Le taux de consommation des Chinois
est tombé au plus bas niveau
Selon les données fournies par le Bureau d'Etat des statistiques, en 2003, le taux de consommation en Chine a été seulement de 55,4%. Cela veut dire qu'il est tombé à son plus bas niveau depuis 1978.
Xu Guangjian, professeur et spécialiste en macroéconomie, a fait savoir que le taux de consommation en Chine a connu une baisse continue ces dernières années : de 62,1% en 1978, il est passé à 66,1% en moyenne pendant la période du 6e Plan quinquennal, puis est tombé à 63,4% en moyenne durant la période du 7e Plan quinquennal avant de se stabiliser à 58,7 et 59,4% respectivement au cours des 8e et 9e Plans quinquennaux. En 2002, il est tombé à 58%, soit le niveau le plus bas depuis l'application de la politique de réforme et d'ouverture sur l'extérieur. Toutefois, loin de se maintenir à ce bas niveau, il a continué à descendre jusqu'à 55,4%, soit une diminution de 2,6% rien qu'en une seule année. Une telle situation est évidemment rare dans l'histoire de la Chine.
« Ce qui est à l'origine de cette baisse continue du taux de consommation, c'est que l'augmentation des revenus des paysans reste lente et que, par conséquent, le pouvoir de consommation de ces derniers est affaibli », a affirmé Xu. Si on procède à une analyse plus en profondeur sur le taux de consommation de l'année passée, on remarque que le volume de la consommation des habitants urbains a en fait augmenté, représentant 57,6% du taux de consommation du pays entier, tandis que le volume de la consommation des paysans a affiché une baisse plus ou moins importante (42,4%).
Comme la distribution du revenu national privilégie outre mesure les villes et que les campagnes se trouvent pratiquement en marge du système de protection sociale, le pouvoir de consommation des paysans chinois, qui sont confrontés à de lourdes dépenses, se trouve considérablement affaibli.
Pendant les 20 dernières années, par rapport au montant global de la vente en détail du pays entier, celui des habitants des zones rurales est passé de 64% durant les années 80 du siècle écoulé à 47,8% l'année dernière.
En jetant un regard sur le passé, on remarque que si la consommation des Chinois a atteint un taux de 67,5% en 1981 (le niveau le plus élevé depuis l'entrée de la Chine dans l'ère de réforme et d'ouverture sur l'extérieur), c'est qu'à cette époque-là, grâce au système de responsabilité à rémunération forfaitaire selon la quantité de produits fournis fraîchement mis en place, les paysans ont vu leurs revenus s'accroître de manière rapide.
Bien sûr, cette baisse au plus bas niveau du taux de consommation est due plus directement au surinvestissement. Par ailleurs, le fait que bon nombre de Chinois privilégient les dépôts bancaires au détriment de la consommation parce que la Chine n'est toujours pas couverte par un système perfectionné de protection sociale et qu'ils ne sont pas rassurés quant à la garantie de leur vie à l'avenir, constitue lui aussi un facteur de la baisse continue du taux de consommation. Selon les statistiques, jusqu'à la fin de 2003, le solde du montant des épargnes des Chinois avait atteint quelque 10 000,36 milliards de yuans.
En outre, parmi les facteurs importants qui sont à l'origine de cette baisse continue du taux de consommation, il faut aussi prendre en compte l'augmentation lente des salaires des ouvriers et employés et les salaires trop bas, voire non payés des paysans travaillant dans les villes. A l'heure actuelle, le nombre de ces derniers a atteint approximativement 96 millions, dépassant l'ensemble du personnel des entreprises publiques. Il s'agit donc d'un gigantesque groupe de nouveaux ouvriers industriels aux revenus dérisoires. Cependant, le gouvernement tarde à prendre des mesures pour protéger les intérêts des travailleurs d'origine rurale, tandis que les patrons d'entreprises cherchent à réduire au minimum le montant des salaires et à ne fournir que des conditions de travail et une protection sociale médiocres. L'exemple le plus typique de ce genre d'attitude est évidemment les arriérés de salaire, voire l'absence de garantie d'un salaire.