POLITIQUE
Le Gabon cherche le développement dans le réajustement
AN NÜ
| Des habitants de Libreville en vacance. |
Le Gabon était autrefois le troisième grand pays pétrolier de l’Afrique. Il était connu sous le nom de « Suisse d’Afrique ». Son PIB était en moyenne de 4 000 USD par personne.
Entre 1999 et 2002, la production pétrolière annuelle du Gabon a diminué de 18,5 millions de tonnes à 11,5 millions de tonnes, soit de 17 % par an. En 2003, bien que sa production ait augmenté un peu, s’il n’exploite pas de nouveaux champs pétrolifères, sa production diminuera de 50 % d’ici cinq ans selon l’estimation de la Banque mondiale.
À cause de la grande diminution de la production pétrolière, le revenu en provenance de la production du pétrole représentant 50 % du PIB a baissé rapidement. Le désavantage de l’économie unique commence à apparaître. Par ailleurs, le montant de la dette étrangère représentant 50 % du revenu national est aussi un fardeau lourd du Gabon. Par conséquent, lorsqu’on parle du Gabon d’aujourd’hui, on le considère souvent comme le première victime du continent africain de la « période post-pétrolière ».
Lorsque j’ai pris l’avion pour le Gabon il y a quelques jours, un entrepreneur de Côte d’Ivoire m’a dit que bien qu’au Gabon existent beaucoup de problèmes, il est encore un pays francophone en Afrique où on peut tranquillement faire du commerce et voyager. L’économie gabonaise est plus vivante que celle des autres pays de la région. Comme on pouvait s’y attendre, lorsque j’y suis arrivé, je n’ai pas remarqué que ce pays était une victime du pétrole. À Libreville, la capitale, les voitures circulent sur les routes du bord de mer, la grande rue commerciale est animée par le va-et-vient bruyant des passants, de hauts bâtiments nouvellement construits se dressent des deux côtés du boulevard Triomphal Bongo, l’hôtel Méridien est habité par les grosses légumes du pétrole du monde entier, ce qui signifie que le Gabon d’aujourd’hui est encore un point lumineux de l’Afrique.
Quelle en est la raison principale ? On croit qu’à part l’augmentation du prix mondial du pétrole attirant les investisseurs, la stabilité de la situation politique est aussi une supériorité du Gabon. M. Jean Ping, président de la présente Assemblée générale des Nations unies et ministre gabonais des Affaires étrangères, a dit que sept des onze pays d’Afrique du Centre ont connu des guerres, mais que le Gabon est toujours dans une situation pacifique.
Étant donné que le Gabon s’appuie toujours sur le pétrole et a négligé le développement des autres secteurs comme l’agriculture, la sylviculture, l’élevage et la pisciculture, il fait face actuellement à beaucoup de problèmes. Le gouvernement gabonais s’est rendu compte de la gravité du problème il y a quelques années. Il a présenté la stratégie de diversification économique et pris la résolution de réajuster la structure économique. D’une part, il a stimulé le processus de la transformation des entreprises d’État déficitaires en entreprises privées, et encouragé le développement des petites et moyennes entreprises, d’autre part, il a intensifié le développement des secteurs non pétroliers, surtout la sylviculture, l’industrie minière, l’agriculture, le secteur tertiaire et le tourisme. Grâce à ces efforts, l’année dernière, le revenu des secteurs non pétroliers du Gabon a dépassé celui de l’industrie pétrolière. Par ailleurs, le gouvernement gabonais a élaboré une politique préférentielle et perfectionné les infrastructures afin d’attirer les investissements étrangers. En plus, le Gabon a intensifié le remboursement de la dette étrangère en prenant, en considération à la fois le remboursement des dettes de l’intérieur du pays afin d’éviter de nuire à la vie du peuple. Bien que le réajustement de la structure économique ne puisse réussir du premier coup, la stratégie de la diversification économique prise par le gouvernement gabonais pour répondre au défi de la « période post-pétrolière » est sans doute juste et elle produira de bons résultats