Le commerce extérieur maintient sa croissance rapide
Malgré une croissance considérable du commerce extérieur au cours des deux dernières décennies, la Chine fait face à la tâche essentielle de réajuster sa stratégie afin de maintenir le rythme.
WU ZONGZHI
Le volume d’import-export de la Chine devrait atteindre 1,1 billion de USD cette année, une augmentation de 30 % sur l'année dernière, a dit Yi Xiaozhun, ministre assistant du Commerce lors d’une rencontre sur le commerce extérieur avec les entreprises privées tenue le mois dernier.
Bien que le chiffre de un billion de dollars fût l’objectif pour 2010, les commentaires de Yi n’ont pas surpris les nombreux analystes qui prévoyaient des chiffres énormes engendrés par l’économie chauffée à blanc de la Chine.
À la fin de l'année dernière, la Chine est devenue quatrième au monde pour le commerce extérieur et troisième pour le volume d’importation. Si son commerce extérieur atteint 1 billion de USD cette année, la Chine pourrait devenir le troisième grand pays commercial du monde.
Maintenir un développement à haute vitesse
Au
cours des trois premiers trimestres de cette année, le volume d’import-export
de la Chine a totalisé 828,5 milliards de USD (+36,7%). Du total, les
exportations représentent 416,2 milliards et les importations, 412,3
milliards de dollars, des augmentations respectives de 35,3 et 28,2 % à
comparer avec la même période de l'an dernier, et un surplus commercial
de 3,9 milliards de USD.
Ces chiffres étaient inattendus étant donné que la Chine a réduit la remise à l'exportation de 3 % depuis le début de l'année, ce qui, selon plusieurs, allait entraver le commerce d’import-export.
Chai Haitao, directeur de l’Institut de coopération internationale commerciale et économique du ministère du Commerce, a dit que le commerce extérieur des dernières années avait dépassé les attentes. En 2001, le volume commercial total du pays a atteint 510 milliards de USD, se classant au sixième rang du monde. En 2002, le chiffre atteignait 620 milliards de USD, une hausse de 20 %, tandis que la croissance moyenne mondiale n’était que de 2 % à cause du ralentissement économique mondial. En 2003, la déflation économique a frappé le monde, et les États-Unis, le Japon et l’Europe ont diminué leurs importations chinoises. Ensuite, le SRAS s’est produit en Chine. Dans cette situation défavorable, le commerce extérieur s’est quand même élevé de 37 % pour atteindre 851,2 milliards de dollars en 2003, même si les économistes nationaux et étrangers prédisaient que le taux de croissance serait inférieur à celui de l’année précédente. En fait, l’augmentation des importations seules en 2003 a été égale à la croissance totale du commerce extérieur de 2002.
La croissance du commerce extérieur de la Chine maintient un rythme rapide depuis 1979, quand le pays a commencé à s’ouvrir. Selon l’Administration générale de la douane, entre 1980 et 2003, sa croissance annuelle a connu une moyenne de 14,5 %, soit 14,9 % pour l'exportation et 14,1 % pour l’importation. Le taux a été plus élevé que celui de la croissance économique nationale et celui de l'économie et du commerce mondiaux durant la même période.
Li Yushi, directeur adjoint de l’Institut de coopération internationale commerciale et économique du ministère du Commerce, a indiqué que plusieurs facteurs ont contribué à la croissance du commerce extérieur du pays depuis vingt ans, comme de saisir les occasions apportées par les changements de la structure industrielle internationale, ou la croissance continue de l’investissement étranger dans le pays, ainsi que la réforme du système de commerce extérieur de la Chine.
Toutefois, le commerce extérieur de la Chine fait encore face à des obstacles s’il veut continuer de se développer. Yi Xiaozhun a dit qu’à cause de l’environnement international instable et des problèmes solidement enracinés du commerce extérieur, le secteur maintiendra difficilement sa croissance soutenue.
Décroissance du surplus
Entre
1990 et 2003, le commerce extérieur chinois a connu une balance favorable,
sauf en 1993 où le déficit a été de 12,2 milliards
de USD. Depuis 1999, le surplus annuel dépasse 20 milliards. En 1997
et 1998, il a dépassé 40 milliards. Toutefois, ces dernières
années le surplus s’amoindrit. Yi Xiaozhun estime que cette année
il sera d’environ 10 milliards de dollars, une chute importante à
comparer aux 25,53 milliards de 2003 et 30,35 milliards de 2002.
Plusieurs observateurs attribuent la chute à la réduction tarifaire suivant l’entrée de la Chine dans l’OMC, à la suspension des mesures non tarifaires pour réduire l’importation, à l'accélération de la restructuration économique du pays, et la croissance des importations de hautes technologies, de machinerie, d’énergie et de matières premières. La croissance rapide des importations et la diminution considérable des exportations ont conduit à la baisse continue du surplus commercial.
D’un point de vue macro-économique, le surplus continuera de diminuer et un déficit commercial est probable avant longtemps, selon Chai.
« Ces facteurs, toutefois, n’affecteront pas gravement le fonctionnement de l’économie nationale, ce que ferait une structure d’importation inappropriée. Il nous faudra donc veiller à mettre l’accent sur l’importation de technologie avancée et d’énergie dont nous avons grand besoin, de matières premières et de pièces détachées », a ajouté Chai.
Du Centre national d’information on apprend que la tendance générale de la croissance du commerce extérieur de la Chine demeurera inchangée et que le surplus commercial se maintiendra pendant un certain temps. Mais l’environnement du commerce extérieur étranger deviendra extrêmement exigeant, ce qui aura pour effet de ralentir la croissance de l'exportation chinoise. Par conséquent, la croissance des importations dépassera celle des exportations, et cette tendance se poursuivra longtemps.
Prospérité de l’industrie de transformation
Entre janvier et juin 2004, l’import-export de l’industrie chinoise de transformation a atteint 242,26 milliards de dollars (+39,4 %). Sur la toile de fond d’un déficit commercial croissant, le surplus commercial de cette industrie continue de monter et a atteint 42,44 milliards. Le secteur, qui comprend la fabrication de dispositifs de communication, d’ordinateurs et de produits électroniques, a joué un rôle important dans le maintien de la balance commerciale du pays.
La structure du commerce extérieur de la Chine est différente de celle des pays développés, étant donné que presque la moitié des exportations concernent des produits dont les matériaux ou des pièces sont fournis par les clients étrangers. Dans ces cas, la Chine ne gagne que sur les matériaux finalement transformés. Ce genre de commerce a joué un rôle important dans le maintien du surplus.
Les entreprises à capitaux étrangers en Chine ont dominé son industrie de transformation. Au cours des cinq premiers mois de l’année, leur import-export a atteint 240,6 milliards de dollars, soit 57 % du total de la Chine. De ce chiffre, 66,4 % venait de l’industrie de transformation. Cela indique que les entreprises à capitaux étrangers produisent 82 % du volume total d’import-export de l’industrie de transformation.
Actuellement, dans les deltas du Yangtse et de la rivière des Perles et en bordure de la mer Bohai se trouvent plusieurs entreprises à capitaux étrangers de produits de technologie d’information et de communication. Le seul delta de la rivière des Perles compte plus de 3 000 entreprises d’ordinateurs. Sauf pour les parties fondamentales de l’ordinateur, qui sont importées, ces entreprises sont en mesure de produire 95 % des parties et d’assembler les ordinateurs pour l’exportation.
Long Yongtu, secrétaire général du Forum asiatique de Bo’ao, a dit lors d’une récente foire du textile que le développement de l’industrie de transformation est une voie que la Chine peut emprunter pour se glisser dans le processus de mondialisation économique.
Il a indiqué que le commerce de transformation, qui est hors tarif douanier, est une formule largement adoptée par le commerce international et que la Chine continuera d’étendre le secteur pendant les vingt ou même trente prochaines années.
D’autres croient que la plus grande part des profits du commerce de transformation ont été obtenus par d’autres pays et que seul le menu fretin revient à la Chine. Long a dit que le développement du commerce de transformation est un choix pratique et que la Chine travaillera pour des multinationales pour encore un certain temps. Cela ne veut pas dire que la Chine abandonnera son projet de créer ses propres marques, mais il faut du temps. « Il nous faudra au moins vingt ans pour réaliser ce but », a dit Long.
Il a aussi fait remarquer que le commerce de transformation constituera l’aire principale où déverser le surplus du secteur de la main-d’œuvre agricole dans le secteur industriel.