Le revenu des fermiers continue d’augmenter

Bien que l’argent comptant des fermiers tende à la croissance, assurer la haute croissance constitue une tâche importante.

LAN XINZHEN

Guo Jing, fermier de Dingxi, dans la province du Gansu, a parlé en souriant de son revenu des neuf premiers mois de l’année (+800 yuans par rapport à l’année dernière). « Autrefois, mon revenu ne suffisait pas à mes besoins ; aujourd’hui, j’ai des économies. ».

Guo, 50 ans, semble plus âgé. Il laboure la terre avec un bœuf selon la méthode traditionnelle. « Les conditions naturelles de notre région ne sont pas favorables. Si les précipitations sont abondantes, nous pouvons avoir une bonne récolte. Cela dépend du climat », dit Guo.

Entre 1979 et 1996, la Chine a pratiqué le système de contrat forfaitaire des terres. Étant donné le prix stable des céréales et la bonne récolte, Guo avait un bon revenu ces années-là. Depuis 1997, grâce à plusieurs années de bonne récolte dans l’ensemble du pays, le prix des céréales a commencé à baisser, mais le prix des moyens de production agricole s’est élevé. Alors le revenu des fermiers a grandement diminué. Depuis 1998, bien que l’État achète l’excédent de grain des fermiers selon le prix de protection, il ne peut qu’assurer que les fermiers aient du grain pour leur alimentation, mais ne peut assurer l’augmentation du revenu des fermiers. Dans cette situation, Certains fermiers ont abandonné la terre et sont partis pour la ville.

« J’avais des soucis il y a quelques années, parce que mon enfant devait aller à l’école et que je devais acheter des insecticides et des engrais chimiques. Je n’arrivais pas à joindre les deux bouts. Je suis très content du revenu de l’année », affirme Guo.

Les données du Bureau d’État des statistiques montrent que dans les trois premiers semestres de l’année, l’argent comptant des fermiers chinois était en moyenne de 2 110 yuans par personne (+11,4 %), créant un nouveau record des sept dernières années. Autrefois, le taux de croissance était de 4 % à 6 %.

Après sept ans de réduction du revenu des fermiers, on revoit l’augmentation, dit Fan Xiaojian, ministre adjoint de l’Agriculture.

L’agriculture commence à rapporter

« Le revenu de ma famille vient principalement des produits agricoles, dit Guo. Ma famille a pris à forfait 0,8 hectare où je cultive du blé. Le rendement de l’année dernière a dépassé 1 000 kg. Étant donné le climat favorable, nous avons connu une bonne récolte (+plus de 150 kg par rapport à 2003). L’année dernière, le prix du blé était d’un yuan par kg, cette année, de 1,4 yuan. Grâce à la bonne récolte des céréales d’été et à la hausse de prix des céréales, mon revenu a augmenté de 610 yuans cette année. Au début de l’année, j’ai reçu une subvention gouvernementale de 20 yuans à la production céréalière. Le taux d’impôt agricole a diminué de 7 % de 2002 à 6 % cette année. Grâce à la suppression des impôts sur les spécialités agricoles et l’élevage, j’ai économisé 178 yuans.

« L’augmentation du revenu des fermiers est due principalement à la subvention, à l’exemption d’impôt sur les produits agricoles, aux bonnes conditions climatiques et à la hausse de prix des produits agricoles », dit Sheng Laiyun, directeur adjoint de l’équipe d’enquête sur l’agriculture relevant du Bureau d’État des statistiques.

Sheng ajoute que pour développer la production agricole, depuis octobre 2003, le gouvernement central a lancé une série de mesures d’assistance afin de stimuler l’initiative des fermiers et des autorités locales. Par exemple, l’État a augmenté les subventions aux semences de qualité et à l’achat de machines agricoles et a mis en marche l’industrie céréalière de bonne qualité. Selon les statistiques, 28 provinces ont investi 1,6 milliard de yuans dans la subvention aux semences, dont 1,24 milliard venant des finances centrales ont été investi dans 13 provinces et régions céréalières. Les finances centrales ont investi 70 millions de yuans dans l’achat de machines agricoles, les finances locales ont distribué plus de 400 millions de yuans de fonds de subvention. Au début de l’année, l’État a supprimé l’impôt sur les spécialités agricoles, sauf le tabac. Selon les prévisions, cette suppression peut alléger les charges des fermiers de 29,4 milliards de yuans. À présent, la subvention directe à la production céréalière est généralisée dans 29 provinces et 600 millions de fermiers bénéficient d’un montant de 11,6 milliards de yuans.

Le gouvernement central commence à protéger la terre cultivée, à arrêter provisoirement l’examen et la ratification de l’occupation de la terre arable, à mettre en ordre les zones de développement et les parcs industriels et à mettre fin à plusieurs actions relatives à l’occupation arbitraire de la terre agricole.

En même temps, la Chine continue à appliquer le système de circulation libre des céréales en ouvrant le marché. Parallèlement à la mise en ordre du marché des moyens de production agricole, la Chine porte aussi des coups à la hausse de prix des moyens de production agricole et à la fabrication de produits contrefaits et produits de pacotille.

La production des céréales d’été a été de 101 milliards de kg (+4,8 % par rapport à l’année dernière).

La surface ensemencée dans l’année a dépassé 100 millions d’hectares (+ 2,7 millions d’ha).

Parallèlement à la bonne récolte, le prix de céréales a augmenté, dans les trois premiers semestres, de 35,1 % par rapport à la même période de l’année dernière. Suivant la hausse de prix, le revenu des fermiers provenant des céréales a connu une forte augmentation. Les données du Bureau d’État des statistiques montrent que dans les trois premiers semestres de l’année l’argent comptant des fermiers provenant des produits agricoles était en moyenne de 958 yuans par personne (+24,9 %), dont 519 yuans provenant des céréales (+28,4 %).

L’augmentation de l’argent comptant des fermiers a dépassé pour la première fois le rythme de croissance du revenu disponible des habitants urbains, et pour les fermiers des régions céréalières importantes, il a dépassé le niveau moyen du pays.

Maintenant, l’augmentation de l’argent comptant des fermiers s’appuie principalement sur la croissance des produits agricoles, autrefois, sur la croissance du revenu salarial que les fermiers gagnaient ailleurs.

L’augmentation du revenu a stimulé la consommation intérieure

« Autrefois, à cause de mon bas revenu, je ne pouvais pas m’offrir un téléviseur. Mon revenu de l’année a dépassé 3 000 yuans, j’ai payé 1 900 yuans pour un téléviseur grand format, dit Ai’erbai, un fermier de la région autonome ouigoure du Xinjiang.

Ai’erbai a une vigne de 0,5 hectare et plus de 200 moutons et chèvres. Autrefois, il comptait seulement sur la vigne. Depuis qu’il élève des bêtes avec le crédit gouvernemental, il peut vendre le duvet de la chèvre, la laine et le mouton. Son revenu de la vigne et de l’élevage de l’année est respectivement de 1 000 et 2 000 yuans. Il projette de restaurer sa maison d’ici trois ans.

« Autrefois, je devais épargner pour les cas urgents. Aujourd’hui, ce n’est pas nécessaire, parce que mon revenu a augmenté », dit Ai’erbai.

Selon l’enquête du Xinjiang Ribao en octobre sur la consommation des fermiers de la région autonome ouïgoure du Xinjiang, le concept de consommation des fermiers a changé depuis que leur revenu a augmenté. Plusieurs osent sortir leurs économies. Entre janvier et septembre, l’argent comptant des fermiers de cette région a augmenté de 14,3 %, et les dépenses moyennes de chaque fermier, de 20,5 %.

La région de Xinjiang est une région agricole et d’élevage, située dans l’ouest du pays. Les fermiers représentent 90 % de la population. Selon l’enquête, les dépenses destinées à la nourriture et à l’habillement ont augmenté de 9,8 % par rapport à l’année dernière, pour l’achat de moyens de transport et de matériels de télécommunication, de 112,9 % et de 170,6 % respectivement, pour le tourisme, les loisirs et les soins de beauté, de 33,5 %, de 95,8 % et de 58,2 %.

Ces chiffres montrent que le marché rural du Xinjiang commence à se réchauffer. La vie culturelle des fermiers s’enrichit également, dit le Xinjiang Ribao. Les dépenses de 21 des 34 divisions administratives ont augmenté grâce à l’amélioration du revenu des fermiers.

Le marché rural est le plus grand marché de la Chine, et deviendra de plus en plus actif, ce qui stimulera la demande de consommation du pays, dit Zhang Xiaoshan, directeur de l’Institut de recherche sur le développement rural relevant de l’Académie des sciences sociales de Chine.

À l’échelle nationale, dans les trois premiers trimestres de l’année, les dépenses de transport et télécommunications des fermiers ont augmenté de 34,6 %, de matériel culturel et de divertissement, de 21 %, d’éducation, de 32,6 %, de santé, de 17 %, de produits alimentaires, de 10,6 %.

Bien que le niveau de consommation des habitants ruraux soit moins élevé que celui des habitants urbains, si l’argent comptant des fermiers maintient toujours une croissance de 11,4 %, dans cinq ans, le marché rural deviendra un point chaud de la consommation de la Chine.

S’efforcer de maintenir l’élan de croissance

« Même si le revenu des fermiers augmente, nous ne devons faire preuve d’aucun relâchement et devons maintenir cet élan par tous les moyens, dit Zhang. Bien que l’État ne change pas sa politique, nous ne pouvons prévoir le prix des céréales ni les conditions climatiques de l’an prochain ; par conséquent, la croissance du revenu des fermier n’est pas stable. »

Selon Fan Xiaojian, sous-ministre de l’Agriculture, étant donné que la base du revenu des fermiers n’est pas élevée, l’augmentation de l’argent comptant des fermiers n’est pas très haute en chiffres absolus. Le prix des moyens de production agricole a monté si vite qu’il a contrebalancé l’avantage apporté par la politique de soutien. Depuis septembre, le prix de certains produits comme les engrais chimiques a augmenté de plus de 20 %, et dans certaines régions, il a dépassé 30 %.

Fan dit qu’augmenter le revenu des fermier est une tâche ardue et de longue haleine. Il faut augmenter l’investissement dans les installations agricoles de base afin de lutter contre les calamités naturelles et de ne pas vivre aux dépens du ciel.

Zheng Xinli, directeur adjoint du Bureau central d’études des politiques et mesures, a dit que le bas revenu des fermiers chinois est causé principalement par la faible productivité de l’agriculture chinoise. Par conséquent, augmenter la rentabilité du travail est facteur principal de l’augmentation du revenu des fermiers. Pour ce faire, une partie des fermiers doit se déplacer dans les secteurs non agricoles ; une autre partie doit améliorer la méthode de production traditionnelle et cultiver des plantes de bonne rentabilité économique. C’est la seule voie. Bien que plusieurs régions ne possèdent pas les conditions nécessaires, il faut s’efforcer de se développer dans ce sens, dit Zheng.

La Chine compte 140 millions d’habitants instables, dont 80 % sont les fermiers. Pour assurer l’augmentation du revenu des fermiers, il faut augmenter l’investissement dans le transport, l’éducation, la culture, la santé, perfectionner le système de cotisation médicale rurale et pratiquer le système de sécurité sociale dans les régions aux conditions favorables. Ainsi, le revenu des fermiers ne sera pas influencé par l’éducation des enfants et la maladie.

Argent comptant des fermiers 2001-2004 (les trois premiers trimestres)

Année Revenu en argent comptant (yuans) Revenu venant des produits agricoles (yuans)
2001 1 641,21 366,47
2002 1 721,36 376,97
2003 1 801,50 404,40
2004 2 110,00 519,00