Protection de l’environnement maritime

LÜ LIANG

Le 15 juin, Chen Lianzeng, directeur adjoint du Bureau national des océans (BNO), a révélé aux médias que la Chine intensifierait la lutte contre la pollution de la mer, y compris le déversement d’ordures dans la mer et la pollution des fleuves qui se jettent dans la mer.

« La prévention et le contrôle de la pollution de la mer et du ravage de l’environnement écologique sont depuis toujours un point important de la protection de l’environnement en Chine. Mais à cause du déversement incessant de matières polluantes dans la mer, la pollution de la zone côtière n’a pas été contrôlée efficacement », a-t-il ajouté.

Le BNO, l’Administration nationale de l’environnement et les gouvernements locaux concernés ont abouti à un consensus : renforcer le contrôle et l’élimination des sources de pollution, et infliger une sévère punition aux pollueurs en fermant les entreprises qui déversent en grande quantité des matières polluantes dans la mer et qui devaient être fermées mais ne l’ont pas encore été par protectionnisme local, a dit Chen.

La marée rouge

Le 11 juin, la Chine a découvert une vaste marée rouge toxique au large des côtes. Il s’agit de la plus sévère en Chine et aussi de la première découverte du genre dans la mer Bohai. D’après les experts, un grand nombre de coquillages et de poissons ont été pollués.

Auparavant, en mai, 34 marées rouges d’une superficie totale de 10 000 km² ont été découvertes dans l’espace maritime de Chine, mais elles n’étaient pas toxiques.

Le BNO a décidé le 12 juin d’intensifier l’observation de la marée rouge, en demandant aux départements concernés et aux producteurs de produits aquatiques de prendre des mesures efficaces pour réduire au minimum les pertes de l’industrie aquicole causées par la marée rouge, de renforcer le contrôle des coquillages toxiques dans la zone de marée rouge, et la quarantaine des produits aquatiques afin d’éviter l’entrée des poissons, crevettes et coquillages pollués sur le marché et d’assurer la santé de la population.

Selon le directeur adjoint Chen, la marée rouge se produit depuis plus de dix ans consécutifs et est fréquente surtout ces dernières années. En 2000, le nombre de marées rouges a atteint 29, couvrant 15 817 km² ; et en 2003, 119 et 14 550 km². On peut en voir chaque mois.

Détruisant les ressources maritimes, la marée rouge a causé d’énormes pertes économiques directes en Chine. Depuis 1989, celles-ci ont dépassé 1 milliard de yuans. Rien qu’en 1998, elles ont dépassé 200 millions de yuans et les pertes indirectes ont été de 10 milliards de yuans.

La pollution

D’après Chen, la cause principale de la marée rouge est la pollution de la mer. On a trouvé que 90 % des matières polluantes proviennent du continent et le reste, de l’industrie aquicole côtière, de l’exploitation du pétrole et du gaz naturel en mer et du déversement des déchets des navires.

Selon les dispositions sur la zone économique exclusive de 200 milles et la plate-forme continentale dans la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, la Chine a sous sa juridiction un espace maritime de 3 millions de km².

Mais selon la conception traditionnelle des Chinois, la Chine est un pays continental. Ils n’ont pas donc une forte conscience de la protection océanique. En particulier, beaucoup d’entreprises des provinces intérieures du pays considèrent les cours d’eau accédant à la mer comme les canaux d’évacuation d’eaux usées et de déchets. La Chine compte sept grands fleuves qui se jettent dans la mer. Cependant, les données de contrôle du BNO montrent qu’ils sont tous pollués et emmènent des déchets industriels et des ordures ménagères à la mer.

Dans les années 1980, la conscience de la mer a été renforcée. La Chine a élaboré une série de lois concernant les ressources maritimes et la protection du milieu marin. Mais au début, les effets ne sont pas évidents.

En 2003, les données concernées ont indiqué que le degré de la pollution côtière a baissé légèrement. La superficie polluée s’est réduite de 174 000 km² en 2002 à 142 000 km² par rapport à 2003, mais la pollution n’a pas encore été maîtrisée efficacement. La part des eaux de mer de première et de deuxième catégories a augmenté seulement de 0,5 % en 2002. Dans les sources polluantes provenant du continent, les eaux usées domestiques et agricoles ont dépassé les eaux usées industrielles, devenant la première source polluante de la mer. Les fuites d’essence causées par de nombreux accidents maritimes sont aussi une source de pollution.

« La superficie d’eau dont la qualité dans la zone côtière est inférieure aux critères de la première catégorie fixés par l’État dépasse 200 000 km², et la pollution de l’espace maritime près des grandes et moyennes villes et des embouchures reste toujours la plus sévère. Les principales matières polluantes sont l’azote inorganique, le phosphate, le gas-oil, des matières organiques et des métaux lourds. Avec le développement de l’économie côtière, la quantité d’évacuation de matières polluantes dans la mer ne pourra pas diminuer évidemment d’ici peu », a dit Chen Lianzeng.

Système d’observation et de contrôle de l’environnement maritime

La Chine a établi un système complet de surveillance de la marée rouge et de protection contre les désastres pour réduire les pertes causées par la pollution maritime. Le système concerne l’observation, le test et l’alarme de la marée rouge, la réponse aux urgences, le test de toxines dans les lieux d’origine des produits de mer, et la publication de renseignements sur la marée rouge.

« Actuellement 33 zones maritimes font l’objet d’observation de la marée rouge. On peut obtenir, par télédétection par satellite ou avion, par station d’observation maritime et par les pêcheurs ou autres personnes travaillant en mer, des informations sur la marée rouge », a dit Chen.

Une fois la marée rouge apparue, on peut préciser rapidement le lieu, la superficie et son espèce biologique et en informer rapidement l’autorité compétente et le public. En même temps, le service de quarantaine et les autres départements concernés renforceront le contrôle du marché des produits aquatiques afin d’éviter la vente des poissons, des crevettes et des coquillages pollués.

La Chine a également établi un système de contrôle de l’évacuation des matières polluantes continentales. Le BNO effectue des enquêtes sur les principales embouchures fluviales et les espaces maritimes voisins.

« Le BNO infligera des sanctions conjointement avec le gouvernement local aux entreprises qui déversent des déchets dans les fleuves débouchant dans la mer et même fermera les entreprises polluantes », a déclaré Chen.

Selon lui, le BNO et l’Administration nationale de l’environnement inspecteront la situation de protection de l’environnement maritime sans échéancier défini, en signalant aux gouvernements locaux des régions côtières qu’il faut protéger en vertu de la loi l’environnement maritime tout en développant leur économie.

Une lourde tâche

D’après Pan Yue, directeur adjoint de l’Administration nationale de l’environnement, un programme national de protection de l’environnement maritime et côtier est en élaboration.

« La bande côtière est la zone la plus fragile de l’environnement écologique. Donc, il est urgent de renforcer sa protection et de créer des zones pilotes en la matière », a-t-il dit.

Selon les données du BNO, ces dernières années, bien que la qualité de l’environnement maritime soit stable dans l’ensemble et que la superficie gravement polluée ait diminué légèrement, la pollution dans certains espaces reste quand même sévère et n’est pas prise en main efficacement surtout dans les zones côtières, par exemple dans la mer de Chine orientale.

« La coordination et la coopération sont très importantes pour la protection efficace de l’environnement maritime, parce que la protection est un travail interrégional et intersectoriel », a indiqué le chef d’équipe de contrôle de l’environnement maritime de la zone de développement économique de Qingdao, au Shandong.

Selon lui, en 2003, le BNO a surveillé 928 projets de protection environnementale et découvert plus de 180 cas de viol de la loi. D’où l’on peut voir que la tâche de protection de l’environnement maritime est très lourde et à long terme.


La marée rouge

La marée rouge est un phénomène écologique nuisible - changement de la couleur de l’eau -, qui se produit dans des conditions particulières de multiplication rapide ou de haute concentration du plancton, des protozoaires ou des bactéries. La couleur de l’eau varie selon les causes de formation, types et quantités. On trouve surtout le rouge, le vert, le jaune et le brun.

Avec le développement rapide de l’industrie et de l’agriculture modernes et l’augmentation de la population de la région côtière, une grande quantité d’eaux usées de l’industrie, de l’agriculture et de la vie quotidienne, et les eaux non traitées en particulier, sont évacuées dans la mer, ce qui entraîne un excédent de nutriments dans les eaux côtières. De plus, l’exploitation croissante des zones côtières et l’expansion de l’aquiculture maritime ont causé également la pollution de l’environnement écologique; le transport maritime a permis à des espèces nuisibles de s’introduire de l’extérieur ; et le changement du climat de la Terre est aussi l’un des facteurs de la fréquence de la marée rouge.

À présent, la marée rouge est devenue un fléau public dans le monde. Elle se produit fréquemment dans plus de 30 pays et régions dont les États-Unis, le Japon, la Chine, le Canada, la France, la Suède, la Norvège, les Philippines, l’Inde, l’Indonésie, la Malaisie, la Corée du Sud et Hongkong.

La marée rouge a détruit la structure écologique maritime normale et le processus de reproduction aquatique normale, menaçant ainsi l’existence des biotes maritimes.

Des biotes de marée rouge sécrètent des mucosités. Une fois que ces dernières adhèrent aux ouïes des poissons, aux crevettes et coquillages, ces animaux meurent étouffés. Si les animaux aquatiques absorbent des biotes toxiques, ils seront empoisonnés ou mourront. Si les hommes mangent des produits aquatiques toxiques, la conséquence sera la même.

Après la mort des biotes de marée rouge, la dissolution de leurs cadavres nécessite une grande quantité d’oxygène, causant un environnement privé d’oxygène et enfin la mort des crevettes et des coquillages.

Selon des statistiques, les biotoxines ont causé plus de 300 empoisonnement des coquillages et la mort plus de 300 personnes dans le monde.