Dix pour cent des écoles supérieures seulement dispensent
des cours d'éducation sexuelle
Lors d'un colloque national sur la santé et l'éducation sexuelles des étudiants qui vient de se terminer, ont été révélés les résultats d'une enquête en matière de problèmes sexuels menée pendant 4 ans auprès de 15 000 étudiants de 38 établissements d'enseignement supérieur du pays. Ce rapport est composé de quelque 2,36 millions de caractères chinois couvrant plus de mille pages.
Selon cette enquête, plus de la moitié des étudiants chinois approuvent l'étreinte ou le baiser entre étudiants des deux sexes, mais seulement 26% des étudiants et 7% des étudiantes approuvent l'attouchement des parties plus sensibles du corps, voire les rapports sexuels. Cela montre que parmi les étudiants chinois, la majorité adopte une attitude plutôt conservatoires vis-à-vis des comportements intimes dans l'amour. Sur le chapitre des actes sexuels, 10,6% des étudiants et 5,6% des étudiantes reconnaissent avoir eu des rapports sexuels, tandis 40,2% des étudiants et 39,4% des étudiantes ont choisi de contenir ou de refouler leur désir au moment d'une impulsion sexuelle.
En ce qui concerne la psychologie sexuelle, la même enquête révèle que 90% des étudiants sont plutôt satisfaits du sexe auquel ils appartiennent, et que plus d'un quart des étudiantes aimeraient changer de sexe si les conditions le leur permettaient. D'après M. Gao Dewei, président de l'Institut de l'Education sur la santé sexuelle de Beijing et professeur à l'Ecole normale supérieure de la capitale, parmi les raisons multiples qui sont à l'origine de ce dernier phénomène, on a surtout à en noter trois : d'abord, les étudiantes souhaitant changer de sexe n'ont pas suffisamment pris conscience de la juste valeur de leur propre sexe ; ensuite, du fait qu'il existe une inégalité sur le plan de l'emploi entre les étudiants des deux sexes, certaines étudiantes nourrissent l'illusion de trouver un poste de travail idéal à travers le changement de sexe ; enfin, comme il est de tradition en Chine que les femmes s'occupent de toutes les tâches ménagères dans la famille, certaines d'entre elles craignent d'avoir à faire face à des responsabilités écrasantes.
L'enquête montre en outre que malgré leur désir d'en savoir plus sur le sexe, les étudiants chinois restent cependant peu instruits en la matière. En remplissant un questionnaire à choix sur « les multiples connaissances en matière sexuelle que les étudiants chinois veulent acquérir » composé de 34 questions, 85,2% des étudiants et 88,2% des étudiantes ont avant tout, par exemple, opté pour « la psychologie et les manières à adopter dans les relations avec un partenaire de sexe différent », tandis que les connaissances relatives à l'amour proprement dit et au mariage ne viennent qu'en second plan. Parmi les autres questions en la matière, leur intérêt va particulièrement aux « critères de l'esthétique sexuelle », à la « culture de l'esthétique sexuelle » et aux « principes et méthodes contraceptifs ».
Ces dernières années, on a constaté en Chine une attention accrue portée à la santé et l'éducation sexuelles des adolescents et des jeunes. La même enquête nous apprend que les moyens d'acquisition de connaissances sexuelles par les étudiants dépendent souvent de facteurs divers, dont l'âge et le sexe. Les étudiants des classes élémentaires ont par exemple tendance à se faire instruire en matière de sexualité auprès des journaux et magazines et ceux des classes supérieurs, à chercher des explications en matière sexuelle en consultant des ouvrages médicaux professionnels.
M. Gao Dewei a fait savoir en outre que jusqu'à ce jour, il n'existe pas encore dans l'enseignement supérieur chinois un manuel unifié sur l'éducation sexuelle, et que cette dernière n'est enseignée en tant que cours à option que dans moins de 10% des écoles supérieures.