POLITIQUE
La coopération mutuellement avantageuse
Entre la Chine et le Japon existent plusieurs problèmes dans les domaines de la politique et de la sécurité, mais il existe aussi une base de développement des relations de bon voisinage.
WANG BAOFU
Plusieurs spécialistes en stratégie internationale croient que le choc et l’influence causés par la fin de la guerre froide étaient moins grands pour la région de l’Asie de l’Est que pour les autres régions. Bien que dans la région de l’Asie de l’Est existent plusieurs contradictions et qu’elle ait passé la crise financière asiatique de 1997, la situation est stable dans l’ensemble. Grâce aux efforts de chaque pays, le dialogue sur la sécurité régionale aux différents échelons a connu un développement considérable. Les relations entre plusieurs pays se sont améliorées. La coopération économique et de sécurité s’est intensifiée. Dans ce grand contexte de la sécurité régionale, les relations politiques et de sécurité entre la Chine et le Japon ont rencontré des problèmes sans précédent.
La conscience est la source de la contradiction
Depuis la normalisation des relations entre la Chine et le Japon il y a trente ans, les deux pays ont été à l’épreuve de plusieurs incidents marquants. La fin de la guerre froide et le changement fréquent du monde politique japonais n’ont pas ébranlé les relations sino-japonaises. Pourtant, ces dernières années, « le chaud économique et le froid politique » entre eux ont attiré l’attention. Pourquoi les relations sino-japonaises se trouvent dans cet état ? La méfiance politique mutuelle en est la cause principale. En réalité, leurs relations sont tombées bien bas depuis la normalisation des relations. Pour régler ce problème, il faut non seulement un réajustement politique, mais aussi une rétrospection stratégique.
Ces dernières années, au Japon, trois facteurs ont joué un rôle important dans l’avance vers un « grand pays politique ». a) Le courant politique du Japon ; b) La rétrospection de certains hommes politiques et du milieu scientifique sur le rôle joué par le Japon dans la guerre du Golfe de 1991; c) Le développement de la Chine ces dernières années. Pour des raisons historiques, le Japon s'est heurté à la résistance extérieure au cours de sa recherche d’une position de grand pays politique. Le Japon était dans l'embarras, comme les États-Unis qui, depuis la fin de la guerre froide jusqu’à l’incident du 11 septembre, étaient dans une période de perplexité stratégique. Depuis le démantèlement de l’Union soviétique, leur adversaire, les États-Unis ne savaient plus d’où viendrait la menace ni quel serait leur nouvel adversaire. Par conséquent, ils cherchaient l’ennemi partout. Lorsque l’incident du 11 septembre s’est produit, la Maison Blanche a finalement trouvé la réponse. Quand le Japon s’efforce de devenir un « grand pays politique », certains pensent comme les Étatsuniens d’alors.
Comment traiter le développement économique et militaire de la Chine est un autre problème important dans les relations sino-japonaises. Dans le nouveau livre blanc sur la Défense du Japon, ce pays accorde la plus grande attention au développement des forces militaires de la Chine. Il a dressé non seulement le montant des dépenses militaires chinoises mais aussi indiqué la transformation des forces militaires de la quantité en qualité. Le Japon croit que la Chine augmente toujours les dépenses militaires et il s’inquiète du changement de la politique militaire de la Chine.
Depuis la réforme et l’ouverture, la défense nationale et le développement des forces armées de la Chine ont connu deux étapes : a) À partir de la réforme et de l’ouverture jusqu’au milieu des années 1990, la Chine s’est consacrée au développement économique. En réalité, l’investissement dans la défense nationale n’a pas augmenté proportionnellement à la croissance de l’économie. b) Depuis le milieu des années 1990 jusqu’à maintenant, au fur et à mesure du développement économique, la Chine a augmenté les investissements dans la défense nationale dans une certaine mesure, mais elle ne peut se comparer avec d’autres grands pays, tant par le rythme que par l’amplitude. Au cours de l’étape, le principe fondamental relatif au traitement des relations entre l’édification économique et le développement de la défense nationale consiste à maintenir le développement coordonné entre l’économie et la défense nationale. En fonction de son intention stratégique, la Chine se consacre toujours à son développement économique. Son objectif stratégique consiste à construire une société où le peuple vit dans une modeste aisance et à accélérer la modernisation socialiste. Selon cet objectif, la stratégie diplomatique de la Chine constitue à rechercher la stabilité en respectant les pays voisins afin de développer de bonnes relations avec eux. La Chine n’a pas de plan de développement des armes envers le Japon et n’a pas augmenté les actions militaires vers le Japon. Quant à la menace militaire de la Chine que le Japon ressent subitement, il doit en chercher la cause dans le changement de sa propre politique et son impression psychologique.
Depuis la Seconde Guerre mondiale il y a près de 60 ans, le Japon suit toujours une voie de « développement pacifique ». On peut comprendre que pour un pays indépendant souverain, le Japon veut jouer un rôle important dans les affaires internationales et devenir un « pays normal » en politique. La Chine ne s’inquiète pas que le Japon devienne ou non un « pays normal », mais elle suit de près quel « pays normal » il deviendra.
Premièrement, au cours de cette lancée, si le Japon veut jouer un rôle important dans le domaine de la sécurité internationale, il doit dissiper les soupçons des pays de l’Asie, y compris la Chine. Le Japon doit respecter la réalité et l’histoire et tirer une leçon des erreurs du passé.
Deuxièmement, pour un « pays normal », le Japon ne doit pas développer ses forces militaires sous prétexte de la « menace militaire chinoise». Lorsque le Japon met l’accent sur la menace chinoise, la Chine observe aussi le réajustement de la disposition militaire japonaise. Les États-Unis ont réajusté leur disposition militaire à l’étranger et renforcé la coopération militaire avec le Japon, ce qui a permis au groupe d’autodéfense japonaise d’entrer dans le système de combat étatsunien de la région du Pacifique occidental. La Chine surveille la position et l’attitude japonaises sur les problèmes des deux rives du détroit de Taiwan.
Le développement commun est la clef
Les problèmes que la Chine et le Japon ont rencontrés dans les domaines de la politique et de la sécurité constituent un syndrome difficile à éliminer. Parlant de géopolitique, si la Chine et le Japon manquent de confiance mutuelle, le facteur sécuritaire deviendra tôt ou tard un obstacle de l’économie et de la coopération. Si cet état dure longtemps, les contradictions augmenteront et la coopération économique sino-japonaise se détruira. À cet effet, les deux pays doivent trouver une voie pour briser la situation difficile actuelle.
Les relations économiques sino-japonaises sont le support de la coopération économique de la région de l’Asie de l’Est. La perspective de coopération économique et commerciale entre les deux pays est plus large, le potentiel est vaste. À l’aide des intérêts économiques et commerciaux communs, promouvoir l’amélioration des relations de la politique et de la sécurité de ces deux pays est un aspect important. La « théorie de la menace économique de la Chine » trouvait un grand auditoire au Japon il y a quelques années. Aujourd’hui, les opinions entourant cette théorie ont changé sous l’influence de la réalité. Dans les domaines de la politique et de la sécurité, les intérêts communs des deux pays sont inondés de divergences et de disputes. En réalité, les intérêts communs sont plus grands que les différends dans la sauvegarde de la stabilité régionale, la solution du problème de sécurité et la prévention de la prolifération des armes de destruction massive. Dans les menaces non traditionnelles à la sécurité, leurs intérêts communs sont évidents dans la lutte contre le terrorisme, la coopération juridique, la protection de l’environnement. C’est seulement par l’élargissement des intérêts communs et le renforcement de la consultation et du dialogue qu’on peut augmenter la confiance mutuelle dans le domaine de la sécurité.
Il existe des contradictions inévitables dans les domaines de la politique et de la sécurité, dont certaines existeront encore longtemps. Mais ces contradictions ne peuvent devenir le facteur dominant du développement des relations sino-japonaises. Les deux côtés doivent régler les relations mutuelles par le nouveau concept de la sécurité et savoir réajuster les intérêts par le fil de la pensée où les deux parties sont gagnantes. Il ne faut pas considérer l’adversaire comme une « menace ». Pour devenir des « gagnants mutuels », l’augmentation de la consultation, du dialogue et de la confiance mutuelle sont les seuls choix. Au cours du développement continu de la mondialisation et de la régionalisation économique, la Chine et le Japon doivent coopérer amicalement. Aucune des parties ne peut bénéficier des dommages aux intérêts de son vis-à-vis.
L’Asie de l’Est est la région possédant la plus grande vitalité de développement économique du monde actuel et est aussi une région où la menace du terrorisme est relativement moindre. L’histoire a fourni une occasion favorable au développement économique continu des pays régionaux. Le redressement de l’Asie a besoin de l’union et de la coopération des pays asiatiques. Les relations sino-japonaises sont les plus importantes relations bilatérales de cette région ; elles jouent un rôle décisif dans la paix et la stabilité régionales. Pour sauvegarder la paix, il faut créer conjointement un bon environnement sécuritaire.
Bien qu’il existe plusieurs problèmes entre la Chine et le Japon dans les domaines de la politique et de la sécurité, la base d’amitié et de bon voisinage existe encore.
Préconiser l’amitié sino-japonaise et établir des relations de bon voisinage est l’aspect principal. La Chine recherche la paix et le développement dans la société internationale. Au Japon, plusieurs forces pacifiques préconisent l’amitié sino-japonaise. Les deux pays doivent mettre pleinement en valeur le facteur positif et s’efforcer de promouvoir le développement sain des relations sino-japonaises.
Face à la multipolarisation internationale et à la mondialisation économique, comment faire valoir la supériorité respective et redresser l’Asie est devenu le nouvel intérêt commun de la Chine et du Japon. La stabilité de la région Asie-Pacifique est en relation directe avec le développement des relations sino-japonaises.