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Comment voir l’économie chinoise

LI ZI

L’objectif principal du fonctionnement de l’économie nationale au premier trimestre publié le 15 avril par le Bureau d’État des statistiques a attiré l’attention générale même de la presse étrangère. L’inflation existe-elle en Chine ? L’économie est-elle en surchauffe ? Comment connaître la situation économique actuelle de la Chine ?

La situation économique générale est bonne

Un responsable du Bureau d’État des statistiques a déclaré que l’économie chinoise a maintenu une croissance rapide au premier trimestre. La réforme et l’ouverture continuent, la cause sociale se développe d’emblée, la situation générale est bonne.

Premièrement, l’économie continue de croître, la vitalité intérieure a connu un renforcement remarquable. Le PIB du premier trimestre a atteint 9,7 %, tous les agents économiques étaient actifs, le capital populaire est réactivé, l’indice de confiance des consommateurs et des entrepreneurs augmente.

Deuxièmement, l’efficacité opérationnelle de l’économie était assez bonne, le revenu des habitants a augmenté rapidement. Le profit des entreprises industrielles a augmenté de 44,2 % par rapport à la même période de l’année dernière ; les recettes financières, de 33,4 % ; le revenu utilisable des habitants urbains a augmenté en moyenne de 12,1 % par personne, le revenu comptant des habitants ruraux, de 13,2 % par personne.

Troisièmement, la demande de consommation a augmenté régulièrement, les marchandises étaient abondantes. La vente au détail des articles de consommation a augmenté de 10,7 % par rapport à la même période de l’année dernière. La vente de logements, de voiture et de télécommunications continue de croître. Les 600 articles les plus importants sont toujours présents sur le marché.

Quatrièmement, le commerce extérieur a connu une forte tendance à l’augmentation, l’utilisation des capitaux étrangers a maintenu un niveau élevé. Le volume d’importation et d’exportation a augmenté respectivement de 42,3 % et de 34,1 %. Bien que le commerce extérieur ait connu une balance défavorable de 8,4 milliards de dollars, la Chine a une abondante réserve de devises ; elle importera certains matériaux dont elle a grand besoin, ce qui peut améliorer le rapport entre l’offre et la demande. Étant donné que le commerce de transformation de la Chine occupe une part importante, la balance défavorable du commerce extérieur ne peut durer longtemps. Les entrepreneurs étrangers ont fixé leur choix sur le marché chinois. Pendant le premier trimestre, les capitaux étrangers contractés et les capitaux étrangers réellement utilisés ont augmenté respectivement de 49,2 % et de 7,5 % par rapport à la même période de l’année dernière.

Cinquièmement, le prix à la consommation augmente lentement mais reste sous contrôle. Le niveau de consommation des habitants a augmenté de 2,8 % par rapport à la même période de l’année dernière, équivalant à celui de 1997.

Sixièmement, l’initiative des fermiers pour la production agricole s’est élevée, et la production a connu une bonne tendance. L’investissement dans l’agriculture s’est renforcé. La surface ensemencée en céréales a augmenté. Les cultures industrielles continuent de se développer. L’élevage et l’industrie de produits aquatiques maintiennent une croissance régulière.

Septièmement, le marché des capitaux était actif, la pression de réévaluation du yuan chinois est un peu allégée. Depuis le début de l’année, l’indice des titres a remonté sensiblement, le volume des affaires a augmenté. Étant donné que le taux de change du dollar américain est resté stable malgré une légère augmentation, le commerce extérieur de la Chine a connu une balance défavorable et le prix ont un peu augmenté, ce qui a diminué la pression de réévaluation du yuan.

Selon ces sept éléments, nous pouvons dire avec raison que la situation globale de l’économie chinoise actuelle est vraiment bonne ; c’est l’aspect principal du développement de l’économie chinoise.

Le responsable du Bureau d’État des statistiques a aussi affirmé que parallèlement au résultat acquis par l’économie nationale, nous ne pouvons pas esquiver la contradiction. Dans la vie économique sont apparus certains problèmes méritant attention outre les problèmes connus de l’agriculture, des régions rurales et des paysans. Par exemple, l’investissement dans l’immobilier a augmenté très vite, surtout certains secteurs et régions ont investi aveuglément et entrepris la reconstruction de bas niveau ; la distribution des prêts entraîne aussi certains problèmes causant une grave restriction de matières premières importantes, de ressources énergétiques et de transport, la pression de la hausse des prix des moyens de production a augmenté.

Pressé par l’inflation

Yao Jingyuan, économiste en chef et porte-parole du Bureau d’État des statistiques, a dit que l’indice des prix à la consommation des habitants (IPC) peut mesurer l’inflation ou la déflation ; le chiffre positif est l’inflation, le chiffre négatif est la déflation. Un nombre positif à deux chiffres signifie une inflation galopante.

L’IPC de la Chine a connu une croissance négative depuis novembre 2001 jusqu’à la fin de 2002. En 2003, il est passé de croissance négative à croissance positive. Il a remonté de 0,7 % des trois premiers trimestres à 1,8 % en octobre, 3 % en novembre et 3,2 % en décembre.

Au premier trimestre de 2004, l’IPC a augmenté de 2,8 % (+2,3 %), et maintient la tendance à l’augmentation du dernier trimestre de l’année dernière.

Zheng Xingjuan, économiste en chef de Morgen Stanley (Chine), prévoit que l’IPC de la Chine atteindra 5 % à 6 % au troisième trimestre de 2004. Tous les milieux cherchent à deviner le taux d’inflation de l’année courante en Chine.

Un responsable du Bureau d’État des statistiques a dit que les prix au premier trimestre étaient en hausse. Du point de vue du changement des prix, la Chine se trouve actuellement dans une étape montante douce, et fait face à la pression de l’inflation.

Un spécialiste du centre d’information de Chine a dit que si l’IPC augmente de 2 à 3 %, on le considère comme une inflation douce.

« Mais selon le concept mondial, lorsque l’IPC augmenté de 2 %, c’est déjà l’inflation. Le risque d’inflation est une réalité non discutable », dit Zhan Xiangyang, directeur de l’Institut de recherche sur la finance relevant de la Banque d’industrie et de commerce de Chine. Le yuan chinois est actuellement ferme sur le marché mondial, ce qui le protège contre l’inflation. « Si le taux d’inflation est inférieur à 5 %, l’économie ne subira pas une grande influence », dit Zhan.

Yao Jingyuan dit que l’inflation dépend des deux facteurs suivants. Premièrement, il faut voir si l’IPC peut continuer de croître ou non. L’augmentation de l’IPC de l’année dernière est causée principalement par la hausse des prix des céréales, et ne peut donc durer longtemps. Le prix des autres articles de consommation est en train de baisser. Le prix des services est monopolisé par le gouvernement. Les prix du charbon et de l’électricité doivent être stables. Deuxièmement, la hausse des prix des matières premières pourrait s’étendre aux produits de consommation. Mais dans la situation actuelle, il serait difficile de le faire. Par exemple, la voiture. Le prix de l’acier a beaucoup augmenté, l’industrie de l’automobile peut-elle rejeter le prix de revient sur les consommateurs ? Non, parce que l’offre de la voiture est supérieur à la demande. Maintenant, le prix de l’acier commence à baisser. Par conséquent, l’inflation faiblit.

Selon les prévisions de Yao, l’IPC de l’année courante sera de 3 %.

Comment juger la situation économique

Wu Xiaoling, vice-président de la Banque populaire de Chine, dit qu’on ne peut juger de la surchauffe de l’économie chinoise par de simples chiffres ; il faut voir la capacité de support des ressources intérieures. Si les ressources actuelles peuvent soutenir le développement économique rapide, on peut dire l’économie chinoise n’est pas en surchauffe, mais si sa vitesse est freinée par les ressources, il y a surchauffe. Plusieurs rattachent la croissance de l’IPC à la présence ou l’absence de surchauffe. Wu dit que selon la Banque centrale, l’IPC n’est pas la norme principale des diverses mesures de contrôle et de réajustement.

Tang Min, économiste en chef du Bureau de représentation en Chine de la Banque de développement de l’Asie, pense que bien que l’investissement et l’inflation existent – le signe méritant attention –, l’économie chinoise actuelle ne peut être considéré comme une économie en surchauffe.

L’économie chinoise de 2003 a connu une croissance de 9,1 % (+1,1 %) ; elle se trouve au niveau moyen des vingt dernières années. La nouvelle vague d’inflation n’est pas grande, mais il faut maintenir la vigilance dans certains domaines, dit Tang.

Si la Chine continue d’appliquer la politique monétaire modérée tout en contrôlant efficacement les investissements en surchauffe dans certains secteurs et régions, le taux d’inflation de l’année sera de 2 à 3 %, les opérations de macro-contrôle ne seront pas influencées gravement.

Un responsable du Bureau d’État des statistiques a dit que nous devons analyser les problèmes de façon concrète et régler les problèmes réels ciblés. La Chine se trouve dans une période de transition structurelle et d’accélération du développement économique. Le développement économique chinois possède un caractère spécifique de complexité. Par conséquent, il ne faut pas le mesurer et juger par la théorie économique et le mode de développement de l’Occident. Selon la situation actuelle, bien que la croissance de l’économie chinoise soit rapide, l’agriculture et le secteur tertiaire ne se sont pas améliorés rapidement. Les dépenses financières sont presque rationnelles, le marché des capitaux est à peu près stable, l’augmentation de la consommation et la hausse des prix sont presque normales, tandis que l’augmentation rapide des investissements de certains secteurs et régions ont entraîné l’élévation des prix des moyens de production importants et l’augmentation rapide de certains secteurs relevant de l’industrie lourde.

À présent, l’économie nationale se trouve dans un moment critique. Réaliser le développement rapide et équilibré reste encore à faire. Le premier ministre Wen Jiabao dit que le gouvernement central doit continuer à raffermir le macro-contrôle pour enrayer l’augmentation rapide des investissements, prévenir l’inflation et éviter soit une surchauffe incontrôlable, soit une récession brutale. C’est une tâche importante et urgente et une mesure nécessaire du développement scientifique.

Le macro-contrôle : la clef

Le succès ou l’échec du macro-contrôle concerne directement la prospérité ou le dépérissement de l’économie. Étant donné l’accélération de la tendance de diversification des agents économiques, de la structure de propriété et de la répartition des revenus et l’élargissement de l’ouverture sur l’extérieur de jour en jour, le macro-contrôle se trouve devant une situation compliquée et difficile.

Un responsable du Bureau d’État des statistiques résume la direction principale de la politique de macro-contrôle : si on veut développer l’économie, il faut la développer selon un concept scientifique. La tâche actuelle constitue à protéger, diriger et mettre pleinement en jeu l’initiative du développement, à approfondir la réforme, optimiser la structure, augmenter la rentabilité économique, contrôler efficacement l’investissement en surchauffe et maintenir l’équilibre du développement de notre économie à un rythme relativement rapide.

L’inertie de l’économie chinoise est grande ; si l’on freine brusquement, il sera difficile d’éviter de fortes fluctuations économiques et une perte énorme. L’économie chinoise est entrée dans la structure générale de la division industrielle du monde ; elle peut influencer l’économie mondiale. Par conséquent, la Chine continue d’appliquer la politique financière proactive et la politique monétaire modérée, d’assurer le macro-politique continu, stable et autorisé, de prendre des mesures de contrôle convenables et efficaces pour les problèmes de la vie économique. La tâche actuelle est de contrôler l’envergure de la construction urbaine et l’investissement dans la propriété immobilière de certaines régions et la construction de certains secteurs ayant des investissements en surchauffe. Le macro-contrôle peut éviter le petit problème avant le grand problème, empêcher le problème local de devenir un problème national. Par conséquent, l’économie chinoise possède les conditions qui lui permettent d’atterrir en douceur.

Quant aux problèmes apparus dans la vie économique, le gouvernement chinois a lancé depuis les six derniers mois de l’année dernière une série de politiques et mesures concernant le soutien de l’agriculture et de la production céréalière, la mise en ordre de la zone de développement, le renforcement de la gestion agraire, le contrôle de la croissance des crédits, le contrôle des investissements aveugles dans les secteurs de l’acier, de l’aluminium électrolytique et du ciment, dit le responsable du Bureau d’État des statistiques.

Au fur et à mesure de la mise en place des mesures diverses, le fonctionnement de l’économie nationale sera plus équilibré et l’investissement sera plus rationnel dans les six derniers mois de l’année courante.

L’influence sur les pays voisins

La Banque mondiale a dit dans son rapport du 20 avril 2004 que contrôler l’économie en surchauffe en Chine produira une influence sur les partenaires commerciaux de l’Asie. La Banque mondiale croit que la signification de l’atterrissage en douceur, action prise par la Chine, franchit sa frontière lorsque la croissance du PIB est près de 10 %.

Selon Dipak Dasqupta, économiste principal du bureau de représentation en Chine de la Banque mondiale, « grâce au contrôle de l’économie en surchauffe, le rythme de croissance de l’importation de la Chine diminuera ; par conséquent, les autres pays asiatiques doivent s’orienter vers la demande intérieure, afin d’assurer leur croissance ».

Le rapport indique que la Chine est toujours la force motrice de la croissance économique de la région est de l’Asie. En 2003, le volume d’importation a augmenté de 40 %. Pendant le premier trimestre 2004, grâce à la demande des matières premières destinées à la fabrication des produits industriels d’exportation, l’augmentation du volume d’importation est toujours la même. La plupart des matières premières sont importés des pays voisins. Ces trois dernières années, le commerce interrégional a représenté 70 % de la croissance d’exportation de l’entité économique d’Asie de l’Est en développement. Mais au fur et à mesure du refroidissement de la croissance rapide de la Chine, cette tendance ralentira. Le gouvernement chinois s’efforce de diminuer le niveau de croissance économique jusqu’à un niveau où on pourra facilement l’administrer. Pour réaliser cet objectif, il faut continuer de créer des occasions d’emploi et poursuivre la réforme économique, en assurant l’équilibre entre la stabilité économique et la croissance rapide de l’investissement.

Homi Kharas, économiste principal de la région Asie-Pacifique, a dit que bien que le ralentissement de la croissance économique de la Chine influence certainement d’autres entités économiques de la région, cette influence ne sera pas très grande. Même si la croissance d’importation de la Chine diminuait de 10 %, elle ne causerait une perte que de 1 % pour la croissance du PIB de la République de Corée et de la région de Taiwan, et moins de 0,5 % pour les pays se classant au même rang que la Thaïlande. Si le ralentissement apparaît en 2004, l’influence sera contrebalancée par la croissance d’importation du Japon au sein de la région et l’augmentation du commerce mondial.

Homi Kharas dit que le grand risque auquel la région d’Asie de l’Est fait face ne vient pas du ralentissement de la croissance économique de la Chine, mais d’un atterrissage brusque.

En fonction des mesures prises, la Banque mondiale dit que le taux de croissance économique de la Chine pour l’année courante sera de 7,7 %, le taux d’inflation, de 2 à 3 %. Le taux de croissance économique de l’Asie de l’Est en 2004 dépassera 6 % grâce à la stimulation de l’exportation, à l’intérêt bas et au taux élevé de l’investissement de la Chine, du Vietnam et de la Thaïlande.