La Chine incite les sociétés transnationales à établir des centres de recherche et développement
TANG YUANKAI
Les
politiques favorables, le marché gigantesque, les bonnes ressources humaines
et les installations de base relativement complètes en Chine attirent
de plus en plus de sociétés transnationales à y établir
leur centre de recherche et développement (R&D).
Depuis l’installation de son bureau de représentation à Beijing en 1992, la société Microsoft a implanté successivement en Chine son centre de R&D, son institut de recherche d’Asie et d’autres organismes, et entrepris la coopération avec des universités pour former un personnel spécialisé en logiciels. Le laboratoire scientifique de Microsoft à Beijing, son septième dans le monde, a obtenu des succès dans les domaines de la reconnaissance vocale du chinois, de la traduction automatique, du commerce électronique, etc.
En novembre 2001, avant l’adhésion de la Chine à l’OMC, le groupe Nestlé, dont le siège se trouve en Suisse et qui possède dix-sept centres de R&D dans le monde, a fixé, pour la première fois depuis plus de 130 ans, son regard sur la Chine. Il y avait alors dix ans que ce groupe était entré en Chine.
Aujourd’hui, de plus en plus de sociétés transnationales implantent leur centre de R&D en Chine.
Du milieu des années 1980 au début des années 1990, plusieurs sociétés transnationales ont ouvert leurs usines en Chine. Et depuis la fin des années 1990, elles ont commencé à implanter des centres de R&D.
C’est le cas d’une centaine de centres de R&D ouverts en Chine par des sociétés transnationales de quelques dizaines de pays et régions dont les États-Unis, le Japon, l’Allemagne, la France, le Canada, les Pays-Bas, le Danemark, la Russie et la République de Corée. On trouve parmi ces entreprises Microsoft, IBM, General Motors Corp., Lucent Technologies, Intel, Dupont, P&G, Ericsson, Nokia, Alcatel, Siemens, Panasonic, etc.
Beijing, Shanghai et le Guangdong sont les régions qui rassemblent les plus de centres de R&D. Selon l’analyse des experts, cela est directement proportionnel à la puissance technique et économique et au niveau de réforme de la région. Les experts y voient trois raisons. D’abord, ces régions rassemblent nombre de villes-pilotes dans trois grands cercles économiques de Chine soit le bord de la mer Bohai, le delta du Yangtse et celui de la rivière des Perles, qui possèdent un vaste marché. Ensuite, les ressources techniques et scientifiques y sont les plus importantes du pays. Enfin, les sociétés transnationales y ont des projets d’investissement à long terme, dotés de bonnes conditions de R&D.
À ce qu’on sait, les centres de R&D à Beijing sont plutôt dans le secteur des technologies de l’informatique et la plupart appartiennent à des sociétés étatsuniennes. Ceux de Shanghai sont majoritairement dans les secteurs de l’automobile et de l’industrie chimique, et appartiennent surtout à des sociétés européennes. Au Guangdong, les sociétés sont plutôt dans les secteurs des technologies de l’informatique et de l’électronique. Cette disposition est conforme à la base et à la tendance du développement dans ces trois régions.
L’implantation des centres de R&D en Chine constitue une composante de la stratégie mondiale des sociétés transnationales, et leur objectif final est de réaliser en Chine l’intégration de la production, de la recherche, du développement et de la vente, et de l’aligner sur le réseau mondial. Leur première intention a été de coordonner la production et la vente pour élever la compétitivité de leurs produits. Par exemple, l’installation à Shanghai du centre de R&D de la société Intel a pour objectif la promotion de ses produits Pentium III et Pentium IV en Chine de même que dans le monde. L’édition chinoise du logiciel Windows98 est l’œuvre la plus réussie du centre de R&D de Microsoft à Beijing.
Après
l’entrée de la Chine dans l’OMC, le tarif douanier sur certains
produits se voit réduire progressivement selon diverses stipulations.
Les sociétés transnationales en Chine sont confrontées
à une concurrence plus acharnée causée par d’autres
entreprises et produits étrangers. Qu’on puisse ou non garder sa
part du marché dépend de la coordination entre la recherche et
le développement, l’approvisionnement en matières premières
et les usines de production, et de la possibilité de diminuer les coûts
de production. C’est pour faire face à la concurrence que les sociétés
ont implanté leur centre de R&D. L’ouverture de centres de
R&D en Chine constitue également un maillon important du réseau
de R&D mondial des sociétés transnationales. Par exemple,
la société Motorola a installé 18 centres de R&D comme
ceux de Beijing et de Shanghai dans le domaine de l’électronique
informatique. Le centre de R&D en Chine de la société P&G
est depuis longtemps lié à ses 18 autres centres de R&D dans
le monde et tous poursuivent simultanément la recherche et le développement.
L’investissement étranger peut évidemment entraîner le développement de la technique et de la production de Chine. Le concept, la technique et la rentabilité remarquable apportés par ces centres de R&D sont plus importants. Le « Rapport sur les investissements mondiaux » (2002), publié par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, montre que les sociétés transnationales, par le biais des centres de R&D en Chine, élèvent sans cesse le niveau technique de leurs entreprises en Chine et engagent la coordination avec les entreprises chinoises pour renforcer la compétitivité d’ensemble. Selon le personnel du secteur, la coopération et la transition technique entre les centres de R&D et les institutions de recherche chinoises peuvent promouvoir la recherche et le développement local. Par ailleurs, le renouvellement des produits joue un rôle très important pour les sociétés transnationales dans la concurrence sur le marché.
Selon le « Rapport des investissements mondiaux » (2002), dès les années 1980, les gouvernements central et locaux de Chine ont adopté une attitude positive pour absorber les investissements étrangers et ont élaboré une série de politiques favorables, comme la Liste des secteurs ouverts aux investissements étrangers, publiée en 2002. Selon la Liste, les secteurs se divisent en quatre catégories, soient les secteurs encouragés, autorisés, limités et interdits. Les centres de R&D se classent dans les secteurs d’encouragement.
Selon la stipulation de la Liste, en plus des mesures préférentielles dont jouissent les entreprises de haute technologie à investissements étrangers, les centres de R&D sont exemptés de douane à l’importation et d’impôt sur la valeur ajoutée dans les importations d’équipement et de pièces détachées utilisés pour la recherche et le développement. Le revenu provenant du transfert de technique de R&D est exempté d’impôt sur le chiffre d’affaires. La procédure d’approbation d’introduction d’investissements étrangers est aussi simplifiée et facilitée.
La bonne qualité et le bas coût du personnel chinois constituent une autre raison importante pour laquelle les sociétés transnationales ont implanté des centres de R&D en Chine. Par exemple dans le secteur du logiciel, le coût d’un travailleur étasunien est neuf fois plus élevé que celui du personnel chinois, et le coût du personnel indien est deux fois celui du personnel chinois. Dans les centres de R&D de la société Oracle, magnat du secteur du logiciel, le salaire annuel du personnel étasunien est de 80 000 USD, tandis que celui du personnel chinois n’est que de 12 000 USD.
« Pour la recherche et le développement, la ressource la plus importante est le personnel. » a dit Keith Sutton, vice-président de la société Nokia. Le plus grand centre de production et de R&D de Nokia s’est installé à Beijing où les travailleurs compétents ne manquent pas. La puissance de recherche et de développement en télécommunication de Hangzhou, appuyée par l’Université du Zhejiang, a permis à Nokia d’y implanter son centre de R&D mondial.
Pour la même raison, la société Motorola, qui a établi deux co-entreprises à Hangzhou, a implanté en collaboration avec l’Université du Zhejiang un centre de R&D.
Selon la prévision d’un fonctionnaire du ministère du Commerce, dans les cinq ans à venir, le nombre des centres de R&D implantés en Chine par les sociétés transnationales aura doublé.