SOCIÉTÉ

Attention accordée au SIDA

L’épidémie de SIDA en Chine est maintenant à un point critique. Le gouvernement chinois commence à adopter de nouvelles mesures politiques et à renforcer la coopération internationale pour prévenir et contrôler la maladie.

FQN REN

En Chine, le SIDA touche surtout des régions rurales pauvres où la plupart des sidéens ont contracté le VIH par la vente illégale du sang. Dans le passé, parmi les sidéens nécessiteux, seule une minorité avaient droit au traitement gratuit.

Dans les règlements administratifs promulgués le 13 avril dernier, le gouvernement chinois a stipulé en détail sur le traitement gratuit du SIDA : les sidéens de la campagne et les citadins pauvres contaminés bénéficieront du traitement gratuit ; dans les régions où le SIDA est endémique, on pratiquera l’analyse du sang gratuite et anonyme ; les orphelins dont les parents sont morts du SIDA seront exemptés des frais scolaires ; les femmes enceintes des 31 régions de la plus haute fréquence de SIDA recevront la consultation, l’analyse et le traitement gratuits. De plus, on fournira de l’assistance aux sidéens nécessiteux qui ne sont pas éligibles au traitement gratuit.

Les capitaux affectés par le gouvernement chinois dans la prévention et le traitement du SIDA ont augmenté dans de fortes proportions. Les statistiques du ministère de la Santé montrent que les fonds budgétaires affectés par le gouvernement central sont passés de 15 millions de yuans à 100 millions en 2001, pour atteindre 390 millions en 2003, avec une croissance annuelle de presque 100 %.

Le 26 février dernier, le Conseil des affaires d’État a établi le Comité de prévention et de traitement du SIDA, composé non seulement d’officiels de haut niveau du gouvernement central mais aussi des principaux responsables locaux des régions où le SIDA connaît une haute fréquence, concentrant ainsi les forces de lutte.

Ensuite, le 6 avril, le Conseil des affaires d’État a tenu une réunion nationale sur la prévention et le traitement du SIDA au cours de laquelle on a réexaminé les mesures politiques à promulguer et programmé le travail ultérieur. Des organisations internationales comme l’OMS et le Programme commun des Nations unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) y ont assisté sur invitation, une première dans les réunions de travail de haut niveau organisées par le Conseil des affaires d’État.

À la réunion, Wu Yi, vice-première ministre et ministre de la Santé, qui est qualifiée de « femme de fer », a indiqué qu’en Chine la prévention et le traitement du SIDA sont au point critique du fait que l’épidémie de SIDA commence à s’étendre des groupes humains à haut risque vers des groupes ordinaires. Si les mesures sont efficaces et que la prévention et le traitement sont renforcés, il est tout à fait possible d’enrayer la propagation du SIDA. Sinon, les conséquences seront très graves.

Wu a aussi dit qu’au cours de la prévention et du traitement du SIDA, il faut rendre compte ponctuellement et complètement des cas de contamination par le VIH et de SIDA. On imputera la responsabilité à ceux qui dissimulent la vérité, omettent des cas ou retardent le rapport, a-t-elle ajouté.

« La réunion démontre la promesse et la détermination du gouvernement chinois de prévenir et contrôler le SIDA », a dit Henk Bekedam, représentant de l’OMS en Chine.

Joël Rehnstrom, représentant du bureau en Chine de l’ONUSIDA, a un point de vue semblable, disant qu’« à la réunion, on a observé le progrès et le changement de la politique chinoise et la réaction énergique du gouvernement au SIDA ».

Refus de traiter les sidéens interdit

Dans le passé, seuls quelques hôpitaux des grandes villes pouvaient traiter les sidéens. Pour développer le traitement dans davantage de régions et contrôler efficacement le SIDA, le ministère de la Santé a décidé à la mi-avril que les services administratifs au niveau de district ou supérieur mettraient sur pied des groupes de traitement composés d’experts médicaux (y compris de médecine traditionnelle chinoise), d’infirmières et de techniciens de laboratoire.

Les services médicaux chargés du traitement du SIDA doivent établir un système strict d’inscription des médicaments anti-VIH. Ils doivent aussi établir le dossier médical normalisé des malades. Les institutions de prévention et de contrôle des maladies doivent assurer la fourniture gratuite des médicaments anti-VIH.

Le ministère de la Santé a souligné qu’il ne tolérerait pas que les établissements et le personnel médicaux chargés du traitement du SIDA refusent de fournir des services aux malades ou agissent contrairement aux normes établies.

Un autre règlement a été promulgué à la mi-avril en vue de standardiser la consultation et le test du VIH. Il stipule que la consultation et le test sont gratuits pour tous les habitants de la partie continentale du pays qui voudraient les subir. Les institutions de prévention et de contrôle des maladies et les établissements médicaux désignés par ces institutions se chargeront de la consultation et du test. Les informations personnelles et les diagnostics doivent rester secrets.

Fabrication nationale des médicaments de base

Actuellement, la fabrication de cinq médicaments de base anti-VIH développés par la Chine est autorisée, a révélé un responsable du Bureau national de contrôle des produits alimentaires et pharmaceutiques (BNCPAP). Ces médicaments peuvent être combinés dans quatre « cocktail » de thérapies internationalement reconnus. La fabrication en Chine aidera à diminuer sensiblement les dépenses des sidéens, selon ce responsable.

La vérification de la qualité des médicaments anti-VIH et l’approbation de production ont toujours lieu, et la procédure d’approbation a été simplifiée, a expliqué Zheng Xiaoyu, directeur du BNCPAP.

Par ailleurs, le médicament Tang Cao Pian, développé par la Chine et pouvant alléger les symptômes du SIDA, a obtenu l’approbation du BNCPAP et est autorisé à passer à l’usage clinique. C’est le premier médicament traditionnel chinois utilisé dans le traitement du SIDA.

Coopération sino-américaine

Le 13 avril, la Chine et les États-Unis ont lancé conjointement à Beijing un programme de coopération dans la prévention et le traitement du SIDA en vue de renforcer la surveillance et de perfectionner le système de prévention pour enrayer la propagation du SIDA à Beijing. Les projets semblables ont commencé, ou commenceront plus tard cette année dans neuf autres provinces, régions autonomes et municipalités.

Le programme de coopération sino-américaine fait partie du programme de prévention et contrôle du SIDA lancé par le Centre américaine pour la prévention et le contrôle des maladies, coopération impliquant vingt-cinq pays et pour une durée de cinq ans. Les États-Unis investissent 15 millions de dollars dans le projet.

Le programme de Beijing aidera la ville à établir un corps médical qualifié et expérimenté dans la prévention et le traitement du SIDA, tout en améliorant globalement son système de santé publique, a dit Liu Zejun, directeur du Centre de Beijing pour la prévention et le contrôle des maladies.

Après la mise en œuvre du programme, les points de contrôle passeront de quatre à vingt-deux, permettant de renforcer la surveillance de la propagation du VIH et de fournir plus de données au gouvernement dans sa prise de décision, a dit Liu Zejun.

Dans le cadre du programme est prévue une formation du corps médical et des policiers qui ont des contacts fréquents et directs avec les malades et les groupes à haut risque.

Dans les 15 arrondissements et districts de Beijing, on a trouvé des personnes séropositives et des sidéens, et leur nombre augmente d’année en année. À la fin de 2003, à Beijing, plus de 1 600 personnes avaient été testées positives au VIH ou atteintes du SIDA, d’après les statistiques officielles.