Faut-il limiter le  fast food  étranger ?

Les fast food étrangers, tels que McDonald’s, KFC, sont-ils vraiment néfastes à la santé ? Au cours des dix dernières années depuis leur entrée en Chine, de plus en plus de Chinois tournent leur attention sur ce sujet.

En mars dernier, Zhang Jiao, secrétaire général du Comité central de l’Association pour la construction démocratique de Chine, a présenté en tant que membre du Comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC) une proposition personnelle à la première session plénière du Xe Comité national de la CCPPC. Vu l’effet nocif des aliments de McDonald’s et KFC sur la santé et notamment leur menace potentielle contre l’épanouissement des adolescents, il a proposé de limiter le développement des fast food étrangers en Chine. Dès lors, les débats à ce sujet sont passés du peuple au parlement du pays.

Mais certains spécialistes mettent en doute l’opinion de Zhang. Selon eux, les aliments chinois risquent aussi de porter atteinte à la santé en cas d’absence de bonnes habitudes alimentaires, tandis que les casse-croûte étrangers sont très attrayants aux yeux de bon nombre de consommateurs pour leur facilité, leur propreté et le bon environnement de leurs restaurants.

Quelques jours après la présentation de la proposition de Zhang, Xu Zhen, directrice du service des affaires publiques de KFC en Chine, a déclaré que la qualité de KFC dépasse déjà les normes nationales relatives à la sécurité alimentaire. « KFC suit toujours de près l’évolution des études sur la conclusion citée dans le rapport de Zhang, et encourage les scientifiques à poursuivre la recherche approfondie en vue d’aboutir à un résultat clair au plus tôt. Nous respecterons comme toujours les règlements gouvernementaux sur l’alimentation en cas de nouvelles révisions », a-t-elle noté.

Il faut limiter les fast food étrangers parce qu’ils doublent la possibilité de cancer

Zhang Jiao, membre du Comité national de la CCPPC : l’année dernière, le nombre de restaurants de la chaîne KFC a déjà dépassé 5 000, et KFC a déclaré que ce chiffre s’élèverait à plus de 10 000 cette année. McDonald’s compte aussi plusieurs milliers d’établissements en Chine. Nous devons d’autant plus nous préoccuper de ces casse-croûte en gardant notre sang-froid qu’ils s’adaptent aux goûts des enfants, qui, à leur tour, les aiment vivement.

Les fast food occidentaux sont principalement des aliments frits, rôtis ou grillés. Une récente découverte de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) est que les aliments de ce genre contiennent une substance cancérigène––acrylamide. L’OMS a aussi déclaré que d’après les résultats d’une analyse sur les casse-croûte occidentaux, les frites, les crêpes croustillantes, le porc grillé, la peau croustillante brune des sucreries à base de fruits et quantité de fritures contiennent aussi un fort pourcentage d’acrylamide, qui est voire même 400 fois plus haut que ce que permet le critère. En même temps, un responsable du département de sécurité alimentaire de l’OMS a aussi souligné que sur les cancers causés par les aliments, 30-40 % sont relatifs à l’acrylamide. Il se peut que les risques potentiels des casse-croûte étrangers ne se produisent qu’après une longue période d’absorption, mais leur découverte tardive pourra détruire la génération qui nous suit. En outre, l’excédent d’hormones dans le poulet rôti américain risque aussi de provoquer la maturité précoce et le grossissement des enfants. L’augmentation des enfants chinois qui souffrent d’embonpoint n’y est pas étrangère. Par manque de connaissances en la matière, la Chine permet encore lentrée active des fast food occidentaux.

Maintenant, l’économie de marché qui règne en Chine nous empêche d’expulser les casse-croûte occidentaux par des moyens administratifs. La proposition de Zhang appelle donc à recourir aux moyens professionnels et spécialisés pour améliorer les procédés de confection défectueux, limiter la quantité des aliments à haute teneur en substances néfastes, et trouver au plus vite des produits de remplacement. Il faut faire savoir à tous les citoyens, notamment aux adolescents, que les fritures sont nocives à la santé, élaborer une loi stipulant que les entreprises alimentaires doivent afficher un avis accrocheur « les aliments de ce genre ne sont pas bons pour la santé », comme l’avertissement imprimé sur les paquets de tabac. L’État peut aussi instituer des dispositions pour limiter le développement de ces entreprises. Outre McDonald’s et KFC, les fritures traditionnelles chinoises, comme le beignet en torsade, méritent aussi l’attention des départements concernés.

Je n’ai aucune relation avec McDonald’s et KFC, ni expérience professionnelle dans la restauration, alors que mon enfant de 18 ans est un partisan fidèle de McDonald’s et KFC et s’en régale depuis une dizaine d’années. La situation spécifique de la Chine se distingue de celle des autres pays par le fait que les personnes de moins de 25 ans sont toutes des enfants uniques. Ainsi la qualité physique des enfants revêt une signification très importante pour leurs parents et la société.

Les fast food étrangers ne sont pas absolument fautifs

Hu Xiaoqi, nutritionniste du centre chinois pour la prévention et le contrôle des maladies : Les fast food étrangers sont considérés comme la principale cause des maladies comme les problèmes cardio-vasculaires, le diabète. En réalité, ces problèmes résultent principalement de l’absence d’un régime sain.

L’analyse des éléments nutritifs des casse-croûte révèle que la teneur en calories et graisse est beaucoup plus élevée que celle des fibres alimentaires dans ces aliments, qui contiennent cependant une faible quantité de calcium, de fer et de zinc. Un repas de Macdonald’s composé de hamburger, frites, tarte aux pommes et crème glacée peut produire une énergie de 1,185 à 1,466 kilocalorie, représentant 88 à 113 % du critère alimentaire proposé pour les enfants de 3 ans, et 49 à 63 % pour les enfants de 13 ans. Sur toutes les formes d’énergie données, la graisse occupe 40 à 59 %, tandis que la proportion des vitamines A et C est inférieure au 10 % qu’exige le critère alimentaire, et que la teneur en vitamines B1 et B2 est inférieure à 20 %. De plus, le calcium et le fer contenus dans la majorité de ces repas sont inférieurs au 20 % que recommande le critère alimentaire.

À en juger par ces analyses, nous pouvons conclure que le fast food n’est pas sain, sans pour autant confirmer que l’augmentation du taux de grossissement chez les enfants et des maladies cardio-vasculaires est directement causée par le fast food. Actuellement, les chercheurs peuvent affirmer que ces conséquences concernent étroitement la structure alimentaire non rationnelle et l’absorption excessive des éléments nutritifs pendant longtemps.

Du Junbao, directeur adjoint du service pédiatrique de l’Hôpital N°1 relevant de la faculté de médecine de l’Université de Beijing : Le régime traditionnel chinois est axé sur les céréales, alors que les aliments secondaires sont principalement des aliments frais non raffinés. Les bonbons sont peu consommés par les Chinois, mais le thé est une boisson très populaire. L’huile végétale est largement utilisée pour préparer les repas quotidiens. Les nutritionnistes étrangers estiment que le régime traditionnel chinois est le meilleur remède contre le grossissement et les autres maladies dites « nobles ». Mais une enquête remontant à dix ans a montré qu’un changement sensible s’est opéré dans la structure alimentaire du peuple chinois. Prenons comme exemple les habitants de Shanghai : en 1992, la consommation céréalière des Shanghaïens avait diminué de 22 % par rapport à 1982, mais celle des aliments à base animale avait augmenté de 150 % ; chaque personne absorbait 2 373 kilocalories, et l’énergie produite par la graisse était passée de 9 % en 1959 à 27 %, chiffre supérieur au niveau moyen du Japon. À cette époque, les casse-croûte étrangers venaient d’être introduits en Chine, et le revenu ne permettait pas d’en faire une consommation quotidienne, mais le taux de grossissement et de maladies cardio-vasculaires a montré une tendance à l’ascension. Depuis ces dix dernières années, le régime chinois est de plus en plus occidentalisé. Tous les parents souhaitent que leurs enfants s’épanouissent mais ils ont nourri le concept erroné que c’est seulement en mangeant davantage de viande, d’œufs, de lait que les enfants deviendront robustes. Il en résulte une augmentation du nombre de petites boules habituées aux repas à haute teneur en protéines et en gras, et l’augmentation du nombre d’adultes qui souffrent de maladies chroniques. Mais ce n’est pas le fast food étranger qui en est à 100 % responsable.

Une enquête sur plus de 8 000 élèves du primaire et de secondaire de Beijing et leurs parents révèle que 90 % de ces parents et 30 % de ces élèves manquent de connaissances sur le rapport entre le régime, la nutrition et les maladies. L’enfance et l’adolescence sont  une période cruciale pour la formation des habitudes comportementales, Exhorter les enfants à cultiver un mode de vie scientifique et sain est très important pour leur développement. Les parents doivent aider leurs enfants à suivre un régime peu salé, peu sucré et à haute teneur en fibre alimentaire, et à prendre davantage de produits laitiers, de légumes et de fruits, pour qu’ils absorbent la nutrition équilibrée des repas quotidiens.

Les circonstances actuelles ne permettent pas de nous dispenser des fast food étrangers ; il faut donc que nous fassions un bon choix de variété et de quantité pour maintenir l’équilibre alimentaire.

Il ne faut pas proscrire les fast food pour une unique raison

Xiao Feizhe, citoyen de Beijing : Je connais les effets néfastes des casse-croûte étrangers sur la santé plutôt que l’acrylamide. Du fait que nous ne consommons pas fréquemment ce genre de nourriture (1 à 3 fois par mois dans la majorité des cas), qui n’est rien d’autre qu’une sorte de collation pour nous, et que les repas chinois demeurent encore notre premier choix, le fast food étranger ne peut pas causer un grand problème.

Je ne suis pas favorable à la proposition de Zhang sur l’expulsion des casses-croûte étrangers du territoire chinois ou la limitation de leur développement, parce qu’ils peuvent contribuer à la solution du problème de l’emploi et au développement de l’économie chinoise. Par ailleurs, les casse-croûte étrangers ont aussi pour avantages  la facilité, la rapidité, et l’environnement de restauration propre, confortable et humain, ce qui sert de modèle aux snacks chinois. De ce fait, nous ne devons pas les proscrire pour une unique raison.