Les pays d’Afrique avancent vers la stabilité
LU TING’EN
Depuis
longtemps, les conflits armés sont l’obstacle principal à
la paix, à la stabilité et au développement de l’Afrique.
Face au rigoureux défi de la mondialisation économique, l’Union
africaine (UA), établie en juillet 2002, s’efforce de régler
les conflits régionaux et les troubles intérieurs par la force
collective. Les Nations unies et la communauté internationale ont également
prêté un soutien dans divers domaines. Certaines organisations
régionales africaines, comme la Communauté économique de
l’Afrique de l’Ouest, la Communauté de développement
de l’Afrique australe et des politiciens célèbres se sont
également mis en branle pour aider à résoudre ce vieux
problème épineux.
Ces dernières années, certains points chauds d’Afrique ont été maîtrisés pour l’essentiel. Par exemple, en juillet 2003, au Congo (Kinshasa), avec l’établissement du nouveau gouvernement, le conflit armé qui durait depuis cinq ans et avec l’intervention de plusieurs pays voisins, a pris fin dans l’ensemble, et le pays est entré dans une période de réconciliation ethnique et de reconstruction nationale. En août, au Libéria, le conflit armé qui avait duré quatorze ans s’est achevé. Toutes les parties impliquées ont signé un accord de paix, et le gouvernement de transition a été officiellement établi peu après. En septembre, le gouvernement de Khartoum et la rébellion sudiste soudanaise de John Garang sont parvenus à un accord de paix en vue du cessez-le-feu final. En octobre, le gouvernement du Burundi et l’armée antigouvernementale des Hutu ont conclu un accord de paix dans la capitale administrative de la République sud-africaine, Pretoria, projetant de mener une élection à la fin de 2004 pour mettre fin à une décennie de guerre civile. En janvier de cette année, après plusieurs mois de négociation, les divers groupements armés et politiques de Somalie ont abouti à un accord, dans la capitale de la République du Kenya, Nairobi, pour établir un parlement temporaire et élire le président d’État. La fin de la guerre de treize ans est en vue.
Depuis l’année dernière, certains pays d’Afrique ont successivement effectué des élections présidentielles ou législatives, dont le Nigeria, le Togo, le Rwanda, la Guinée, l’Algérie et la République sud-africaine ont mené des élections présidentielles. Les présidents actuels ont tous été réélus avec une écrasante majorité. L’ordre social reste relativement stable et il n’y a pas eu de graves conflits ou d’agitation. Surtout dans les élections du Kenya, l’ancien parti au pouvoir (Union nationale africaine du Kenya) a chuté, et le parti d’opposition (Coalition nationale Arc-en-ciel) a gagné. Mwai Kibaki a remplacé sans encombre l’ancien président Daniel Arap Moi, qui était au pouvoir depuis 24 ans.
Il faut remarquer que certains problèmes ne peuvent être résolus rapidement, comme l’économie, la pauvreté et l’intégrité du gouvernement. Les conflits ethniques et religieux durent depuis longtemps, il existe des interventions extérieures, et la paix demeure fragile. Par exemple, il y a eu de nombreux conflits ethniques au Congo (Kinshasa) et au Burundi, même suivis de massacres sanglants. La situation est restée agitée en Côte d’Ivoire pendant quatre ans. Au cours des six derniers mois de 2003, des coups d’État militaires se sont produits dans quelques pays, comme la Mauritanie (en juin), la République démocratique de Sao Tomé et Principe (en juillet) et la Guinée-Bissau (en septembre). Mais ces coups d’État n’ont pas conduit à l’agitation nationale, ni fait le malheur des pays voisins. Sous la grande pression intérieure et extérieure, on a vite abouti à la réconciliation. Tout cela explique que la réalisation de la stabilité politique et sociale en Afrique est l’aspiration commune et la tendance générale.
La stabilité politique est favorable au développement
économique
L’Afrique
est le continent où les pays souverains sont les plus nombreux du monde.
Des 53 pays, la plupart sont petits et peuplés de multiples ethnies dans
les régions frontalières. Les relations nationales y sont compliquées
et la situation politique, instable. La contrebande et le trafic illicite d’armes
inondent l’État, qui est incapable de les interdire ni de défendre
ces régions. Un événement intérieur peut facilement
franchir la frontière et influencer la stabilité et le développement
d’autres pays. Ainsi, la stabilité de tous les pays d’Afrique
est la condition primordiale pour réaliser la prospérité
économique et le développement social en Afrique. Au cours des
dernières années, la situation politique est devenue de plus en
plus stable et l’économie a connu un développement soutenu.
En 2003, le taux de croissance économique des pays d’Afrique était
de 3,8 %, soit la neuvième année de croissance consécutive.
Selon les statistiques, en 2003, on comptait quatorze pays d’Afrique --
le plus grand nombre de l’histoire --, qui avaient un PIB par habitant
dépassant 1 000 USD.
Se consacrant à la réconciliation nationale et à la reconstruction du pays, certains pays d’Afrique ont maintenu une longue stabilité politique et ont enregistré une nouvelle prospérité économique et un nouveau développement social. Le Rwanda en est un exemple remarquable. Ce pays était célèbre en Afrique pour son agriculture développée. Mais au milieu des années 1990, un grand massacre entre ethnies a eu lieu pour diverses raisons, provoquant la stupéfaction dans le monde. À ce moment, la population nationale était de huit millions, dont la majorité d’ethnies Hutu et Tutshi. En quelques mois seulement, 930 000 personnes ont été tuées, un massacre et une calamité sans précédent. Un grand nombre d’ouvriers ont été tués ou se sont exilés à l’étranger, les finances de l’État se sont épuisées et l’économie nationale s’est presque écroulée. Avec l’aide vigoureuse des Nations unies et de la communauté internationale, le nouveau gouvernement du Rwanda adopte les principes et politiques actifs pour combler les fissures ethniques, accélérer la réconciliation, maintenir et renforcer l’union nationale. La situation politique a repris progressivement la stabilité, la reconstruction du pays et le développement économique ont connu des résultats remarquables. À la fin du XXe siècle, l’économie nationale est remontée au niveau d’avant 1990. Cette année, elle maintient un rythme de croissance de 6 %.
Le Libéria, qui est un petit pays de trois millions d’habitants, a connu la guerre civile pendant quatorze ans depuis 1990. Le peuple était plongé dans la misère et la souffrance. La prospérité sociale autrefois n’existait plus. Les réfugiés affluaient sans cesse dans les pays voisins. La communauté internationale critiquait le pays comme « chaos de guerre » et « source de malheur en Afrique de l’Ouest ». Le peuple libérien déteste les chaos de guerre et aspire à la paix. Sous la grande pression intérieure et extérieure, au cours des six derniers mois de 2003, les troupes armées antigouvernementales durent abandonner la force militaire, rendre les armes et participer au gouvernement de transition. Pendant deux ans de transition, le nouveau gouvernement, obtenant l’assistance de l’ONU et de certains pays amis, a adopté des mesures pour maintenir sa stabilité et redresser son économie. Actuellement, de remarquables succès ont été enregistrés dans la restauration des routes, des centrales hydrauliques, des ports, etc. L’approvisionnement en eau et en électricité s’est beaucoup amélioré, et une bonne tendance de développement est apparue dans le pays.
Facteurs favorables à la stabilité politique
et au développement économique
La
naissance de l’UA marque un pas important et solide des efforts des pays
d’Afrique visant à s’unir pour devenir puissants et intégrés.
L’UA attache une grande importance à sa tâche de maintien
de la stabilité politique et d’accélérateur de l’économie,
et sa commission de paix et de sécurité a été établie
à cet effet. Le 27 février 2004, lors du sommet extraordinaire
de l’UA à Syrte (Libye), les dirigeants africains ont discuté
de questions comme la défense commune, et décidé d’établir
en 2005 une Force africaine qui peut être opérationnelle et donner
une réponse rapide aux crises éventuelles dans les pays membres.
Dans le but d’appliquer un gouvernement intègre pour maintenir
les intérêts du peuple, la stabilité politique et la croissance
économique, l’UA appelle ses membres à participer volontairement
au mécanisme de contrôle réciproque.
L’UA pousse également l’application du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD) afin d’aboutir par étapes aux objectifs économiques, de sortir de l’impasse et de réaliser la renaissance de l’Afrique le plut tôt possible. En un mot, la naissance et les activités de l’UA sont vraiment favorables à la réalisation de la stabilité et du développement en Afrique.
Depuis leur indépendance, plusieurs pays d’Afrique ont connu des bouleversements et des revers. Certains politiciens et hommes clairvoyants se sont rendu compte de l’importance de la stabilité politique dans la modernisation des pays en développement. La stabilité constitue la condition primordiale, et le développement économique peut consolider la stabilité politique. Les dirigeants de certains pays d’Afrique adoptent les principes et politiques conformément à la situation réelle du pays et dirigent leur pays sur une voie de développement soutenu. Actuellement, ces pays jouent un rôle prépondérant en Afrique.
L’ONU et les pays amis ont accordé leur aide aux pays d’Afrique qui rencontrent des difficultés depuis longtemps. Ces derniers ans, l’ONU a renforcé ses opérations de maintien de la paix en Afrique à coup d’abondantes ressources financières, matérielles et humaines. Seulement au Libéria, la force de maintien de la paix compte 16 000 personnes. La Chine est toujours une amie digne de confiance des pays d’Afrique. Ella a participé activement aux actions de maintien de la paix organisées par l’ONU au Libéria et au Congo (Kinshasa). Dans le cadre des deux Forums sur la Coopération sino-africaine en 2000 et en 2003, les échanges économiques et commerciaux entre la Chine et l’Afrique se sont beaucoup élargis, aboutissant à la réciprocité et aux intérêts mutuels. Face aux difficultés économiques et sociales des pays d’Afrique, la Chine a accordé son aide dans la mesure de ses possibilités, et ce geste a été généralement apprécié en Afrique.