Sauvetage des livres anciens des minorités ethniques

 

Un traité bibliographique relatif aux livres anciens Dongba des Naxi vient d'être mis en vente à Beijing. Il s'agit des « Résumés des catalogues des livres anciens des minorités ethniques-volume des Naxi ». L'ensemble fera le bilan du travail de sauvetage et de mise à jour des livres anciens des 55 minorités ethniques, et constituera une conservation transséculaire des cultures de minorités ethniques.

Selon le plan, des volumes concernant une bonne dizaine d'ethnies minoritaires dont les Bai du Yunnan et les Tu du Qinghai seront publiés l'année prochaine et les autres volumes seront publiés au plus tard en 2008.

En 1984, le Conseil des affaires d'Etat avait déjà approuvé le rapport soumis par la Commission nationale des affaires ethniques sur le sujet du sauvetage et de la mise à jour des livres anciens des minorités ethniques. Depuis lors, la protection, le sauvetage, la recherche, la mise à jour, la publication et l'étude des livres anciens des minorités ethniques est sur la bonne voie.

Mais ce travail reste assez difficile du fait de la quantité des livres dispersés -et parfois même perdus- devant être mis à jour. Sans compter le manque de personnel compétent. Un tel travail, d'une pareille ampleur, est sans précédent dans l'histoire chinoise...

La moitié des 55 ethnies minoritaires de Chine ont leur propre écriture et possèdent quantité de livres anciens. Celles qui n'ont pas d'écriture conservent des oeuvres orales. D'autre part, les livres anciens de langue chinoise contiennent des passages relatifs aux oeuvres de minorités ethniques.

Selon des statistiques incomplètes, quelque 300 000 titres de livres anciens de minorités ethniques ont été trouvés et mis à jour, dont 5 000 ont été publiés. 25 provinces, régions autonomes et municipalités ont déjà établi un organisme chargé de ce travail.

Le professeur Zhang Gongjin de l'Université centrale des minorités ethniques et rédacteur en chef des « Résumés des catalogues des livres anciens des minorités ethniques de Chine » a déclaré que les livres anciens des diverses ethnies étaient à la fois spécifiques et complémentaires. Par exemple, les Han n'ont pas laissé d'épopée, mais les minorités ethniques du Nord ont créé de nombreuses épopées, et celles du Sud ont composé de longs poèmes génésiaques ou narratifs. Les Tripitakas en tibétain, en langue des Xia occidentaux, en mongol, en mandchoue et en langue des Dai peuvent enrichir la littérature classique des Han.

M. Ren Jiyu, président de la Bibliothèque nationale, a affirmé de son côté que c'était un travail opportun. La plupart des oeuvres anciennes des minorités ethniques sont orales, a-t-il fait remarquer, et elles risquent d'être perdues au cours de leur transmission. Il faut donc les mettre à jour et les publier sans tarder afin de les conserver. Selon le président, il est d'autant plus urgent de réaliser ce travail que les chercheurs sur les livres anciens des minorités ethniques ont vieilli et que des successeurs compétents font cruellement défaut...