POLITIQUE
Les relations bilatérales avancent avec l’époque
Depuis que les pays d’Europe orientale et centrale ont adhéré à l’Union européenne (UE), la Chine et les pays mentionnés espèrent maintenir et développer leurs relations amicales et coopératives.
Gao Deping, chercheur sur les affaires de l’URSS, de l’Europe orientale et de l’Asie centrale de l’Académie des sciences sociales de Chine
En 1989, les pays d’Europe orientale et centrale ont connu le changement le plus violent et frappant depuis la Seconde Guerre mondiale, en appliquant le système démocratique parlementaire multipartite et le système d’économie de marché basé sur la propriété privée dans une certaine mesure. Face au changement, la Chine s’est abstenue d’intervenir dans les affaires intérieures d’un autre pays et a respecté le choix du peuple de chaque pays. Des dirigeants chinois ont exprimé à maintes reprises que la Chine espère maintenir et développer les relations étatiques normales et élargir les échanges et la coopération dans les domaines politique, économique, commercial, scientifique, technologique et culturel avec ces pays. En fonction de la nouvelle situation, la Chine a réajusté sa politique, dont le contenu essentiel constitue à se respecter mutuellement, à rechercher les points communs, à chercher l’égalité et les avantages réciproques, à se développer d’un pas assuré et à développer les relations étatiques selon les principes de la coexistence pacifique. Les pays d’Europe orientale et centrale, qui espèrent aussi maintenir et développer les relations d’amitié et de coopération avec la Chine, ont reconnu que la République populaire de Chine est l’unique gouvernement légitime du pays, et que Taiwan en est une partie inaliénable.
Relations diplomatiques
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| Le 20 août 2003, le président chinois Hu Jintao
recevait le président de la Roumanie, Ion Iliescu, au Grand Palais
du peuple. Photo: Ma Zhancheng |
L’année 1990 a permis à la Chine d’intensifier la compréhension mutuelle et de consolider ou renforcer ses relations bilatérales avec les pays d’Europe orientale et occidentale. Les deux parties ont effectué une série d’échanges et sont parvenus à une parfaite identité de vue. La Chine n’a pas de conflit d’intérêt fondamental avec ces pays ; aussi, continuer à développer les relations étatiques est favorable aux deux côtés.
En 1991, les relations diplomatiques entre la Chine et les pays d’Europe orientale et centrale continuaient de s’améliorer. Les échanges et la coopération dans tous les domaines ont connu une augmentation remarquable, à un échelon de plus en plus haut. Le nombre de visites mutuelles à l’échelon de sous-ministre et supérieur a atteint 65. Qian Qichen, conseiller d’État et ministre des Affaires étrangères a visité la Pologne, la Tchécoslovaquie, la Hongrie, la Bulgarie et la Roumanie. C’était la première visite de haut niveau de la Chine depuis le changement violent de l’Europe orientale et centrale. La signification était très importante. À cette occasion, il a dit que la différence du système social, de l’idéologie et du sens des valeurs ne doit pas devenir un obstacle au développement des relations étatiques ; la Chine respecte le système social et la voie de développement des pays de l’Europe orientale et centrale, et espère développer ses relations bilatérales avec eux sur la base des cinq principes de la coexistence pacifique. Des dirigeants des cinq pays ont montré une attitude positive en ce sens. Depuis lors, les relations diplomatiques entre la Chine et ces cinq pays ont connu un développement substantiel.
En 1992, la République socialiste fédérative de Yougoslavie a été désagrégée (en cinq parties) ; en 1993, la Tchécoslovaquie a été séparée en deux parties. Sans intervenir dans les affaires intérieures d’un autre pays et respectant le libre choix du peuple de chaque pays, la Chine a reconnu l’un après l’autre les nouveaux pays indépendants et établi des relations diplomatiques avec eux. En 1993, les relations entre la Chine et l’Albanie ont connu une tendance du développement positif. Le ministre des Affaires étrangères et le vice-président du conseil des ministres de l’Albanie ont effectué une visite en Chine. Qian Qichen, vice-premier ministre du Conseil des affaires d’État et ministre des Affaires étrangères a visité l’Albanie, la première visite mutuelle entre les dirigeants à l’échelon supérieur a été réalisée depuis vingt ans.
Depuis la visite de Jiang Zemin à Hongrie en 1995, les visites mutuelles à l’échelon supérieur entre la Chine et les pays d’Europe orientale et centrale sont fréquentes. Presque tous les chefs d’État, les premiers ministres ou les présidents du parlement des pays mentionnés ont effectué la visite officielle en Chine. Li Peng, Wu Bangguo, Zhu Rongji et Tang Jiaxuan ont fait aussi la visite dans ces pays. Des dirigeants des deux côtés ont procédé à un large échange de vues sur les relations bilatérales et les problèmes internationaux et sont parvenus à une identité de vues dans plusieurs domaines, ce qui a joué un rôle positif dans le développement des relations bilatérales. Récemment, du 8 au 18 juin, Hu Jintao a visité entre autres la Pologne, la Hongrie, la Roumanie. Sa visite contribue au développement des relations entre la Chine et les pays d’Europe orientale et centrale.
En 1995, les relations entre la Chine et la République Tchèque ont été influencées par le problème de Taiwan. En 1997, la Chine a suspendu ses relations diplomatiques avec la Macédoine parce que ce pays avait établi des relations diplomatiques avec Taiwan. En 2001, elle les a rétablies parce que la situation politique s’était améliorée.
Les échanges commerciaux
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Le 22 avril dernier, le premier ministre
Wen Jiabao rencontrait le président de la République Tchèque
à Beijing. Photo: Ma Zhancheng |
Parallèlement au développement normal des relations politiques, les échanges commerciaux et la coopération entre la Chine et les pays d’Europe orientale et centrale se sont élargis. Depuis 1990, les deux parties ont transformé le paiement par compensation en commerce au comptant, cherchant une nouvelle voie pour développer les relations commerciales. Le commerce bilatéral est passé de l’import-export en combinaison de commerce, d’investissement, de production et de coopération.
Au début des années 1990, le volume commercial entre la Chine et les pays mentionnés a grandement diminué à cause de l'inadaptation à la nouvelle forme de commerce. Par exemple, en 1991, le volume d’import-export des deux parties était de 896,8 millions de USD. Par les efforts bilatéraux, il augmente d’année en année. En 1998, il a atteint 1,96 milliard de USD (+14,2 % par rapport à 1997), dont 1,83 milliard et 127 millions sont les volumes d’import-export de la Chine (+21 % et –37 %). Les partenaires commerciaux principaux de la Chine dans cette région sont la Pologne, la Hongrie, la République Tchèque et la Roumanie. Au fur et à mesure du changement du système économique et du marché, la structure commerciale s’améliore. La Chine exporte principalement des textiles, des vêtements, des chaussures, des produits alimentaires, des produits pharmaceutiques, des jouets, de la porcelaine, des appareils ménagers et des outils vers les pays d’Europe centrale et orientale, et importe des métaux non ferreux, des machines, des produits chimiques industriels, du guano de poisson, des produits pharmaceutiques, etc.
Depuis le début du siècle, le volume du commerce bilatéral a augmenté. En 2000, le commerce d’import-export entre la Chine et les pays mentionnés a atteint 3,09 milliards de USD (+3,4 fois par rapport à 1991). En 2002, le volume commercial entre la Chine et les douze pays d’Europe centrale et orientale a atteint 5,32 milliards de USD (+35,5 % par rapport à l’année précédente). L’année même, entre la Chine et la Hongrie, il était de 1,7 milliard de USD, au premier rang du commerce entre la Chine et les pays d’Europe orientale et centrale. En 2003, l’import-export entre la Chine et les dix nouveaux membres de l’UE était de 8,2 milliards de USD, dont 6,12 milliards étaient entre la Chine, la Hongrie, la Pologne et la République Tchèque. Ces trois pays sont devenus les plus importants partenaires commerciaux de la Chine dans la région d’Europe orientale et centrale, et le volume commercial était respectivement, en milliards de dollars, de 2,58, de 1,98 et de 1,56.
Depuis le changement du mode de commerce, les entreprises bilatérales ont entrepris une série d’actions comme l’investissement mutuel. Au cours des six premiers mois de 1999, le nombre de projets d’investissement des pays d’Europe orientale et centrale en Chine a atteint 649. Des contrats d’une valeur de 360 millions de USD ont été signés, et 110 millions de USD ont été réellement investis, concernant des machines, des produits alimentaires, des produits pharmaceutiques et des produits chimiques industriels. Le volume d’investissement des entreprises chinoises vers la région d’Europe orientale et centrale était de 160 millions de USD, concernant le secteur de la restauration, le commerce, la machinerie, l’industrie textile, etc.
Les échanges scientifiques et technologiques, culturels et éducatifs
Depuis les années 1990, la Chine et les pays d’Europe orientale et centrale attachent de l’importance aux échanges et à la coopération scientifiques et technologiques, culturels et éducatifs.
Dans le domaine de la coopération scientifique et technologique, la Chine a signé un accord avec chaque pays d’Europe orientale et centrale et établi spécialement un comité conjoint de la coopération scientifique et technologique avec chaque pays signataire. Le comité se réunit une fois par année pour déterminer les projets bilatéraux. La coopération concerne les domaines de l’économie nationale. Le nombre de projets en matière de sciences et technologies de pointe augmente sans cesse. Plusieurs institutions de recherche scientifique ou entreprises des deux côtés ont établi des contacts directs. À présent, la Chine a plusieurs projets de coopération scientifiques et technologiques avec la Hongrie, la République Tchèque, la Slovénie, la Croatie et la Pologne.
La Chine a aussi signé des accords ou contrats de coopération culturelle et éducative avec les pays d’Europe orientale et centrale. Ces dernières années, les activités culturelles, éducatives et sportives ont augmenté. Les visites mutuelles sont fréquentes. Au fur et à mesure du développement de la situation, la Chine et ces pays entreprennent la coopération en administration, tourisme, affaires criminelles, etc.
Les relations à l’avenir
Le premier mai dernier, la Pologne, la République Tchèque, la Slovaquie, la Slovénie et la Hongrie ont adhéré à l’UE. On peut dire que les relations futures entre la Chine et les pays d’Europe orientale et centrale connaîtront un développement stable, sain et rapide.
L’adhésion à l’UE des pays mentionnés a créé des occasions favorables de développement commercial. L’UE est le troisième grand partenaire commercial de la Chine. La Chine est le deuxième grand partenaire commercial de l’UE. Le taux de douane de l’UE est en moyenne de 4 %, celui des pays d’Europe orientale et centrale, de 9 %. Depuis qu’ils ont adhéré à l’UE, ces pays diminuent le taux selon la demande de l’union douanière. L’efficacité économique et l’augmentation du revenu national provenant de l’expansion de l’UE augmenteront la demande de consommation, ce qui favorise l’exportation de la Chine vers les pays d’Europe orientale et centrale.
Aussi, le système économique du marché des pays d’Europe orientale et centrale n’est pas perfectionné. Après l’expansion, la politique de chaque pays est plus stable, le gouvernement de chaque pays se consacre au développement économique, ce qui fournit à la Chine des occasions d’investissement. La politique du commerce d’investissement unifié et la norme d’accès au marché de l’UE permettent aux entreprises chinoises d’entrer facilement dans le marché d’Europe orientale et centrale, et de baisser le coût de revient de l’exploitation du marché et les risques de l’investissement.
Enfin, l’UE a établi des relations de partenariat stratégique général avec la Chine. La politique chinoise des pays d’Europe orientale et centrale membres de l’UE s’intègre naturellement dans le cadre de la politique chinoise de l’UE, ce qui stimule le développement des relations entre la Chine et les pays d’Europe orientale et centrale.