La route du bonheur

À 4 000 m d’altitude, couvrant plus de 1,2 million de km², la région autonome du Tibet est située sur le haut plateau du Qinghai-Tibet. Le « Toit du monde » se caractérise par le climat rude et la configuration escarpée. Les lieux habités sont dispersés. Dans ces conditions, le transport est vital pour le développement économique local. Depuis la libération pacifique il y a 50 ans, avec l’aide du Comité central et du gouvernement local, les habitants d’ethnies minoritaires ont construit une « route du bonheur » au prix de grands efforts sur le haut plateau de neige.

Il y a quelque 1 000 ans, lorsque la princesse Wencheng de la dynastie des Tang est allée au Tibet pour se marier, il lui fallut trois ans de Chang’an (Xi’an) à Lhassa.

À la veille de la libération pacifique, les conditions de transport du Tibet n’avaient pas beaucoup changé. Même, il n’existait aucune véritable route au sens propre. Le transport se faisait principalement à dos d’homme et d’animal. Le gouvernement local du Tibet d’alors a fait transporter de l’étranger par les chevaux les pièces de deux voitures, qu’on a remontées sur place. Ces voitures ne pouvaient rouler que sur les deux kilomètres de chemin de terre du Potala au Norbulinka. À ce temps-là, les serfs devaient porter de lourdes charges sur leur dos et sur une longue distance pour leurs propriétaires, et un grand nombre d’entre eux ont perdu la vie sur la route dangereuse.

Depuis la libération pacifique du Tibet, sous la direction du gouvernement central et avec l’aide des provinces et villes de l’intérieur du pays, certaines routes ont commencé à atteindre le Tibet. On peut dire que l’automobile a entraîné la civilisation moderne pour le « haut plateau de neige ».

À la fin de 1954, les routes Sichuan-Tibet et Qinghai-Tibet ont été ouvertes à la circulation ; en entrant dans les années 1970, le kilométrage a connu une augmentation de 20 % par année ; depuis la réforme et l’ouverture, la puissance du pays s’est renforcée rapidement. Ces vingt dernières années, le gouvernement central a beaucoup investi dans la construction routière ; le montant total a dépassé celui des trente années précédentes.

Gyatso, directeur du Bureau des transports de la région autonome du Tibet, a dit : « En 2000, le gouvernement central a investi quelque 6,6 milliards de yuans dans la construction routière du Tibet, et la longueur totale a atteint 22 500 km. Centrées sur Lhassa, trois routes nationales traversent le Tibet du nord au sud, deux, d’est en ouest, ce qui forme un réseau routier important. Et plus de 80 % des bourgs et cantons et 63 % des villages sont accessible en voitures.

Ces dernières années, au fur et à mesure du développement économique, la qualité de revêtement des routes du Tibet a connu une amélioration, ce qui assure la vitesse de croisière et la sécurité. À cet égard, les chauffeurs sont profondément impressionnés. Qangba a dit : « Il y a 21 ans que je conduis à Nagqu ou à Lhassa. La qualité de la route a connu une amélioration remarquable. Autrefois, de Lhassa à Nyingchi, il fallait rouler deux ou trois jours; aujourd’hui, une journée suffit. Par ailleurs, plusieurs bureaux de services s’installent en bordure de la route. C’est pratique pour faire le plein et manger. Mes collègues et moi sommes heureux.

Aujourd’hui, les routes jouent un rôle important dans la vie du peuple. Les enfants de tous les coins du Tibet peuvent aller à l’école loin de la maison ; les cadres, les commerçants, les fermiers, les pasteurs, les moines, les touristes, tous peuvent bénéficier de la facilité entraînée par la route ; le groupe d’assistance composé de plusieurs gestionnaires et techniciens et une grande quantité de matériaux de secours peuvent arriver au Tibet par la route.

À la suite du développement du centre de distribution des marchandises le long de la route, certains nouveaux bourgs rassemblant un grand nombre de commerçants se sont établis, comme le bourg de Nagqu, situé le long de la route Qinghai-Tibet, le bourg de Bayi, sur la route Sichuan-Tibet, le bourg de Zetang, le long de la route Lhassa-Zetang, le bourg de Zham, sur la route Chine-Népal.

Plusieurs fermiers et pasteurs de ces bourgs mènent une vie riche grâce à la construction de la route. Le reporter a visité un foyer tibétain d’un village près du bourg de Bayi. Il a appris que cette famille a acheté un camion Dongfeng destiné au transport, et que le revenu annuel était de 40 000-50 000 yuans.

La contribution de la route à la croissance économique du Tibet atteint 10 %. Le volume annuel du transport des marchandises et des voyageurs est respectivement de 2,66 millions de tonnes et de 2,37 millions de personnes, et l’on considère pittoresquement l’économie du Tibet comme « une économie sur les roues ».

Bien que le transport du Tibet ait connu un grand changement, son processus de développement ne peut se comparer avec celui des régions de l’est du pays, ni même avec le Sichuan et le Yunnan situés aussi à l’ouest; mais selon les conditions pénibles de la construction routière auxquelles le Tibet fait face, on a fait des miracles sans précédent dans l’histoire de la construction routière.

Comme chacun le sait, les conditions géographiques du plateau du Qinghai-Tibet sont complexes, et les calamités géologiques fréquentes. Par exemple, selon l’étude d’un forage le long de la route nationale, la strate de plus de 70 m de profondeur est instable. En 2000, quelques gros véhicules à chenilles ont été engloutis en un clin d’œil par une coulée boueuse dans la préfecture de Nyingchi.

Le coût de revient des matériaux de construction au Tibet est supérieur de 30 % à celui de l’est du pays ; par ailleurs, les constructeurs doivent faire face au froid du plateau et aux risques provenant du manque d’oxygène et des configurations escarpées. Pendant les 50 ans de construction routière, plusieurs travailleurs ont perdu la vie. Parmi eux, il y avait des Tibétains et des Han, des cadres, des militaires et des fermiers ; leurs mérites sont gravés éternellement dans l’histoire.

À la rencontre des routes Qinghai-Tibet et Sichuan-Tibet, dans la banlieue de Lhassa, on a dressé en 1984 une stèle commémorative de la mise en service de ces routes. On y lit :

« Les routes Sichuan-Tibet et Qinghai-Tibet traversent le fleuve Nujiang, la rivière Tongtian, grimpent les monts Hengduan et Kunlun. Le courant du fleuve et de la rivière est rapides, les sommets, escarpés. Quelque 110 000 militaires et civils han et tibétains, constructeurs de la route, ont dompté d’un seul cœur les épreuves et dangers. Ils ont excavé ou rempli plus de 30 millions de m3 de terre et de pierre, construit quelque 400 ponts. Trois mille hommes à l’idéal élevé sont tombés en héros ; les brillants exploits d’une génération sont immortalisés. »

Depuis 30 ans, l’État a investi d’importants capitaux dans la reconstruction de ces deux routes.

Au 30e anniversaire de l’ouverture de ces deux routes, on a dressé une stèle commémorative à Lhassa pour remercier le gouvernement central et garder la mémoire des martyrs révolutionnaires.

On construira une gare moderne dans la banlieue de Lhassa près de la stèle commémorative. En 2006, le train roulant sur le chemin de fer Qinghai-Tibet, d’une longueur de 1 118 km arrivera à Lhassa.

La grande capacité de transport ferroviaire et le bas coût de revient pousseront le développement économique du Tibet. Le président Jiang Zemin a dit dans son message de félicitations à la cérémonie d’inauguration des travaux du chemin de fer Qinghai-Tibet, que la construction du chemin de fer a une signification importante pour accélérer le développement économique et social des régions de l’ouest, surtout le Tibet, faire du bien au Tibet et promouvoir l’union, l’aide mutuelle et la prospérité mutuelle de toutes les ethnies minoritaires.

Maintenant, 100 000 constructeurs travaillent sur la ligne du chemin de fer Qinghai-Tibet ; ils font face aussi au manque d’oxygène et à d’autres problèmes pénibles. Une nouvelle ligne ferroviaire s’adaptant aux normes techniques et à la demande environnementale sera mise en service en 2006 avec le soutien du pays entier. Le premier ministre Zhu Rongji a dit lors de l’inauguration : « C’est une action d’éclat sans précédent dans l’histoire ferroviaire de l’humanité. »

Parallèlement au développement rapide de la circulation routière, le transport aérien du Tibet a aussi connu une amélioration. À présent, on enregistre des vols réguliers entre Lhassa et Beijing, Shanghai, Kunming, Hongkong ainsi que des vols internationaux entre Lhassa et la capitale du Népal, Katmandou. Actuellement, deux aéroports civils desservent le Tibet : Gonggar à Lhassa et Bamda à Qamdo.

Le nec plus ultra du transport au Tibet

La plus longue route de plateau – La route Sichuan-Tibet, a une longueur de 4 000 m et traverse quatorze sommets de plus de 4 000 m d’altitude et plus de dix fleuves et rivières, comme la rivière Dadu et les fleuves Jinsha, Lancang. Elle a lié le Tibet et l’intérieur du pays séparés par les montagnes.

L’aéroport à la plus haute altitude du monde – L’aéroport de Bamda à Qamdo, est l’aéroport civil à la plus haute altitude du monde (4 300 mètres). Il a joué un rôle important dans l’ouverture et le développement de l’est du Tibet.

Le chemin de fer à la plus haute altitude du monde – Le chemin de fer Qinghai-Tibet est le plus long chemin de fer et à la plus haute altitude du monde. Liant Golmud de la province du Qinghai et Lhassa, chef-lieu de la région autonome du Tibet, il mesure 1 118 km dont plus de 960 km se trouvent à plus de 4 000 m d’altitude moyenne ; la plus haute altitude est de 5 072 m; 550 km traversent la région de pergélisol.