SOCIÉTÉ

Stratégies de croissance de l’emploi

La Chine réalisera le réemploi de plus de 4 millions de personnes en 2004, et elle maintiendra le taux du chômage urbain à 4,5 %.

TAN WEI

Le 8 octobre 2003, Feng Chenjiang, un verrier en chômage de Taiyuan, province du Shanxi, a touché 20 000 yuans de prêt pour assister son réemploi. « Grâce à ce prêt, mon petit centre communautaire de distribution de céréales et d’huile pourra survivre », a-t-il expliqué.

Dix ouvriers excédentaires comme Feng font partie des premiers bénéficiaires de prêt en garantie du gouvernement de la province.

La Chine est le pays le plus peuplé du monde. Sa population de 1,36 milliard de personnes augmente chaque année, ce qui signifie que, pendant longtemps encore, l’excédent de la main-d’œuvre sur le marché demeurera un des facteurs freinant le développement économique.

En 2003, à la suite des mesures prises pour encourager la restructuration économique et l’approfondissement de la réforme des entreprises, le nombre d’ouvriers excédentaires dans les entreprises d’État a augmenté, ce qui a exercé une pression énorme sur le réemploi. Parallèlement, quelque 150 millions de travailleurs ruraux excédentaires, dont plus de 80 millions se sont déplacés vers les villes en tant que travailleurs migrants ou pour affaires commerciales, ont fait subir davantage de pression au marché de l’emploi dans les villes. De plus, il y avait 2,12 millions de diplômés d’université à la recherche d’un premier emploi.

Dans ce contexte, la manière de résoudre la question de l’emploi et du réemploi des divers groupes est l’une des tâches ardues du gouvernement.

Pour la première fois, le gouvernement a intégré l’emploi et le réemploi dans les objectifs de macrogestion du développement économique et social national en 2003. Au début de cette année, tout en admettant franchement que la Chine fait face à une situation grave de l’emploi, Zhang Zuoji, alors ministre du Travail et de la Sécurité sociale, a juré qu’on réaliserait le réemploi de plus de 4 millions d’ouvriers excédentaires d’ici à la fin de l’année en cours, et qu’on maintiendrait le taux de chômage urbain en deçà de 4,5 %.

Récemment, le ministère du Travail et de la Sécurité sociale (MTSS) a publié le rapport statistique sur l’emploi et le réemploi en 2003. Selon ce rapport, la Chine a atteint son objectif d’ajouter 8 millions de postes, et elle en a créé un total de 8,5 millions. À la fin de 2003, il y avait 8 millions de personnes sans emploi enregistrées dans les régions urbaines à travers le pays, le taux de chômage atteignait 4,3 %, soit 0,3 % de plus qu’à la fin de 2002, réalisant l’objectif de garder le taux du chômage à moins de 4,5 %.

Solutions

Diplômés d’université L’emploi des diplômés d’université est le problème épineux central ces dernières années. Autrefois, les diplômés d’université étaient considérés comme des « fils chéris du Ciel », bénéficiaient d’une supériorité absolue sur le marché du travail et connaissaient rarement les méfaits du chômage. Première promotion de diplômés après l’élargissement de l’admission dans les universités, la classe de 2003 est arrivée sur le marché du travail. Cependant, elle a trouvé un marché saturé dans lequel il est difficile de dénicher un travail.

Le ministère de l’Éducation a alors pris immédiatement des mesures 1) Instaurer un réseau informatique pour informer les diplômés sur l’emploi. 2) Organiser des équipes spéciales dans les universités pour orienter l’emploi et contacter les employeurs potentiels pour les étudiants. 3) Exiger des autorités locales qu’elles jouent un plus grand rôle dans l’emploi.

Au début de septembre 2003, le ministère de l’Éducation a annoncé qu’environ 70 % des diplômés à travers le pays avaient trouvé un travail. Le taux d’emploi de ceux qui avaient complété quatre ans d’université a atteint 83 %, et celui de ceux qui avaient achevé trois ans se tenait à environ 55 %.

Ouvriers agricoles Avec la restructuration de l’agriculture et de l’économie agricole, le progrès de l’industrialisation et l’accélération de l’urbanisation, plus du tiers de la main-d’œuvre rurale est passé du secteur agricole vers les secteurs non agricoles; de plus en plus de ruraux travaillent maintenant dans les villes où ils affrontent quantité de problèmes inimaginables, y compris le défaut de paiement de leur salaire, une protection de travail insatisfaisante, des frais arbitraires, aussi bien que des difficultés sur le plan de l’éducation, du logement et de la sécurité sociale. À cet égard, le gouvernement central a souligné que des efforts doivent être déployés dans deux domaines. Premièrement, les droits et intérêts légitimes des travailleurs migrants doivent être protégés. Deuxièmement, des programmes de formation professionnelle devraient être fournis à ces ouvriers.

L’année dernière, l’État a levé certaines restrictions sur l’emploi des ruraux dans les villes, ce qui y a abaissé le seuil de l’emploi et permis l’édification d’un marché unifié de la main-d’œuvre dans lequel les travailleurs urbains et ruraux bénéficient de chances égales d’emploi. On a noté que les grandes et moyennes villes devraient accélérer leurs réformes sur l’enregistrement de l’état civil pour faciliter l’emploi et la résidence des ruraux dans les villes.

Cependant, étant donné le faible niveau d’instruction et le manque de qualifications professionnelles de la plupart des travailleurs agricoles, ces derniers éprouvent des difficultés à trouver un travail stable dans les villes. Parmi les travailleurs agricoles, seulement 9,1 % ont reçu une formation professionnelle. Ainsi, le gouvernement central a décidé, de 2003 à 2010, de fournir une formation d’orientation aux 60 millions de paysans qui prévoient se tourner vers les secteurs non agricoles et travailler dans les villes, et 35 millions d’entre eux devraient recevoir une formation professionnelle afin d’assurer le transfert efficace de la main-d’œuvre rurale.

Ouvriers excédentaires En 2003, l’État a adopté une série de mesures pour favoriser le réemploi des ouvriers excédentaires : réduction ou exemption des impôts sur le revenu et aide financière au réemploi. Par exemple, les ouvriers excédentaires qui s’engagent dans les commerces peu lucratifs peuvent obtenir un prêt couvrant une petite somme en garantie, prêt pour lequel le gouvernement subventionne le paiement des intérêts.

Wu Bangguo, président du Comité permanent de l’APN, a indiqué après enquête et recherche sur le réemploi des ouvriers excédentaires dans plusieurs provinces et municipalités, que ces ouvriers affrontent beaucoup de difficultés à trouver un nouveau travail. Les gouvernements à tous les échelons et les départements concernés devraient leur fournir des services pratiques et une formation au réemploi. Premièrement, on devrait intensifier les efforts dans l’édification d’un marché de la main-d’œuvre et la communauté y jouer un rôle positif. Il est nécessaire que les activités intermédiaires d’emploi sont standardisées et que les réseaux du service d’emploi sont perfectionnés pour rassembler et fournir diverses informations dans le domaine. Deuxièmement, on devrait déployer des efforts pour cerner la demande du marché de la main-d’œuvre, de sorte que la formation professionnelle puisse être plus efficace. Troisièmement, on devrait simplifier certaines procédures, réduire certains frais ou en exempter les ouvriers excédentaires pour faciliter l’emploi autonome de ces derniers. Par la suite, ces ouvriers pourront obtenir des services « tout sous un même toit » pour l’enregistrement, la gestion de dossier et le suivi de la sécurité sociale.

Selon les dernières statistiques du MTSS, en 2003, un total de 10,38 millions d’ouvriers excédentaires avaient reçu la « Carte préférentielle pour le réemploi » (ou le certificat approprié), dont 4,4 millions avaient retrouvé du travail, dépassant l’objectif de 4 millions.

Garantie politique

Résoudre le problème de l’emploi est une tâche laborieuse et à long terme qui doit être effectuée par étapes, avec méthode et de façon planifiée. L’assurance-vie des conditions essentielles de vie des ouvriers excédentaires et l’assistance consciencieuse au réemploi pour les groupes difficiles sont les conditions préalables pour résoudre les problèmes en question, aussi bien qu’une garantie importante pour maintenir la stabilité sociale au cours de la réforme et du développement économique.

Selon des sources du MTSS, à la fin de décembre 2003, il y avait 2,6 millions d’ouvriers licenciés des entreprises d’État, une diminution de 1,5 million par rapport à la fin de l’année précédente. D’ailleurs, 1,95 million d’ouvriers en chômage étaient enregistrés auprès des centres de service de réemploi, avaient touché des frais de subsistance de base et bénéficié de l’assurance sociale.

Actuellement, Beijing, Tianjin, le Liaoning, Shanghai, le Zhejiang, le Fujian, le Shandong et le Guangdong ont supprimé les centres de service de réemploi parce que l’assurance-chômage permet d’assurer la subsistance des ouvriers excédentaires.

Pour faciliter le transfert des paysans vers les secteurs non agricoles, la Direction générale du Conseil des affaires d’État a publié l’Avis concernant la manière de mener à bien la gestion des travailleurs migrants et les services afférents, exigeant des autorités locales et des départements concernés qu’ils attachent de l’importance à l’emploi des paysans dans les villes ; qu’ils prennent des mesures efficaces pour faire un bon travail à cet égard, selon les principes de l’égalité de traitement, des conseils appropriés, du perfectionnement de la gestion et de services améliorés.

En attendant, l’État a déployé de grands efforts pour créer de nouveaux canaux d’emploi, afin de fournir plus de possibilités à cet égard. Wu Bangguo a remarqué que l’économie non publique, y compris les secteurs individuel et privé, est maintenant le canal principal assurant l’élargissement du bassin de l’emploi. Les données du Bureau national des statistiques prouvent que, par rapport à 1991, en 2002, les unités collectives et étatiques avaient diminué leurs effectifs de 53,61 millions de personnes, et les entreprises individuelles et privées dans les régions urbaines les avaient augmentés de 118 millions.

Les unités individuelles et privées, dont la plupart sont de petites et moyennes entreprises, se concentrent principalement dans le secteur tertiaire qui se caractérise par une industrie à forte intensité de main-d’œuvre. Ces entreprises sont capables d’absorber un grand nombre de travailleurs. Le rapport du XVIe Congrès national du Parti a également confirmé le rôle important joué par l’économie de propriété non publique dans la croissance économique, l’élargissement de l’emploi et l’animation du marché.

D’autres politiques gouvernementales pour favoriser l’emploi incluent : l’élaboration de la planification d’emploi pour guider et régler l’offre et la demande de main-d’œuvre; la mise en application de politiques d’emploi proactives, l’aide aux groupes spéciaux et qui ont de la difficulté à trouver du travail, ainsi que la prestation de services relatifs à l’emploi et le perfectionnement de la sécurité sociale.