Le yuan chinois sera-t-il réévalué ?

Depuis un certain temps, certains pays dont le Japon et les États-Unis demandent à la Chine de réévaluer le yuan (CNY). Pourtant, les économistes tant étrangers que chinois ne partagent pas tous ce point de vue. Le comité de politique monétaire de la Banque populaire de Chine a expliqué que la Chine maintiendra stables le taux d’intérêt du yuan et le taux de change.

LI CHUNGENG

La session régulière du premier trimestre de 2003 tenue à la fin de janvier par le comité de politique monétaire de la Banque populaire de Chine a déclaré qu’il faut maintenir la stabilité du taux d’intérêt du CNY et la politique du taux de change.

Selon la situation économique et financière de 2003, le comité croit qu’il faut continuer d’appliquer la politique monétaire courante, jouer le rôle d’intermédiaire dans la politique monétaire, augmenter convenablement la masse monétaire et orienter rationnellement le crédit, ce qui représente l’attitude du gouvernement chinois concernant la réévaluation du yuan.

En réalité, Dai Xianglong, ex-président de la Banque centrale, a dit le 4 décembre 2002 au forum international « Chine : l’année des capitaux » que bien que la réserve de devises de la Chine augmente petit à petit, la crise financière persiste. En contre-mesure, il faut maintenir la stabilité du taux de change entre le yuan chinois et les autres monnaies.

Entre 1986 et 1994, le yuan s’est dévalué de 200 % par rapport au dollar ; entre 1994 et 2002, le taux nominal a augmenté de 5 % et le taux de change réel, de 40 %. Le taux de change entre le yuan et les autres monnaies est passé de la dévaluation à la stabilité ; de la stabilité à la puissance. L’économie chinoise a connu une augmentation remarquable, mais le domaine financier est relativement faible. Il faut appliquer un contrôle sur la fourniture des devises étrangères. Par conséquent, le taux de change actuel entre le yuan et les autres monnaies reflète la réalité ; il faut maintenir la stabilité.

D’où vient la pression pour la réévaluation du CNY ?

Le 19 novembre dernier, Xiang Huaicheng, ministre des Finances, a dit ressentir une pression en faveur de la réévaluation du CNY.

En 2002, le chiffre d’affaires de l’import-export a été de 620,79 milliards de USD, dont 325,57 milliards (+22,3 %) pour l’exportation, et de 295,22 milliards (+ 21,2 %) pour l’importation. On a réalisé une balance commerciale favorable de 30,35 milliards de USD, contre 22,6 milliards en 2001; en 2002, selon les contrats, 52,743 milliards de dollars de capitaux étrangers ont été réellement investis (+12,51 %) ; la réserve de devises était de 286,4 milliards (+ 34,9 %). À la suite de la croissance commerciale, la réserve de devises maintient une augmentation continue, l’investissement direct de capitaux étrangers augmente petit à petit, la Chine fait face à la pression en faveur de la réévaluation du yuan.

Le taux de change entre le dollar et le yuan était de 1 : 8,70 en 1994 et il a été réévalué en 1997 à 1 : 8,28. Pendant les cinq dernières années, le taux de change est resté entre 8,27 et 8,28, sans grand changement.

La réserve de devises augmente, mais le taux de change est stable, c’est la cause principale de la demande des économistes pour la réévaluation du yuan.

Par ailleurs, le Japon et certains pays d’Europe et d’Amérique ont exercé une pression sur la Chine à cause du marasme économique persistant. Depuis peu, cette voix ne cesse de s’élever. En décembre dernier, le ministre des Finances japonais a demandé publiquement au gouvernement chinois, au cours d’une réunion de la Diète, d’élever le taux de change du yuan. Par ailleurs, il a aussi dit que le Japon considérera le taux de change entre le yuan et les autres monnaies comme un sujet à discuter au Sommet des G7, afin de solliciter la participation des autres pays à l’élaboration d’un document comme le « Plaza Agreement » réalisé en 1985 et dirigé contre le yen, afin de forcer la réévaluation du CNY.

Les médias des États-Unis ont aussi cité le point de vue de certains spécialistes comme « La Chine est en train d’exporter la déflation », afin d’atteindre leur but de faire réévaluer le CNY. « Jusqu’où baisseront les prix des produits d’exportation de Chine ? », un article publié par le Business Week des États-Unis, dit que les pays occidentaux poussent le gouvernement chinois à  réévaluer le yuan.

Le motif  derrière ce point de vue est que la Chine a causé la déflation du monde.

En septembre 2002, le Fonds monétaire international (FMI) a aussi appelé la Chine à appliquer un mécanisme de taux de change élastique.

Évidemment, les pressions intérieures et extérieures continuent. Le yuan doit-il être réévalué ? Quel est le but du Japon et des États-Unis ?

Un chercheur de niveau supérieur de l’Institut de recherche sur l’économie du Japon a dit que la théorie de réévaluation du yuan est un piège ; le Japon rejette la crise financière sur d’autres pays. Mais il a aussi indiqué que la réserve de devises de la Chine a dépassé « l’envergure optimale » ; elle est de 13 fois supérieure aux dettes à court terme. La réserve de devises des États-Unis n’est que de 56,5 milliards de USD (en mars 2002), soit le quart de celle de la Chine. Il est donc compréhensible que la Chine subisse des pressions pour la réévaluation de sa monnaie.

Quel est le but du Japon et des États-Unis ?

L’amélioration du taux de change demandé par des dirigeants des gouvernements étrangers est une première dans l’histoire du yuan chinois.

Pourquoi ces dirigeants étrangers commencent-ils à attacher de l’importance au taux de change entre le yuan et les autres monnaies? Jiang Yuechun, chercheur de l’Institut des affaires internationales de Chine, a dit que de l’attitude agressive du Japon sur le taux de change ces dernières années, on peut tirer une explication précise.

Face à une situation économique difficile dix années de suite, les gouvernements successifs du Japon ont usé de toute leur habileté pour stimuler la consommation intérieure, par exemple en appliquant le « taux d’intérêt zéro ». Maintenir la dévaluation du yen et promouvoir l’exportation, mesures prises par le Japon, ne produisent qu’un très faible effet. Le gouvernement japonais était content de la dévaluation du yen, ce qui permet à la balance commerciale favorable du Japon de connaître une augmentation remarquable et de devenir un point clair de l’économie japonaise. Malheureusement, l’espace de dévaluation du yen est très étroit ; par conséquent, sa dévaluation se réalise dans la réévaluation des autres monnaies.

Le Japon est devenu une puissance économique dans les années 1980 à cause de la facilité d’accès au marché étatsunien. Bien que les États-Unis aient une balance commerciale défavorable avec le Japon, leurs relations commerciales se développent encore. Les données du  ministère des Finances du Japon montrent qu’en 2002, l’interaction commerciale traditionnelle entre le Japon et les États-Unis s’est terminée au cours des dix premiers mois de l’année. La croissance commerciale d’ensemble du Japon a connu une réduction, la quantité des produits chinois exportés vers le Japon avait une augmentation de 9 % par rapport à la même période de l’année précédente, soit 6,31 billions de yens, celle des produits étasuniens exportés vers le Japon, 6,04 billions de yens.

L’énorme réserve de devises et la balance commerciale favorable de la Chine a fourni un « prétexte » au Japon pour demander la réévaluation du CNY.

Les Étasuniens savent bien que lorsque l’économie connaît un problème, il faut forcer les autres monnaies à réévaluer, ce qui permet au pays déficitaire de tirer profit de la dévaluation de sa propre monnaie. Au milieu des années 1980, la balance commerciale du Japon avec les États-Unis a été très favorable ; pour cette raison, le conflit commercial est allé s’exacerbant entre eux. En septembre 1985, sur l’instigation des États-Unis, les ministres des Finances et les présidents de la Banque centrale de sept pays de l’Organisation de coopération et de développement de l’Europe (OCDE) ont signé, à l’hôtel Plaza aux États-Unis, le « Plaza Agreement », document qui obsède encore les Japonais, afin de contrôler l’impétuosité des exportations de produits japonais et de forcer la réévaluation du yen.

Les États-Unis ont réalisé leur objectif. Le yen a commencé à réévaluer en 1985 : de 250 pour un dollar en 1985 à 87 en 1996, ce qui a aidé l’économie nationale des États-unis à sortir du marasme et a jeté une base économique pour les années 1990, alors que le Japon perdait dix ans de croissance économique dans cette réévaluation. Les « petits tigres » de l’Asie sont devenus des « chats malades » au cours de la crise financière de 1997.

En réalité, les États-Unis et le Japon sont insatisfaits de la stabilité du taux de change entre le CNY et le USD parce que les deux « réévaluent et dévaluent en même temps ». Lorsque l’économie des États-Unis n’était pas prospère, le dollar présentait une tendance à la dévaluation. La stabilité du taux de change entre le yuan et le dollar a favorisé l’exportation chinoise.

Le yuan doit-il réévaluer ?

Dans la situation de déflation mondiale, de la réévaluation ou la dévaluation du yuan, laquelle est favorable à l’économie nationale, laquelle à l’économie mondiale?

Qin Chijiang, toujours à l’écoute de la politique monétaire, consultant à la Banque populaire de Chine et ex-chercheur de l’Institut de recherche sur la finance de la Banque populaire de Chine, a dit : « Actuellement, la quantité d’exportations et d’investissements de la Chine est considérable, mais la qualité nous inquiète. La base économique de la réévaluation du yuan n’est pas favorable ; une réévaluation artificielle est inacceptable. Si le yuan réévalue du jour au lendemain, il produira une influence négative sur l’économie de la Chine, de l’Asie du Sud-Est, et même de toute l’Asie. C’est pourquoi je n’approuve pas la réévaluation du yuan, surtout artificielle, mais je suis pour l’élargissement du taux de change flottant entre le yuan et les autres monnaies. J’espère aussi que la Chine prendra des mesures souples pour le taux de change », a dit Qin.

Il a ajouté qu’en 2002, la situation d’exportation et d’investissement de la Chine était vraiment favorable, mais il faut savoir que ces résultats ont été obtenus dans un environnement national et international particulier.

Qin a dit : « Prenons l’exportation des produits agricoles comme exemple. Elle n’a pas connu de balance commerciale défavorable, mais on ne peut pas dire que les produits agricoles chinois aient une forte compétitivité internationale. C’est que la production agricole des États-Unis, de l’Argentine, de l’Australie et d’autres pays a baissé à cause du climat exceptionnel.

La compétitivité des produits pour l’exportation dépend de la teneur technique et de la structure industrielle. Le volume d’exportation de certains produits ne signifie pas que le secteur tout entier a un avantage concurrentiel manifeste. La croissance de l’exportation, la balance commerciale favorable et la réserve de devises d’une année ne signifie pas qu’on aura une bonne situation l’année suivante ou dans les années à venir. On ne peut qu’espérer une balance commerciale favorable et une bonne réserve de devises, espérer de bonnes exportations et la croissance des investissements étrangers. »

Qin Jiangchi a ajouté : « L’année dernière, la somme d’investissements étrangers a établi un nouveau record historique, ce qui est aussi dû à l’environnement international particulier, par exemple, le marasme économique continu des États-Unis, du Japon et de l’Europe et le changement de la situation internationale causé par les « incidents du 11 septembre ». Pour cette raison, l’environnement offert aux investissements en Chine semble être en sécurité, le potentiel d’investissement est énorme ; mais du point de vue de la structure d’investissement, le marché chinois n’est pas très favorable. »

Qin a aussi indiqué qu’un grand nombre d’entrepreneurs étrangers ont investi principalement dans les industries manufacturière et de transformation, le secteur de distribution des marchandises, le détail, le divertissement et le secteur tertiaire, etc. Très peu d’investissements étrangers sont allés à la technologie de pointe, ce qui ne peut produire une grande influence pour l’amélioration de la compétitivité générale de la Chine.

Depuis 1994, l’amplitude de réévaluation du yuan a connu un élargissement. En 1994, un dollar US valait 8,7 yuans, et actuellement, 8,27. En outre, pendant cette période, le dollar a aussi perdu quelque 10 %, à la suite de quoi le yuan a connu une réévaluation, a dit Qin.

« Alan Greenspan, président du Conseil fédéral des réserves des États-Unis, a dit qu’actuellement, on doit adopter une attitude attentiste face au yuan quant à une possible réévaluation. Ce n’est pas l’heure de prendre la décision. La réévaluation du yuan n’est pas nécessairement favorable à l’économie mondiale et à celle des États-Unis », a dit Qin.

Si le yuan est réévalué, l’environnement offert aux investissements en Chine pourra se détériorer. Qin a donné un exemple : un étranger qui auparavant investissait en Chine un dollar en avait pour 8,2 yuans ; maintenant, 8 yuans. Aucun investisseur ne veut perdre 0,2 yuan avant l’ouverture. Par ailleurs, parallèlement à la diminution des investissements, les activités spéculatives des capitaux étrangers flottants pourront augmenter.

En outre, la réévaluation du yuan sera défavorable à l’exportation chinoise. Lorsque la technologie avance, la structure est rationnelle, la supériorité concurrentielle existe vraiment, le yuan doit réévaluer. Mais si le yuan réévalue dans l’insuffisance de la compétitivité principale, il causera une augmentation du prix de revient des produits d’exportation et s’ensuivra une série de problèmes.

« Maintenant, ce n’est pas un bon moment pour réévaluer le yuan, je suis  pour la prise de certaines mesures souples et pour l’amplitude du taux de change flottant. C’est-à-dire que l’amplitude peut être étendue de 1-2 % à 2-3 %, ce qui permettrait de prendre certaines mesures souples selon la situation d’exportation et de roulement des capitaux mondiaux », a dit Qin.

Plusieurs spécialistes sont d’accord avec Qin : le moment de la réévaluation n’est pas encore venu.

Un chercheur supérieur de l’Institut de recherche sur l’économie du Japon a dit que le yuan réévaluera quand l’économie internationale et l’exportation de Chine s’orienteront vers le redressement. Il est préférable d’étendre, par étape, l’amplitude du taux de change flottant en vigueur plutôt que de procéder à la réévaluation.

Certains spécialistes croient que conformément à sa promesse à l’OMC, la Chine doit ouvrir complètement, après cinq ans, son marché financier aux capitaux étrangers. Au cours de la période de réajustement de cinq ans, le taux de change entre le yuan et les autres monnaies ne peut que flotter dans le cadre géré par le gouvernement. La tâche urgente du gouvernement chinois est d’entreprendre la réforme du mécanisme du taux de change.

Les milieux économiques de plusieurs pays ne sont guère favorables à la réévaluation du yuan

Un article publié cette année par le Financial Times de Grande-Bretagne a suscité l’attention. La Chine connaîtra une grave crise financière avant 2006, prédisait l’article. Plusieurs économistes de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international s’inquiètent de la possibilité pour la Chine d’éviter cette crise, parce que les dix premiers pays qui concentrent toutes sortes d’activités ont connu la crise financière sauf la Chine et l’Inde. À présent, les banques d’État de Chine manquent gravement de capitaux minimaux, sont perplexes devant les mauvaises créances, et les risques du système bancaire sont plutôt élevés. À longue échéance, conformément à la situation actuelle des banques d’État, la finance chinoise supportera la pression provenant de l’inflation. Les États-Unis et d’autres pays ne voient que la croissance commerciale de la Chine, mais la valeur du yuan est liée à l’exportation et à l’économie nationale. Selon la situation tant intérieure qu’extérieure, le taux de change entre le yuan et les autres monnaies sera presque stable à l’avenir.

Xie Guozhong, administrateur exécutif de Morgan Stanley en Asie, a dit que la réévaluation du yuan aggravera la déflation de la Chine et affaiblira les exigences intérieures. Étant donné que la Chine possède un énorme surplus de main-d’œuvre, elle est obligée de maintenir sa compétitivité par la réduction du salaire nominal. La réévaluation du yuan ne peut atténuer la pression de déflation de la structure économique de l’Asie de l’Est. Donc, l’Asie de l’Est ne sera plus tranquille, ce qui ne profite à personne.

Xia croit que le gouvernement étatsunien ne peut faire pression sur la Chine quant à la réévaluation du yuan. Les analystes des milieux économiques ne peuvent changer la politique des États-Unis. En réalité, les produits chinois bon marché achetés par les Étatsuniens peuvent remplacer les produits japonais ou européens chers ; par ailleurs, ils peuvent aussi aider les États-Unis à diminuer le déficit commercial. Les sociétés étatsuniennes, comme Walmart, Dell, Nike, réalisent des profits aux dépens des produits chinois. Si le yuan réévalue, leurs bénéfices diminueront, le prix des actions baissera. Actuellement, le gouvernement étatsunien prend au sérieux la situation de la Bourse ; il ne peut lui porter préjudice.

Salomonsmithborney croit que « quel que soit le mécanisme du taux de change stable de la Chine, le point de vue qui soutient que la réévaluation du yuan peut réduire la déflation mondiale ne tient pas debout. La Chine n’a pas exporté la déflation.

Paul Wolcker, ex-président du Conseil fédéral des réserves des États-Unis, a dit que la réévaluation du yuan provoquera l’aggravation de la spéculation, ce qui porterait un coup mortel au développement économique. Tandis que pour la Chine, la bonne politique du taux de change des années prochaines est de continuer à surveiller la politique du dollar.

Le professeur Mondale, surnommé « père de l’euro », a dit récemment que la politique monétaire en vigueur en Chine est juste. Maintenir la politique du taux de change stable entre le yuan et les autres monnaies est aussi juste. Il ne faut pas faire réévaluer le yuan à cause d’une balance commerciale assez favorable et de bonnes réserves de devises, et dévaluer le yuan afin de stimuler l’exportation et de promouvoir la croissance économique.  La Chine ne doit pas élargir l’amplitude du taux de change flottant entre le yuan et les autres monnaies à cette étape.

Mondale a aussi dit que si la Chine veut réaliser le flottement libre du taux de change, elle doit répondre à deux conditions préalables : premièrement, le yuan doit être convertible complètement et librement, c’est-à-dire que la Chine doit s’ouvrir complètement aux capitaux ; deuxièmement, elle doit avoir une certaine puissance économique, être au moins la quatrième grande entité économique du monde. Sans ces deux conditions, le taux de change flottant entre le yuan et les autres monnaies ne doit pas apparaître trop vite.

« Je ne suis pas en faveur de la réévaluation du yuan, c’est mon avis personnel », dit Tang Min, responsable de l’équipe scientifique de la Banque asiatique de développement en Chine.

Actuellement, les pays en développement augmentent leur réserve de devises. Dans certains pays, elle a augmenté de 6-8 fois en quelques années, ce qui apporte des risques, mais les pays en développement sont obligés de le faire selon la pratique du système international. Parce que le règlement financier n’est pas élaboré par les pays susmentionnés, ces derniers sont obligés d’agir selon le règlement et le système établis. Les bouleversements des pays en développement sont aussi une crise pour les pays développés, par conséquent, nous devons chercher un système favorable aux deux parties. La Chine doit participer activement à l’élaboration des règlements internationaux.

L’augmentation de l’exportation a pour but de régler le problème d’emploi. La réévaluation est favorable à l’importation, et défavorable à l’exportation.

En ce qui concerne la balance commerciale favorable, je pense que la Chine ne peut la maintenir toujours. Après deux ou trois ans au sein de l’OMC, elle pourra réaliser l’équilibre de sa balance commerciale. L’augmentation de la réserve de devises est principalement due à l’entrée des investissements directs et à la balance commerciale favorable. Si le yuan réévalue dans cette situation, les capitaux étrangers afflueront en Chine, et on ne pourra les empêcher. Le Japon était alors un bon exemple. Réduire la balance commerciale favorable par la réévaluation du yuan n’est pas adéquat.

Tang Min croit qu’il y a plusieurs méthodes pour réduire la réserve de devises étrangères. La politique en vigueur fut élaborée dans les années 1990 où la réserve de devises était de 10 milliards de USD. Une trop grande réserve de devises et leur fuite sont souvent causées par le manque de capacité de consommation des devises. Actuellement, le système financier et le mécanisme d’investissement de la Chine ne sont pas parfaits ; il faut faire de grands efforts pour les améliorer. Lorsque les problèmes du contrôle et du mécanisme du change, du système d’investissement et du système financier sont réglés, les problèmes d’exportation et de fuite de capitaux n’existent plus. On pourra réévaluer le yuan lorsque ces problèmes seront réglés ; le risque sera moindre. Les capitaux flottants ont causé un grand dommage aux pays de l’Asie du Sud-Est. Nous devons donc maintenir une grande vigilance.