. Kibaki a appelé « la reconstruction du Kenya ».
M. Kibaki et sa Coalition nationale Arc-en-ciel ont remporté les élections générales en décembre 2002 après avoir battu lUnion nationale africaine du Kenya, qui avait gouverne le pays pendant 39 ans.
Les Kenyans souhaitaient que la nouvelle direction ouvre un nouveau chapitre de lhistoire du pays.
Les derniers cent jours ont vu une série de progrès, qui a jeté les bases à des progrès sociaux et au développement économique futur du pays.
La lutte contre la corruption, plus ou moins institutionnalisée dans les entreprises publiques et privées du Kenya, a porté ses premiers fruits avec létablissement dun comité anticorruption et lintroduction du système de déclaration par les fonctionnaires, dont le chef de lÉtat, de leur fortune.
Un programme déducation primaire gratuite a été mis en application, promouvant le versement de 4,8 milliards de shillings (environ 63,2 millions de dollars) dans le secteur éducatif et une augmentation de la scolarisation à 7,5 millions denfants contre 5,9 millions.
Un plan de réhabilitation a été mis en uvre dans le système financier, dans le cadre des efforts gouvernementaux pour financer lagriculture, colonne vertébrale de léconomie kenyane.
Le gouvernement a également facilité la construction de réserves de céréales stratégiques totalisant 1,5 million de sacs contre un million auparavant, pour améliorer la sécurité alimentaire à travers le pays.
Une série de mesures anti-criminelles a été prise, diminuant de moitié les cas criminels dans le pays.
Des bailleurs de fonds internationaux, dont le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et lUnion européenne, envisagent de reprendre bientôt leur aide au Kenya.
Tous ces facteurs joueront un rôle positif dans le développement économique et social du pays, ont indiqué des observateurs ;
Pourtant, aux yeux de nombreux analystes, la reconstruction du Kenya est confrontée à certains défis.
Environ un tiers des 30 millions de Kenyans vivent dans une extrême pauvreté et gagne moins dun dollar par jour, et quelque 2,2 millions sont infectés par le VIH/sida.
La corruption subsiste encore à toutes les échelles, dans le pays. En 2002, le Kenya a été classé par « Transparence internationale » comme le 7e pays plus corrompu dans le monde.
La croissance économique demeure très faible, le produit intérieur brut (PIB) nayant augmenté que de 1,2 % en 2001 et de 1,3 % en 2002, contre 6 % dans les années 60.
Les infrastructures connaissent également un état de dégradation avancé à travers le pays. Un rapport de la Banque mondiale estime que quelque 80 milliards de shillings (environ 1,1 milliard de dollars) seraient nécessaires pour la réhabilitation du réseau routier.
Parallèlement, la dette publique a atteint environ 600 milliards de shillings (environ 7,9 milliards de dollars), une dette trois fois plus importante que les revenus annuels du gouvernement.
Face à ces problèmes, le président Kibaki a répété, le 9 avril dans un discours national radio-télévisé, son engagement à diriger le peuple kenyan et à créer un pays dont « il puisse être fier de nouveau ».