ECONOMIE

L’économie chinoise en 2005

Zhong Fei

Appliquer une politique financière modérée

 

Vue nocturne de la rue Furong à Changsha, au Hunan.
Photo Xinhua

En 2005, la Chine appliquera, selon ses conditions de développement économique, une politique financière et monétaire modérée au lieu de la politique active appliquée depuis 1998. Au cours de la nouvelle année, elle adoptera une politique financière neutre afin d’assurer un développement économique soutenu, assuré et sain. À cette fin, il faut réduire des dépenses publiques tant centrales que locales, et les investissements publics non nécessaires. Comme il existe actuellement des risques latents de surchauffe économique et d’inflation, on doit considérer la restriction financière et monétaire comme une politique coordonnée et complète.

D’un point de vue à long terme, la politique neutre contribuera à résoudre non seulement les difficultés à court terme mais également les problèmes profonds qui existent dans le développement économique et social depuis longtemps.

Construire une « société harmonieuse »

Un point important du travail en 2005 consiste à s’efforcer de construire le socialisme et une société harmonieuse tout en maintenant le principe fondamental de la primauté de l’homme, c’est-à-dire augmenter les emplois, perfectionner le système de protection sociale et promouvoir l’équité sociale.

En 2005, la Chine continuera à appliquer la politique privilégiée d’emploi et de réemploi pour résoudre, avec le développement du pays, le problème d’emploi, et perfectionnera progressivement le système de sécurité sociale et le système de garantie du minimum vital des habitants afin d’assurer réellement la vie de base des habitants en difficulté ; elle accordera une grande importance à la solution des difficultés de la population pauvre dans la région rurale, régularisera la répartition du revenu et réajustera rationnellement la structure de répartition du revenu national ; elle accordera un plus grand soutien au bien social afin de mieux satisfaire les besoins du peuple ; elle élaborera un plan de développement scientifique et technologique de l’État à moyen terme et à long terme et assurera son application, accélérera la généralisation de la scolarité obligatoire de neuf ans dans les régions rurales, intensifiera la construction d’installations culturelles pour les masses et perfectionnera le système de prévention et de contrôle des maladies et le système de secours médicaux ; elle fera aussi de grands efforts pour assurer la production en sécurité et protéger la sécurité de la vie des biens du peuple ; et elle renforcera aussi la sécurité publique et sanctionnera en vertu de la loi tous les actes illégaux et criminels.

Une « année de réforme » active et ferme

Certains experts estiment que 2005 sera une année où la macropolitique de l’État tendra à appliquer une politique financière et monétaire modérée et aussi une « année de réforme » active et ferme.

Yi Xianrong, responsable de l’Institut de recherche sur les finances relevant de l’Académie des sciences sociales de Chine, a dit que la réunion du Comité central du Parti sur le travail économique tenue récemment, différentes des réunions précédentes, a mis l’accent sur la hausse de la capacité de diriger l’économie socialiste de marché. Cela revêt une signification profonde. Pendant plus d’un an, le macrocontrôle en Chine s’est caractérisé par l’utilisation simultanée des moyens économiques, légaux et administratifs ; et l’année prochaine, le marché jouera un rôle plus important dans le macrocontrôle.

Fan Jianping, directeur adjoint du département des prévisions économiques du Centre national des informations, a souligné que la Chine a appliqué une politique financière active pendant sept ans et est parvenue au succès attendu. L’entrée de l’économie chinoise dans la période de prospérité est le facteur décisif du retrait de la politique financière active.

D’après cet expert, du fait que l’économie chinoise a commencé, en 2002, à sortir du marasme et à connaître une reprise, et que la croissance du PIB a atteint 9,3 % en 2003, permettant à l’économie chinoise d’entrer dans une étape de croissance latente et de marcher vers la période de prospérité, mettre fin à la politique financière d’expansion et appliquer une politique modérée constitue un impératif de l’heure.

Fan a indiqué que l’émission de bons du Trésor à terme de trois ans démontre ces changements. De 2002 à 2004, l’État a émis chaque année respectivement 150 milliards, 140 milliards et 110 milliards de yuans d’obligations, soit une réduction considérable d’année en année. D’où l’on peut voir que le gouvernement se dispose à dégager son énergie en retirant progressivement sa politique financière active. Selon Fan, en fonction du macrocontrôle, le montant des obligations à émettre en 2005 doit se situer à environ 80 milliards de yuans.

Bien que l’intention du gouvernement soit nette, à savoir continuer à appliquer en 2005 une politique monétaire modérée et contrôler rigoureusement le crédit, il est impossible qu’il traite les cas différents d’une unique façon. Le gouvernement accordera certainement un soutien aux petites et moyennes entreprises, à l’agriculture et à d’autres secteurs.

Wang Daming, vice-président permanent du comité des experts de la Banque de développement d’État, a dit qu’en 2005, on doit éviter une restriction excessive de la politique monétaire, mais ne doit pas la mettre hors de contrôle. Selon lui, pourvu que cette politique ne connaisse pas de fort flottement, l’économie de 2005 ne sera pas surchauffée.

Quant à la « surchauffe », un terme fort populaire en 2004, Fan Jianping estime que pour éviter connaître de grandes fluctuations économiques, les moyens radicaux sont d’approfondir la réforme et l’ouverture sur l’extérieur, d’accélérer le réajustement de la structure économique et d’améliorer le mode de croissance économique. À en juger par cela, 2005 sera une « année de réforme » active et modérée.