Le personnel qualifié - clé du développement économique et social

Une conférence nationale sur le personnel qualifié a eu lieu en décembre dernier à Beijing. Il s’agissait de la première du genre depuis la fondation de la Chine nouvelle en 1949. Elle exercera sans aucun doute une influence importante sur le développement du pays dans la nouvelle période.

WU DEGUI

Les besoins urgents

Avec l’arrivée de l’économie du savoir, l’objectif d’édification d’une société d’aisance et l’adhésion de la Chine à l’OMC, la fourniture de personnel qualifié est devenu un problème saillant.

Le XXIe siècle est caractérisé par l’économie du savoir. L’évolution de la société humaine de l’économie agricole à l’économie industrielle puis à l’économie du savoir est une nécessité du développement de l’histoire humaine. L’économie agricole se caractérise par un lien étroit de la main-d’œuvre avec la terre ; l’économie industrielle, par celui du capital avec l’équipement ; et l’économie du savoir, par celui de la connaissance avec les personnes de haute formation. L’économie du savoir est par nature l’économie de la compétence. Selon les prévisions des experts, les divers pays du monde entreront l’un après l’autre, vers 2030, dans la période de l’économie du savoir. Pour la Chine, l’économie du savoir a commencé à apparaître récemment, et requiert un grand nombre de personnes qualifiées.

Le XVIe Congrès du Parti communiste chinois tenu en novembre 2002 a défini l’objectif de construire une société au niveau de vie relativement aisé, qui devra être réalisé en 2020. Cet objectif nécessite la formation d’un grand contingent de personnel qualifié dont les cadres du Parti et de l’administration, les gestionnaires des entreprises et le personnel spécialisé.

L’adhésion de la Chine à l’OMC signifie que le pays doit participer à la concurrence et à la coopération internationales dans des domaines plus nombreux et plus approfondis. L’économie chinoise et l’économie mondiale seront de plus en plus dépendantes l’une de l’autre, et les échanges de la Chine avec les autres pays du monde se multiplieront de jour en jour. Cela entraînera une réaction internationale et une concurrence internationale sur le plan du personnel qualifié. Comment former, garder, introduire et utiliser ce personnel constituera une question stratégique à laquelle se rapporte la réussite ou l’échec du développement du pays.

Insuffisance et exode du personnel de haut niveau

Il existe actuellement beaucoup de problèmes sur le plan du personnel, tels que le nombre insuffisant, la qualité d’ensemble, la structure peu rationnelle, surtout la pénurie de personnes de formation supérieure.

Dans n’importe quel pays, le personnel qualifié supérieur est toujours insuffisant. Donc, ce personnel fait, dans un certain sens, le principal objet de la dispute. À l’heure actuelle et dans la période à venir, la Chine a un besoin urgent de cinq genres de personnel : personnel de haut niveau, personnel de hautes technologies, personnel supérieur des secteurs de banque et d’assurance, gestionnaire supérieur et personnel administratif qualifié.

Actuellement, l’effectif du personnel qualifié de la Chine dépasse 60 millions de personnes, mais le personnel de haut niveau est quand même sérieusement insuffisant et son vieillissement est évident. Par exemple, parmi 143 000 professionnels supérieurs qui jouissent des subventions gouvernementales, quelque 110 000 ont pris leur retraite avant la fin de 2001. Bien qu’une partie aient retardé leur retraite, le nombre actuel des experts en fonction ne dépasse pas 50 000, soit un nombre disproportionné dans un pays d’une population de 1,3 milliard et où l’économie et la société se développent rapidement.

En plus de personnel de recherche scientifique, la Chine manque aussi de gérants et gestionnaires supérieurs. Une enquête montre que Shanghai a actuellement besoin d’environ 10 000 gestionnaires supérieurs d’entreprises et que parmi plus de 1 000 gérants des groupes de sociétés, qui ont subi l’enquête, 90 % ne connaissent pas une langue étrangère et ne savent pas utiliser l’ordinateur. Il est donc difficile de faire face à la concurrence commerciale moderne.

Comme les autres pays en voie de développement, la Chine est devant une énorme crise causée par l’exode des personnes de haute formation. D’après les experts, la proportion rationnelle de la circulation du personnel doit être de l’ordre de 2 : 1, mais en Chine, elle est de 4 : 1. Beaucoup de diplômés d’élite des universités de premier ordre et du personnel d’ossature d’établissements de recherche scientifique, y compris des responsables de certains projets de création, ont quitté le pays. Selon l’enquête, une partie des personnages clés de 1 052 projets de hautes et nouvelles technologies sont allés à l’étranger, la plupart aux États-Unis. Plus de la moitié avaient une maîtrise. Cela a attiré une grande attention des autorités concernées.

On est conscient qu’améliorer les conditions de mise en jeu du talent et former le personnel qualifié est la clé de la réalisation de la stratégie de développement et aussi une voie importante pour l’élévation de la compétitivité du pays dans le domaine du personnel.

Optimiser l’environnement

La formation du personnel est l’une des bases d’un contingent de personnes qualifiées. Cependant, la Chine a investi trop peu dans ce domaine. Selon des données statistiques, l’investissement des États-Unis dans le capital humain et dans le capital matériel est respectivement de 5,4 % et de 17 % du PIB, soit une proportion de 3,15 fois entre les deux ; en Corée du Sud, ils sont de 3,7 % et de 30 %, une proportion de 8,15 fois ; et en Chine, de 2,5 % et de 30 %, soit de 12 fois. Le peu d’investissement dans le capital humain a entraîné deux conséquences : l’insuffisance quantitative du personnel qualifié, qui ne répond pas à la demande du développement économique et social ; et la basse qualité de l’ensemble du contingent.

Attirer et savoir utiliser le personnel qualifié est aussi très important. Actuellement, le mécanisme du personnel et les politiques concernées ne s’adaptent pas à la nouvelle situation de développement.

Le système est toujours de première importance. Ces dix dernières années, avec la mise en œuvre du système d’économie de marché en Chine, le système de gestion du personnel est aussi réformé. Mais à présent, les rapports entre le gouvernement d’un côté et les entreprises, les institutions et les organisations sociales de l’autre ne sont pas encore complètement ordonnés. Il faut donc supprimer les défauts du système, défavorables à l’exploitation des ressources humaines, et établir un nouveau système de gestion du personnel plein de vitalité, capable de favoriser la formation du personnel, de promouvoir la circulation rationnelle du personnel qualifié et de s’harmonise avec l’économie socialiste de marché, afin d’attirer et utiliser efficacement les compétences.

La politique en matière de personnel reste à réajuster. Au fur et à mesure de la dispute acharnée du personnel compétent, les gouvernements locaux ont élaboré des politiques pour l’attirer et le garder. Par exemple, la municipalité de Beijing a pris une série de mesures, entre autres, accélérer l’introduction de personnel qualifié, appliquer le système de carte de travail et de séjour, ouvrir la « voie verte » pour les étudiants revenus de l’étranger, encourager le personnel supérieur de Hongkong, de Macao et de Taiwan à travailler à Beijing et inciter les personnes compétentes d’outre-mer à fonder leurs sociétés à Beijing. Ces mesures ont eu des effets considérables. Mais dans l’ensemble du pays, les politiques concernées laissent encore à désirer. L’environnement juridique et humain doit aussi s’améliorer.

Le gaspillage des ressources humaines mérite également l’attention. Le problème se manifeste dans ces domaines : n’accorder de l’importance qu’à l’utilisation, aux connaissances, au degré d’instruction, à l’âge, aux personnes revenues d’outre-mer et aux unités d’État, mais négliger la formation, l’augmentation de la compétence, le niveau et la capacité réels, les personnes locales et les unités privées.